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Une commande à retenir lorsqu'on se retrouve en qwerty

jeudi 16 février 2017 à 08:00

Encore un billet court (et oui cette semaine c’est 3 petits au lieu d’un grand, mais je fais ce que je veux) pour une autre astuce, comment faire lorsque l’on se retrouve en ligne de commande sous GNU/Linux avec un clavier paramétré en qwerty alors qu’on a un azerty ?

D’abord, un peu de contexte, en principe, lorsque l’on a fait une installation d’une distribution dans les règles de l’art, on a rentré la langue et le clavier et tout se passe bien. Ensuite, dans les paramètres des principaux environnements de bureau, il y a moyen de rajouter ou de supprimer des claviers. Mais lorsque l’on bricole sur des distributions en live et/ou avec un clavier Logitech K400 sur un raspberry, il n’est pas rare de se retrouver avec un clavier paramétré en qwerty et pour rentrer des lignes de commandes, même en ayant passé sa jeunesse avec des jeux en qwerty qui permet d’avoir une bonne idée de la disposition des touches, ce n’est pas bien pratique.

Alors à force de la rentrer, on finit par la connaître par cœur et j’invite tous ceux qui se retrouvent parfois dans le même cas à faire de même, car elle tient en une petite ligne :
setxkbmap fr
enfin, plutôt devrais-je dire en qwerty (pour que ce soit écrit comme ci-dessus) :
setxkb,qp fr

Et voilà !
Pour le temps de la session, il n’y a plus besoin de tâtonner pour trouver les > / * . et sans cesse se retrouver avec des "q" à la place des "a".
Interro écrite au prochain billet !

Système de fichier sauvé par e2fsck

mardi 14 février 2017 à 09:00

Un rapide billet pour donner une astuce qui m’a sauvé une fois de plus lors de mes récentes expérimentations sur l’opération "sauvons les vieux PC".

À force de vouloir faire trop bien, on finit par tout casser et ce fût mon cas à tester différents paramètres du grub afin qu’il n’apparaisse pas aux yeux des profanes qui n’en ont que faire. Je me suis retrouvé avec le grub bloqué que j’ai récupéré à coup de boot-repair. Comme j’aime me faire mal, j’ai recommencé sauf que ce dernier a sans doute été un peu gourmand sur le MBR et je me suis retrouvé avec un système de fichiers endommagé ; on se retrouve dans le grub-rescue après avoir reçu une flopée d’injures, des inodes ceci, des tas écrans avec des chiffres et l’invitation à lancer manuellement fsck parce que tout est en vrac.

Quand on en est là, ça commence à fleurer bon le formatage de disque et la réinstallation, la dernière fois que ça m’est arrivé (après une tentative de réparation par Windows sur le laptop), je n’avais pas eu le choix, la vérification/réparation du disque n’avait fait qu’empirer les choses.

Mais en dernier recours, j’ai booté sur une Debian live à partir d’une clé USB, puis dans un terminal j’ai fait un :
sudo fdisk -l
pour savoir le petit nom du disque malade (/dev/sda en l’occurrence), puis :
sudo e2fsck /dev/sda
Et lorsqu’il me posait des questions totalement cryptiques, j’ai répondu "y" comme il me le suggérait. Après une bonne dizaine de fois, il m’a dit que c’était réparé et j’ai ainsi gagné une réinstallation.

Promis, j’arrête de faire le con sur les vieux PC, de toute façon ma sœur est passé le chercher ce week-end en échange d’une carte vidéo pour mon desktop (une nVidia GTX750ti vendue à 60€ sur le bon coin tout près de chez elle et qui, sans être une carte de malade, est bien plus performante que mon ancienne 9800GT).

