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Audacity : étirer les pistes pour les recaler

samedi 15 juillet 2017 à 10:45

Retour à la fonction première du blog : partager la résolution d’un problème dont je n’ai pas trouvé de solution facilement en espérant que cela serve à d’autres. J’en profite pour présenter Audacity à ceux qui ne connaîtraient pas.

Audacity est le couteau suisse du travail du son et est recommandé comme outil de base sur toutes les plateformes même par les non partisans du libre pour enregistrer et éditer des pistes. C’est évidemment un logiciel libre et disponible pour tous les systèmes. Parfois des logiciels plus pointus sont utilisés pour le montage, mais il peut se suffire à lui-même tant qu’on ne travaille pas avec des dizaines de pistes ou pour faire de la musique. Bref, pour faire des podcasts, c’est un incontournable. Il faut signaler quand même qu’il arrive que ça plante parfois mais le projet est récupérable au redémarrage du logiciel.

Bref, comme je participe maintenant régulièrement au podcast l’Apéro des papas manchots, il m’arrive de mettre la main au montage et j’utilise donc Audacity. Le principe est simple, on récupère les pistes des différents animateurs, on les normalise pour équilibrer les niveaux de son, éventuellement on les nettoie ou on coupe des passages si besoin, on ajoute un générique et on mixe tout ça ensemble. Le problème que j’ai rencontré, c’est que les différentes pistes ne faisaient pas exactement la même taille, au bout de 2h d’enregistrement, on a plusieurs secondes d’écart, ce qui fait qu’on a parfois les réponses qui arrivent avant les questions et transforme le podcast en une immonde cacophonie inaudible.

La dernière fois, je pensais que c’était dû au fait que j’avais utilisé un format compressé (ogg) mais cette fois, avec du wav, j’ai eu la même chose. Une autre hypothèse était que l’on enregistrait sur des machines différentes (histoire d’horloge de processeur) mais maintenant, on récupère toutes les pistes directement à partir du serveur Mumble. C’est un logiciel libre de voix sur IP principalement utilisé par les joueurs pour discuter en jouant qui fait bien le taf pour du podcast. Si quelqu’un a une explication à cette taille différente entre les pistes, je suis preneur.

Donc, j’ai, on va dire, 4 pistes qui commencent en même temps mais qui finissent avec entre 1 et 8 secondes de décalage. Je me dis, il suffit de faire finir tout le monde en même temps, il n’y a qu’à les étirer un peu. Sauf que c’est tout sauf intuitif à faire, il y a bien des fonctions d’alignement mais ça décale les pistes (à la fin par exemple) sans les étirer et l’outil synchroniser les pistes a une toute autre fonction. On a de multiples tutos sur YouTube juste pour nous expliquer comment bouger une piste mais rien pour mon problème.

La solution est de changer le Tempo, oui, c’est évident quand on le sait mais vraiment pas facile à trouver. Donc on sélectionne la piste la plus longue et on va dans Effets/Changer le tempo ; il nous donne une durée en secondes de la sélection, on la copie dans le presse-papier et on annule. On sélectionne ensuite chaque piste plus courte et on remplace la durée de cette piste par celle la plus longue et on valide. Et tout est maintenant aligné.

Culture d'été

lundi 3 juillet 2017 à 16:51

A l’heure ou les villes se vident et les plages se remplissent, qu’il s’agisse de partir pour de longues vacances ou encore bosser pas mal, il faut continuer à faire le plein de podcasts et j’ai sous la main quelques bons tuyaux pour les barbus.

Avant tout, et parce qu’été rime aussi parfois avec lecture, je parlais la semaine dernière de la BD Le profil de Jean Melvil, eh bien, comme par hasard, j’avais sur ma liste de livres à lire Zero de Marc Elsberg, ça commence tout pareil avec des lunettes connectées qui donnent plein de super informations à partir de nos données personnelles. J’ai juste commencé mais c’est bien sourcé et c’est dans la même ambiance que Black Mirror, série (une des seules que j’ai regardées) que je recommande chaudement pour imaginer comment le futur proche pourrait se profiler avec les mutations numériques en cours (une petite interview de l’auteur qui décrit rapidement de quoi il retourne).

Mais revenons à nos podcasts :

Bon été à tous !

Une BD pour les vacances : Le profil de Jean Melville

lundi 26 juin 2017 à 18:15

Le dernier épisode du 56Kast était consacrée à la bande dessinée Le profil de Jean Melville de Robin Cousin. Et comme c’est une BD en Creative Commons, ce serait dommage de ne pas partager ça avec tous les amateurs de technologies et avec ceux qui s’intéressent au devenir de nos données.

