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Que reste-t-il du logiciel libre ? Nous !

lundi 18 juin 2018 à 18:42

Malgré mon relatif silence de ces derniers mois, je continue à écouter des podcasts et impossible de ne pas réagir à l’émission Du grain à moudre passée sur France Culture, intitulée "Que reste-t-il du logiciel libre ?"

Commençons par dire qu’une analyse en a déjà été faite par Cyrille ; je reprends son analyse en intégralité, car elle est perdue au milieu de beaucoup d’autres choses :

C’est assez terrible, c’est presque douloureux. Les intervenants sont Amaelle Guiton Journaliste à Libération, Bernard Ourghanlian directeur Technique et Sécurité à Microsoft France, et Pierre-Yves Gosset délégué général de Framasoft. C’est terrible parce que lorsque Bernard Ourghanlian explique que le logiciel libre a gagné, parle avec facilité de l’époque propriétaire de Microsoft comme étant révolue, évoque le cloud, on a tout à fait compris que ce n’est pas le libre qui a gagné mais Microsoft. C’est terrible parce qu’Amaelle Guiton met le doigt exactement là où ça fait mal en rappelant que les libristes étaient tous sur Github et que gueuler parce qu’une plateforme propriétaire est achetée par une autre boîte propriétaire c’est tout simplement ridicule. C’est terrible parce que le message de PYG qu’il essaie de placer au niveau philosophique ne passe pas, parce que lorsque le journaliste qui se met dans la position de celui qui ne sait pas fait remarquer que d’utiliser un logiciel propriétaire avec du suivi, du service, c’est franchement plus rassurant, il n’y a rien à répondre. C’est terrible parce qu’on comprend que le logiciel libre a remporté la guerre technique à savoir qu’un code confronté à un ensemble de personnes, interne au projet ou extérieur c’est la meilleure manière de renforcer le code, mais que les idées qui sont derrières sont soufflées au profit de l’efficacité. C’est terrible parce que l’émission est tellement pointue qu’il n’y a que ceux qui connaissent le sujet qui peuvent la comprendre, ce sentiment de plus en plus palpable que l’informatique s’éloigne de l’utilisateur final quand le ministère de l’éducation nationale fantasme une nation de développeurs.

Cyrille s’ennuie un peu dans sa tour d’ivoire de blogueur abandonné par tous (moi y compris), il ne m’en voudra donc pas de le titiller un peu et de reprendre les critiques qu’il aime poser sur les billets de Cascador à savoir un manque de profondeur dans l’analyse. Par ailleurs, Microsoft ne parle jamais de logiciel libre mais d’open source (et encore, pas open pour tout le monde, sinon ça se saurait). Sinon, je partage son point de vue catastrophique du résultat de cette émission, mais il faut pousser plus loin l’analyse.

On avait une très bonne journaliste qui connait le milieu hacker (mais parle malheureusement de Richard Stallman au passé) et une pointure du milieu associatif légitimé par les nombreuses actions de Framasoft face à un seul représentant du monde propriétaire ; ils auraient pu n’en faire qu’une bouchée et pourtant même avec un animateur compatissant envers le logiciel libre, ils se sont tollés comme pas permis. D’abord en restant peu compréhensibles envers le grand public et ensuite en n’abordant pas les points cruciaux et fondamentaux de l’intérêt du libre vis-à-vis du propriétaire lavé à la lessive open source.

Il faut dire que le gars de chez Microsoft avait préparé ses cartouches et sachant qu’il serait attaqué, a joué finement le côté pacifiste enthousiaste, on a été des méchants, mais on est devenu gentil. Personnellement, le sujet Github, je m’en balance complètement sachant que je ne suis pas codeur et qu’il y a eu un précédant avec SourceForge. Comme le dit bien Amaëlle Guiton, difficile de comprendre pourquoi les développeurs continuent à se centraliser dans des structures propriétaires. Ce n’est donc ni le premier, ni le dernier événement de ce genre.