Apologie du bricolage

dimanche 12 février 2017 à 18:00

En feuilletant le Rock ’n Folk de décembre dernier (n°592), je suis tombé sur un article de Yann Kerninon intitulé "Bricoler, bricoler, échouer, bricoler, mourir". Ça parle de bricolage de vélo, de guitares, de moto et de musique en général, mais je l’ai trouvé tellement vrai aussi pour l’informatique et le monde du libre que je ne peux qu’en partager quelques extraits sur ce blog où je fais régulièrement le même genre d’apologie :

Au début, bien sûr, nous n’y comprenions rien. Mais comme disaient Iggy Pop et Nike : "Just do it !" Le gigantesque plaisir du "Do it yourself", c’est surtout celui d’apprendre, ce sentiment merveilleux d’être capable de faire plus et mieux que ce qu’on savait faire la veille. S’élever. Faire les choses. Se sentir de plus en plus capable. [] Bricoler, faire l’éloge du bricolage, c’est faire l’éloge de la vie même. Celui qui bricole ne rêvasse pas. Il n’a pas de fantasme ou d’idéalités délirantes déconnectées du réel. Le bricoleur, c’est celui qui sait qu’on est ce que l’on fait et qui a donc décidé de le faire. Le bricoleur, ce n’est pas celui qui se plaint de la nullité de l’humanité et qui fantasme un monde pur et parfait. C’est celui qui décide de ne pas être nul et qui tente de faire quelque chose. […] On bricole, on bricole. On crée des demi-miracles et des machins pour lesquels, parfois, nous éprouvons une certaine fierté. On échoue, on recommence. Et un jour, nous pourrons mourir satisfaits de toutes les belles choses que nous aurons bricolées.

Et puisqu’on va tous mourir, autant le faire en beauté !

Plongée dans les entrailles d'une machine

lundi 6 février 2017 à 21:16

Je parlais dans un précédent billet d’un vieil ordi que j’ai récupéré chez mes parents. N’ayant pas (encore) l’utilité (et la possibilité) de l’installer cher moi, je l’ai proposé à une de mes sœurs qui n’a plus de desktop. Elle fait la majeure partie de son informatique sur une tablette Apple mini récupérée et l’ordi du boulot, ce qui n’est pas forcément au mieux pour la gestion des photos ou pour faire des documents administratifs. Elle a donc été ravie et plutôt favorable aux logiciels libres.

La bête est un desktop datant de 2007 avec un AMD 64, une carte vidéo ATI, un dd de 150Go et 1Go de RAM. Pas de quoi faire des folies. Mais tout est clean dedans. Mon père s’était (plus ou moins) amusé à y installer une Debian (Wheezy) mais a abandonné pour un laptop sous Win10 (snif!). Tout semblait donc OK mais la mémoire vive et le disque dur étaient plutôt limitant.

J’ai donc commencé par acheter une barrette de RAM 2Go et un ssd de 60Go, le tout, sans considération pour la qualité ou la marque, pour une quarantaine d’Euros. Il s’agit d’une opération de sauvetage pour en faire un PC bureautique opérationnel, pas un truc de gamer ou de montage vidéo.

Ma politique actuelle est d’installer LMDE sur les PC des autres. Dessous, c’est du Debian que je commence à bien maîtriser et en surcouche, il y a tout ce qu’il faut pour que ce soit esthétique et utilisable out-of-the-box avec tous les logiciels de base indispensables pour le commun des mortels. Bref, une Debian user-friendly avec un aspect qui ne déroute pas ceux qui sont habitués à Windows.

Je ne reviendrais pas sur l’installation qui s’est passée sans difficulté particulière mais plus sur l’aspect matériel. J’ai parlé récemment des problèmes de BIOS et joyeusetés dans le genre. C’est un aspect assez peu développé dans les articles traitant d’informatique ou de logiciels libres, s’attardant bien plus volontiers sur l’administration système à la ligne de commande, les langages de développement ou les sorties logicielles.

C’est sûr que le matériel ne change pas tant que ça et on s’intéresse plus volontiers aux nouveautés qui vont laisser sur place le matériel actuel (encore que cette tendance a nettement diminué). Pourtant, dans le reconditionnement de matériel, c’est un élément essentiel, être un véritable technicien informatique (pas le vendeur qui tente de vendre du matériel neuf en feignant que tout est bon pour la poubelle). Car c’est bien cette partie qui m’a pris le plus de temps et pour progresser dans le domaine, on n’a pas d’autre choix que la pratique, chaque cas étant plus ou moins unique.