Gary travaille dans une petite agence de détectives qui semble avoir touché le gros lot : la multinationale de consulting Jimini leur demande d’enquêter sur des sabotages qui touchent le réseau internet mondial.
Après Jimini Pro, logiciel de gestion et d’aide à la décision, c’est Jimini Me, application de coach à la personne sur lunettes connectées, qui va bientôt faire le buzz. Gary est peu féru de nouvelles technologies, alors que Jean, son meilleur ami hypermnésique, consacre son temps à des programmes open source aussi poétiques que politiques. Jean sent tout de suite que quelque chose ne va pas dans cette enquête...

La BD est assez volumineuse (216 pages) et l’histoire est d’abord un polar mais elle traite des big data et de ce qui pourrait dès à présent en être fait à travers l’équivalent de Google Glasses qui feraient un tabac. Tout n’est pas rose ou noir, l’auteur sait faire percevoir ce que toutes les applications de quantify self et de coaching apportent aux techno-enthousiastes mais aussi ce que peuvent engendrer l’exploitation de ces données sur la vie privée.

Il y a également un côté hacking avec un clin d’œil au Chaos Computer Club et l’utilisation d’un Raspberry Pi pour faire tourner un système alternatif. Bref, tout libriste, défenseur des données personnelles ou penseur des mutations numériques devrait y trouver son compte.

La BD a été diffusée par le blog de Mediapart avec les liens vers les PDF en CC sur le site de l’éditeur en 4 parties : 1 - 2 - 3 - 4.
Mais il est aussi possible de l’acheter ou de le conseiller aux médiathèques pour que l’auteur (scénariste et dessinateur) puisse continuer à faire d’autres bonnes histoires.

Avec gPodder, j'ai l'power

lundi 19 juin 2017 à 16:07

Il y a 4 ans, le 20 juin 2013, ce blog voyait le jour.
4 ans, c’est beaucoup et peu à la fois, beaucoup par rapport aux blogs actifs pendant 3 à 6 mois quiet ne survivent pas à la 1ère année, peu par rapport à Genma qui vient de fêter son treizième anniversaire.
Quoi qu’il en soit, je me souviens des premières listes de sujets à aborder dont les logiciels que j’utilise tout le temps. Dedans, il y avait gPodder et c’est un de ceux que je cite lorsqu’on me demande un logiciel libre que je recommanderais (en sortant bien sûr des sentiers battus par vlc, LibreOffice, Firefox et Thunderbird). Dans mon dernier billet, j’ai abordé RockBox qui trainait dans les placards aussi et gPodder est le logiciel indispensable pour lui donner à manger.

Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon amour immodéré pour les podcasts et c’est quasiment à ce seul usage que j’utilise mon baladeur audio. Ces mêmes lecteurs savent aussi à quel point je milite pour les flux rss afin de suivre l’actualité de mes sites préférés. Eh bien pour allier les deux, gPodder est la réponse ultime puisqu’il s’agit d’un agrégateur de podcasts grâce à leurs flux rss (voir mon billet sur pour un rappel de ce qu’est un flux rss).

Encore une fois, ce procédé est bien arriéré quand tout le monde a dans sa poche le téléphone avec l’appli qui va bien et fait ça tout seul (en y jettant peut-être un oeil) ; avec la capacité et l’autonomie de mon ZTE Open C, ce n’est pas très viable et je préfère vraiment un appareil dédié pour gérer les 10 à 15h de podcasts hebdomadaires que j’écoute.

gPodder est un projet qui doit approcher les 10 ans (j’ai trouvé les traces d’une version 0.x en 2009) ; sa page d’accueil est très sommaire et il ne fait pas beaucoup de bruit en dehors de quelques louanges de temps à autres.

Comment ça marche ? D’abord, on l’installe (dispo dans les dépôts de toutes les bonnes distributions et multi-plateforme) puis on s’abonne aux flux de ses podcasts préférés à partir de l’url. Ensuite, on définit une périodicité de vérification de nouveaux épisodes. Ils sont alors téléchargés automatiquement dans un répertoire que l’on aura déterminé. Il suffit ensuite de synchroniser avec le périphérique de son choix pour les avoir sur son lecteur audio. On peut également déterminer une date de suppression automatique pour ne pas voir son disque dur encombré de milliers de podcasts.

Pas grand-chose de plus à dire, ça fait le job et ça le fait bien.

RockBox, ça roxe du poney !

lundi 12 juin 2017 à 18:27

Comme je le mentionnais dans mon précédent billet, depuis l’ouverture de ce blog, j’ai en prévision d’écrire un article sur RockBox et je ne l’ai toujours pas fait donc c’est pour aujourd’hui.
Depuis au moins 5 ans, je n’ai rien vu passer sur le sujet. Certes, c’est un projet un peu ancien (mais qui avait eut son écho dans la presse spécialisé), il n’y a pas eu beaucoup de nouveautés ces dernières années et, surtout, les baladeurs numériques ont été remplacés pour beaucoup par le téléphone portable, mais il mérite cependant d’être connu et réveillera peut-être des appareils considérés comme obsolètes.