Par contre, dans sa grande amabilité, le gars de chez Microsoft a donné la raison pour laquelle ils ont mis autant d’argent sur une structure si peu rentable. Ils ont loupé le tournant de l’informatique mobile, ils reconnaissent que leur OS est trop pourri pour les serveurs au point de préférer utiliser du Linux, ils ont vu arriver les réseaux sociaux sans comprendre ce qui arrivait mais c’est bien là qu’ils ont choisi d’attaquer. Laissant à Facebook et Google tous les aspects vie privée et monétisation des données personnelles pour le marketing, ils misent désormais tout sur les profils professionnels (rachat de LinkedIn) et les compétences de développement grâce au vivier représenté par GitHub. Comme il le dit, l’important ce n’est pas le code mais les interactions entre les développeurs et le fait que la plate-forme est devenue pour eux plus parlante qu’un CV par leurs participations et commits sur différents projets. Ils sont pris au piège s’ils veulent avoir un avenir professionnel dans le milieu. Et que les libristes à la petite semaine s’en aille en fulminant, il n’en a cure, ceux-là ne travaillent de toute façon pas pour des projets bankable.

Mais revenons au sujet du débat, que reste-t-il au logiciel libre ? Quand l’animateur rétorque aux libristes que certes c’est difficile de quitter Windows par le poids des habitudes, mais alors, il est aussi difficile de quitter un logiciel libre comme Firefox si on s’y est trop habitué, il aurait pu être pertinent de dire que pas tant que ça puisque Chrome a tout balayé sur son passage et surtout, il aurait été intéressant de parler d’interopérabilité. Quitter un logiciel propriétaire, c’est aussi difficile parce que les formats sont fermés et c’est bien pour ça que la suite Office de Microsoft reste la référence en entreprise.

Enfin, pourquoi ne pas parler de la liberté des données quand les géants du web vantent les bienfaits du cloud. On nous vend du service tout en gardant nos données qu’on leur donne bien volontiers et sans possibilité de redevenir acteur de ce qui nous appartient. Comment est-ce possible que des défenseurs aguerris du logiciel libre n’est pas pu au moins évoquer ces avantages même s’ils ne sont pas forcément à la portée de tous ?

Bref, une émission malgré tout très instructive pour les connaisseurs puisqu’elle renseigne sur les intentions de l’openwashing tout en mesurant la faible capacité de réaction en face.
Mais avant de vouloir sauver le monde, si on laissait déjà ceux qui sont motivés se sauver eux-mêmes ?

Et si Linux devenait une option comme une autre ?

lundi 9 avril 2018 à 18:11

Tous les ans, on nous fait le coup de l’année du desktop Linux, à tel point que cela en devient un running gag et que plus personne n’y croit, d’autant que la fin du support de XP et le passage forcé à Windows 10 n’ont pas changé grand-chose aux stats, et pourtant…

Ma fréquentation régulière du monde du podcast (dont pâtit quelque peu ce blog), qui n’est pas particulièrement libriste mais relativement versé dans la technologie et l’attiré pour la nouveauté me semble révéler un mouvement de fond : Linux devient une alternative crédible.

Certes, cela fait des années que nous répétons qu’il est désormais plus facile d’installer une distribution généraliste qu’un Windows, qu’il est révolu le temps de compiler ses drivers et qu’un Desktop bien peaufiné n’a rien à envier à iOS, mais comme nous crions entre nous, le temps de diffusion semble bien long.

Tous les gens qui touchent un peu à la technique, à la domotique, aux serveurs ou aiment bidouiller, ont désormais eu l’occasion de se frotter à une distribution et le Raspberry pi fait bien sûr parti de ce mouvement. Alors, les habitudes sont parfois un peu dures à changer et les lignes de commandes continuent à faire peur, mais une fois qu’on a goûté à un système qui marche et que l’on peut configurer comme on le souhaite, on apprécie et on le fait savoir.