Ici, rien de bien compliqué : ajouter une barrette de RAM et un ssd. Pourtant, c’est bien ce qui m’a pris le plus de temps :

Encore une fois, cela s’est bien sûr accompagné de plongées dans le BIOS pour adapter au mieux les paramètres.
Bref, beaucoup d’essais/erreurs que certains ne veulent pas toujours prendre le temps de faire pour aboutir à une configuration optimale et profiter du plein potentiel de la machine, ce qui serait dommage (surtout pour un PC qui va fêter ses 10 ans et qui n’a pas trop de ressources).

Mais ce fut encore une bonne expérience et surtout la satisfaction d’avoir remis en état du matériel qui, je le souhaite, rendra encore de nombreux services.

Le détail qui tue

lundi 30 janvier 2017 à 22:19

Lorsque l’on utilise un outil, le moindre dysfonctionnement peut le rendre beaucoup moins performant, voire parfois totalement hors d’usage, mais est-ce sur ce défaut que doit se baser notre appréciation de cet outil ?

Il n’est pas rare de voir des utilisateurs plus ou moins chevronnés de distributions GNU/Linux (l’exemple est aussi valable pour un environnement de bureau et tout autre environnement de travail informatique) considérer telle ou telle distribution comme mauvaise et d’en changer suite à une ou plusieurs expériences malheureuses. Ils ne se gêneront pas ensuite de la qualifier de tous les noms et de rappeler combien ils la détestent et ne la recommandent pas. Certains arguments sont parfois assez valables comme des problèmes matériels récurrents ou des mises à jours mal gérées ; d’autres le sont beaucoup moins, comme l’esthétique, la présence ou l’absence de tel ou tel logiciel qu’on déteste ou qu’on aime, ces aspects étant largement adaptables, moyennant quelques (dés)installations selon ses goûts.

Bien sûr, je suis assez caricatural (quoi que ?) et c’est souvent un peu plus subtil : des crashs à répétition d’un logiciel, des petits détails agaçants ou au contraire l’attrait pour une nouvelle fonctionnalité, une critique bonne ou mauvaise vont faire que l’on peut avoir envie d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Bon inversement, il y a des fanatiques qui ne jurent que par leur outil préféré et n’en démordent pas même lorsque le monde s’écroule autour d’eux ; il paraît même qu’il y en encore qui font tourner leur téléphone sous Firefox OS…

Tiens, ça me donne l’occasion d’évoquer un exemple. Firefox OS n’a pas eu le temps d’atteindre sa maturité (il ne manquait pourtant pas plus de six mois pour y arriver à mon avis) donc on était soit sur une version dont il manquait certaines fonctionnalités indispensables, soit sur des versions en développement avec des bugs potentiels. Il fallait donc savoir jongler entre stabilité et fonctionnalités sachant que lorsque l’on est testeur, joueur et motivé, le bug ne fait pas peur et on apprend à le contourner (ou au moins l’éviter et évitant l’action qui le provoque) alors que l’utilisateur de base doit avoir quelque chose de stable, éventuellement avec des fonctionnalités en moins mais rien ne doit le déstabiliser sinon le bug lui fera dire que le système est pourri. Bref, j’avais trouvé une version suffisamment stable contenant les fonctionnalités dont j’avais besoin (alors que d’autres pour qui le Bluetooth était indispensable devaient se contenter de la version précédente, les joies d’un système en développement, quoi). Et puis j’ai voulu essayer la toute dernière build communautaire, sauf que dans cette version, les développeurs avaient poussé une modification dans la correction automatique du clavier. Comme dans la plupart des claviers virtuels, lorsqu’on tape un mot, il y a des suggestions qui apparaissent, c’est bien pratique pour taper juste le début du mot ou ne pas chercher les lettres avec accents, les propositions permettent de gagner du temps. Sauf que la modification consistait à ajouter un espace après le mot. Ça peut sembler utile pour gagner encore un peu de temps sauf que parfois on n’a pas besoin d’espace pour mettre un point ou une virgule après ou encore parce qu’on veut compléter le mot (on sélectionne le verbe à l’infinitif dès qu’il est proposé et on ajoute la terminaison). Et malheur, le fait de faire un retour arrière pour enlever l’espace supprimait la proposition choisie pour revenir au mot tel qu’il était tapé initialement. Bref, une fonctionnalité totalement insupportable qui m’a fait revenir en arrière dans les heures qui ont suivi à chaque fois que je suis tombé dessus.