Commençons par ma découverte du projet.
Cela passe bien évidemment par mon activité de podcasting commencée il y a plus de 10 ans. À l’époque, j’utilisais un lecteur MP3 sur clé USB que je branchais sur l’autoradio. J’en ai usé 2 qui m’ont rendu de fiers services, mais au bout d’un temps, l’usure et parfois quelques incidents ont rendu certains boutons récalcitrants ; de plus, les écrans à une ou deux lignes ne sont pas forcément ce qu’il y a de plus pratiques mais quand on n’a pas encore goûté aux appareils modernes, à la couleur et au tactile, on ne s’en rend pas compte et on fait avec.

Bref, en 2012, je tombe sur un lecteur MP4 de 75€ en solde à 50% (aussi étrange que ça puisse paraître, ces appareils qui font bien moins de choses que les téléphones et tablettes restent plus chers que les premiers prix de ces objets tactiles, dont mon ZTE Open C) : un SanDisk Sansa Fuze+ doté d’un "pavé tactile". Au magasin je ne me pose pas de questions et j’embarque, surtout parce qu’il supporte le format OGG et que mon dernier lecteur MP3 est vraiment en bout de course.

Bon, il faut se remettre dans le contexte de l’époque (ce modèle est sorti fin 2010), on commence à avoir du tactile de partout, c’est la hype des premiers smartphones, la vidéo commerciale est hilarante de ce point de vue mais est plutôt mensongère car on ne peut pas swiper comme ils le montrent, il s’agit juste de points qui sont tactiles à la place de boutons physiques. Au moment de l’achat, je n’avais aucun objet tactile et ce n’était pas primordial, si ce n’est que je l’utilise en travaillant avec les mains pas toujours propres et c’était plutôt un bon point. Pourtant, à l’utilisation, le système d’origine est très lent à la détente et pas très pratique pour écouter des podcasts, notamment lorsqu’on veut reprendre là où on s’est arrêté ou avancer rapidement d’une heure par exemple.

Mais en cherchant quelques astuces, je me rends compte qu’un système alternatif, RockBox, existe et que le modèle est en cours de portage sur mon appareil (instable à ce moment-là).

Pour présenter rapidement le projet Rockbox, il est né au début des années 2000 pour supplanter le système sur les Archos qui frustrait ses utilisateurs. Il s’est peu à peu étendu aux iPod (en leur amenant la vidéo) et à de plus en plus de modèles et marques différentes (Philips, Sony, iRiver, SanDisk, Toshiba, Creative, Cowon, ...).

C’est un projet entièrement libre qui apporte beaucoup plus de fonctionnalités (formats supportés, réglages audio avancés, interfaces de navigation vocale pour les non-voyants, applications, jeux, ...) que le système d’origine (celui-ci reste accessible au démarrage un peu comme un dual boot en appuyant simultanément les boutons on et volume - ) ; rien que la rapidité de démarrage (5s contre 20s) et l’autonomie multipliée par deux valent le coup de l’installer.

C’est vraiment comme mettre un Linux sur son PC, on libère son baladeur et on reprend le contrôle de son système ; il n’y a plus de dépendance au système propriétaire parfois indispensable pour mettre du contenu sur le périphérique. La navigation se fait comme dans un navigateur avec des tas de menus permettant par exemple de renommer, copier, supprimer les fichiers. Alors c’est sûr que sur certains aspects, c’est moins user friendly ou clinquant, mais c’est bien ce qu’on cherche : avoir plus de fonctionnalités et de performances quitte à devoir chercher un peu.

Je ne reviendrais plus en arrière, au point que lorsque mon appareil a piqué une tête dans l’eau il y a deux ans et qu’il faisait des arrêts ou reboot intempestifs, j’ai regardé l’offre et ne trouvait rien qui convienne au point d’éventuellement racheter un modèle supporté d’occasion. Au final, c’était un faux contact au niveau du bouton power donc il continue à fièrement me rendre service.

Je pensais le projet arrêté car depuis 2013, il n’y avait plus aucune nouvelle version (en même temps, c’est un objet non connecté et toutes les fonctions sont présentes donc ça ne me posait pas de problèmes), pourtant, comme je suis allé faire un tour pour mettre le lien dans mon dernier billet, j’ai vu qu’il y avait eu une nouvelle version il y a six semaines. Je me suis donc empressé de tester ça grâce au programme utilitaire qui fait tout comme un grand. Et maintenant, j’ai le 2048 sur mon baladeur. Ça ne changera pas ma vie quotidienne, j’avais déjà Doom (quel appareil ne fait pas tourner Doom ?) mais il faudrait vraiment que je sois totalement désœuvré pour n’avoir que ça à faire.

Une prochaine fois, on parlera de la façon de donner des podcasts à manger à son lecteur grâce à gPodder...
... un autre billet que je dois faire depuis le début de mon blog.