Dans la cinquantaine de podcasts non libriste que j’écoute, je compte pas loin d’une dizaine de passages à Linux qui sont évoqués depuis un an. Et pas pour des raisons idéologiques. L’essai ne sera peut-être pas totalement concluant ou ne restera cantonné qu’à une vieille machine pour les enfants, mais peu importe, d’autres que les libristes en parlent comme d’une option aussi valable qu’un autre OS. Sans oublier le nombre croissant d’articles dans la presse informatique généraliste.

Parmi les arguments évoqués par les nouveaux convertis : le ras le bol des mises à jour inopinées, les bugs sur certains matériels, les régressions… et la joie de trouver un tout nouveau système totalement fonctionnel. Cette description en titille de plus en plus qui entrevoient alors la possibilité d’essayer.

Énième effet de mode ? Je ne me fais pas d’illusions, parmi ces essais, il y a une certaine proportion qui n’hésite pas à changer de système comme de chemise et repasseront sous OS propriétaire, car seul l’attrait de la nouveauté les y aura fait goûter. Néanmoins le système sort des fourrés dans une sphère plus grand public.
2018 ne sera probablement toujours pas l’année du desktop Linux, mais peut-être sera-t-elle celle où Linux devient une option non idéologique ?

Un MOOC pour maîtriser le shell

lundi 12 février 2018 à 17:14

Un billet rapide pour signaler un MOOC qui me semble bien intéressant pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances de la ligne de commande. Il s’intitule Maîtriser le shell Bash et il est proposé par l’Université de la Réunion sur la plateforme France Université Numérique.

Ce cours donne les bases pour l’utilisation d’un langage de commandes informatiques en l’illustrant avec le shell Bash. Ce shell intègre des structures qui en font un langage de programmation utile pour automatiser des travaux. De plus, le Bash est la version de shell que l’on retrouve de nos jours dans tous les systèmes d’exploitation. C’est pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, maitriser le shell Bash est indispensable pour toute personne désirant contrôler l’appareil sur lequel il est installé.

La semaine dernière était la semaine d’introduction pour présenter le programme et les objectifs, mais le MOOC commence véritablement aujourd’hui et sera étalé sur 4 semaines de travail. Il est donc encore temps de s’inscrire pour se joindre à l’aventure dont voici le programme :

Je dois avouer avoir été un peu refroidi par l’expérience du MOOC Essential Linux qui avait été proposé l’an dernier par son côté fouilli, obsolète et inintéressant pour les novices comme pour les utilisateurs un peu avancés. Ma première impression de ce MOOC est beaucoup plus positive avec des enseignants qui donnent envie et s’adressent directement au bidouilleur qui sommeille en nous.

Il semble donc tout à fait recommandé au débutant sous Linux, à celui qui aime bricoler les Raspberry pi mais aussi à celui qui veut approfondir sa maîtrise de la ligne de commande et apprendre de nouvelles subtilités afin d’améliorer son efficacité.

Partageons nos passions !

lundi 8 janvier 2018 à 19:15

Rien de tel qu’un amateur passionné pour faire passer le savoir.

J’ai cette idée de billet depuis un moment mais il partait d’un constat un peu négatif que plusieurs personnes dont je suis le blog ou le podcast qui étaient très actives baissent le rythme ou se retirent suite à une embauche dans le domaine de leur passion. Ma conclusion aurait donc pu être qu’il est difficile de rester passionné par son activité professionnelle ou que lorsque l’on devient professionnel, on délaisse un peu le milieu amateur. Je ne pense pas que ce soit le cas.