Je suppose que beaucoup de monde a déjà fait certaines expériences comme avoir une voiture dont il y a quelques dysfonctionnements : pour prendre quelques exemples perso, c’est un écran d’affichage dont on ne distingue plus bien l’heure, une poignée de portière qui pète, un siège rabattable qui ne se rabat plus, bref, rien qui empêche la voiture de rouler mais qui nous font dire "saleté de voiture pourrie". D’autres inconvénients sont un peu plus gênants comme un démarrage de plus en plus capricieux qui, après avoir vérifié ou changé les bougies de préchauffage et la batterie reste très difficile à la moindre baisse de température et commence à nous faire penser qu’il va peut-être bientôt falloir changer de voiture ; au final, c’était le démarreur et une fois remplacé et la poignée de portière réparée, elle roule comme un charme.

Tous ces exemples sont à rapporter aux autres outils que l’on utilise et notamment nos ordinateurs et systèmes d’exploitation. Lorsqu’une chose est vraiment bloquante, un ordi qui met beaucoup trop de temps à démarrer (j’avais commencé ce billet avant le précédent mais il en est un excellent exemple) ou un logiciel que l’on utilise quotidiennement qui déconne, on ne voit que ça et on a tendance à tout vouloir accuser : la vétusté de la machine et surtout le système d’exploitation dont les enfoirés qui le développent et le maintiennent ont oublié de tester ou prennent énormément de temps à régler le cas particulier de notre problème (le fait qu’on ne leur a fait aucun don pour ça n’entre bien sûr pas en ligne de compte et si on l’avait fait ils seraient d’autant plus fautifs).

On ne regarde que les défauts et jamais tout le reste qui fonctionne pour qualifier une distribution ; c’est sûr que celles que l’on n’a jamais réussi à installer à cause d’une incompatibilité induit rapidement un jugement négatif, les expériences malheureuses à répétition aussi. Pourtant, les problèmes proviennent aussi du matériel, de mauvaises manips, d’une aversion personnelle à certains comportements, du bug d’un logiciel quelle que soit la plate-forme … mais pas uniquement de la distribution en elle-même.

À mon avis, on ne peut juger de la qualité d’une distribution que par rapport à ses propres critères/besoins : accessibilité, stabilité, compatibilité matérielle, innovation, disponibilité de logiciels, environnement de bureau, gestionnaire de paquets, niveau requis, etc. Mais ces critères seront propres à chacun et feront qu’un choix sera bon pour l’un mais pas applicable à un autre. Ils auront aussi les défauts de leurs qualités, on ne peut pas vouloir avoir toutes les dernières versions et une stabilité à toute épreuve et inversement râler de l’obsolescence de certains logiciels alors que l’on ne veut pas faire de mises à jour incessantes.

Pourtant, il y a toujours moyens de contourner les détails agaçants (en installant une version antérieure comme sur mon téléphone), en réglant les problèmes (le net regorge d’astuces et de forums), en installant des dépôts supplémentaires (pour avoir un logiciel non disponible ou une version plus récente) ou encore en trouvant un autre logiciel qui contient la fonctionnalité recherchée ou ne contient pas le défaut que l’on veut éviter. Bref, il y a toujours moyen de s’approcher un peu plus de son idéal à partir du moment où l’on considère que le problème ce n’est pas le système mais nous et notre volonté d’apprendre et de trouver ce qui nous convient le mieux.

Et en le partageant avec les autres, c’est encore mieux, car peut-être que l’on n’est pas seul à avoir le même problème ou souhait.