Mais reprenons dès le début.
Mon propos va parler de l’activité libriste puisque c’est le thème principal de ce blog mais il peut être généralisé à toute activité (faudra peut-être que je pense à changer de blog ?). Lorsque l’on découvre un sujet, une activité, un sport qui nous plaît, on va essayer de s’informer au maximum sur le thème, on va apprendre beaucoup de choses et on va avoir envie de partager nos découvertes, nos astuces, nos façons de progresser ou résoudre des problèmes. Tant que l’on reste passionné, l’envie de faire vivre la communauté que l’on a intégrée va perdurer. Les propos ne seront peut-être pas toujours parfaitement justes ou optimisés par rapport à l’expertise que pourrait apporter un spécialiste ou un professionnel mais ils auront l’intérêt d’exister et de faire découvrir des choses aux autres.

Quelques circonstances vont pouvoir freiner l’élan vers ce partage :

C’est ainsi que peu de développeurs vont écrire des billets sur la philosophie du libre qu’ils pratiquent pourtant au quotidien et qui peut rester un objet d’admiration pour les béotiens qui vont la défendre avec plus de ferveur. De même, un adminsys qui s’est battu toute la journée avec une armée de serveur va difficilement s’émerveiller pour un nouveau service à installer sur son serveur perso. Si certaines personnes se reconnaissent, qu’elles se rassurent, ce n’est pas grave et surtout, si elles lisent ces lignes, c’est qu’elles sont encore intéressées par le sujet donc la passion est toujours là.

L’important est de rester plein d’entrain pour ce que l’on fait et ne pas hésiter à partager sur ce qui nous passionne car c’est ce qui rend les propos intéressants. Et surtout, pour les nouvellement arrivés dans cette passion, c’est le bon moment pour se lancer, car les plus anciens passent la main et il ne faut pas hésiter à saisir le témoin pour alimenter les autres passionnés.

Bilan 2017

vendredi 29 décembre 2017 à 11:55

Je m’étais fixé un article par semaine et on peut dire que j’y suis presque parvenu et étant donné qu’en vacances je m’éloigne des outils technologiques, je considère l’objectif atteint. Donc, un bilan quasi identique à celui de l’an dernier.

Par contre, il y a quelque temps, j’évoquais le fait que j’aurais pu mettre un terme à ce blog ou plutôt à mon pseudo, je ne l’ai pas fait parce que j’avais encore parfois des choses à raconter de mes activités libristes. Mais dans les faits, je ne me tiens plus informé des actualités du logiciel libre, suis déconnecté des réseaux, lis de moins en moins d’articles et de blogs. Cela veut dire que malgré tout mon pseudo se meurt parce que mon intérêt s’est déplacé et que je m’implique moins.

Je reviens donc plus ou moins à mon statut d’avant l’ouverture du blog : j’écoute les podcasts traitant de l’informatique libre, je continue à maintenir tous mes outils numériques le plus éloigné possible des GAFAM, mais je me détache petit à petit de la communauté libriste si j’en ai fait partie un jour. Je continuerai à publier des articles, mais je me fixe un objectif mensuel plutôt qu’hebdomadaire et ne traiterai plus de sujets d’actualité ; comme dans les derniers articles, je traiterai de mes découvertes et documenterai mes résolutions de problèmes, peut-être à l’occasion une réflexion sur un sujet particulier du numérique, mais guère plus.

Un des grands changements de l’année, mis à part d’autres activités, a été mes débuts dans la production de podcasts et cela a été un grand plaisir qui se poursuivra l’année prochaine. L’Apéro des Papas Manchots a cet intérêt de ne pas se vouloir technique, mais de traiter du quotidien de personnes souhaitant libérer leur informatique sans y voir le seul but de leur existence. Les libristes n’y trouvent donc pas forcément d’intérêt, car ils voudraient des sujets didactiques et plus concis, les amateurs de podcasts peuvent cependant y trouver du vécu, des digressions ou des anecdotes et c’est bien ce que j’apprécie en tant qu’auditeur.

Voilà, un bilan en forme de décélération mais j’annonce les choses, mon objectif n’est pas de tout arrêter et je le dirai si ça devait être le cas plutôt que laisser les lieux en plan.
Bonnes fêtes et bons projets à tous pour 2018 !