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EndlessOS : mais pourquoi ?

samedi 17 août 2019 à 11:00

J’ai vu récemment passer sur mes flux RSS un très mauvais article du site frandroid sur un laptop orienté gaming avec une configuration peu courante à base de CPU Ryzen 5 2500U, mais surtout, livré sans Windows, mais avec EndlessOS. Et j’ai eu la curiosité de fouiller un peu vu les différents problèmes.

Je me suis déjà exprimé sur Twitter à propos des problèmes de l’article d’frandroid (qui cherche vraiment les clics à tout prix, un site orienté mobile Android qui parle de laptop pc et de Windows…), je vous remets ma réaction :

<script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8">

Le matériel est déjà peu courant, surtout pour des fabricants vendus à Intel depuis des années, à savoir un CPU AMD Ryzen 5 2500U, une carte graphique Nvidia GTX 1050, accompagné de 8Go de RAM et d’un SSD certes un peu léger de 128Go en M.2 SATA, mais accompagné par un gros plateau de 1To qu’on aura vite fait d’éviter si on veut vraiment travailler en performances en 2019. Le tout agrémenté par un écran 15,6 pouces FullHD antireflets, donc oui, une bonne babasse, à un super prix pour ceux qui veulent jouer sans avoir besoin de tous les détails à fond, une machine conçue par un gros constructeur en plus, à savoir ASUS. Pour les intéressés je vous mets le lien direct sur Cdiscount (ah oui par contre ça…), sans tracking dégueulasse de frandroid, non de dieu que c’est pas RGPD tout ça…

Et donc il n’est pas fourni avec Windows 10 mais EndlessOS, qui n’est, on va le voir, rien de plus qu’une distribution Linux. Vu ce que je fais avec mon laptop sous Manjaro, y compris jouer, et pas qu’à des Point&Click Big Fish Games, dénigrer et dire qu’on devra installer Windows à la main est juste une connerie monumentale. Par contre, ce que j’ai découvert sur EndlessOS me fait définitivement tiquer sur la cible réelle de ce laptop.

EndlessOS, UselessOS ?

L’OS semble construit de zéro, sur un noyau Linux 5.0, mais utilise le gestionnaire de paquets APT de base, sans pour autant se reposer sur Debian et ses dépôts. Le bureau n’est en fait qu’un Gnome très paramétré, un peu en mode « ChromeOS » vu qu’il n’y a pas de menu mais toutes les applications directement sur le bureau. C’est tout de même un Gnome 3.32, qui a bénéficié d’un gros travail sur sa réactivité à défaut de sa légèreté en ressources, donc pas si mal. Qui dit Gnome dit systemd, coucou les rageux, retournez sur vos joujous. Concernant l’embonpoint à l’installation, sur une VM, après désinstallation de Chrome (aïe), installation de Firefox et Steam, on est à 9Go. Pas un très bon élève, vu la logithèque installée Gnome semble un coupable facile, à moins que…

Là où ça commence à se gâter, c’est sur l’utilisation semble-t-il de flatpak pour la majorité des applications, quoiqu’en plus il a l’air d’avoir un support pour snap. Comme tout se passe par l’App Center qui semble bien austère même si d’un point de vue ergonomique il est pas mal, difficile d’en savoir plus sans installer les applis, les lancer, et tenter de trouver ses petits via le terminal. En gros, si on ne fait pas une recherche, on aura bien du mal à avoir des résultats probants.

Autre conséquence du choix de flatpak, vous avez une chance sur deux que l’application installée ne soit pas traduite dans la bonne langue, et je n’ai pas trouvé d’options pour corriger ce point. Vous comprenez donc ma remarque sur la cible, certes c’est « simple », mais si on est pas anglophone, ça pose des problèmes, d’autant plus sur des sites multilingues qui vont vous envoyer sur leur version anglaise par défaut en détectant la langue du navigateur. Au revoir les français. L’embonpoint dont je parlais est certainement lié à ce choix de fonctionnement, pour rappel, flatpak, snap, appimage, tous ces formats reposent sur un même fonctionnement de base : embarquer les dépendances des applications pour éviter les soucis liés à celles-ci. Intéressant sur le papier, mais on se retrouve avec un problème de duplication similaire à ce qu’on peut voir sous Windows avec les jeux qui embarquent chacun leur révision du Microsoft C++ Runtime pour ne citer que lui (sans parler des versions de DirectX…). Comme ils ont fait le choix d’utiliser uniquement flatpak pour les applis, vous êtes tous seuls pour réparer si ça déconne, car pas de support et d’expérience d’une énorme communauté autour d’une distribution de base (Debian pour Ubuntu, ArchLinux pour Manjaro), ou de la distribution elle-même. La communauté doit être riquiqui.

1,2Go de dépendances, check

La distribution fait aussi des choix par défaut qui me dérangent, mais qui malheureusement pour la planète conviennent trop souvent aux gens peu soucieux de leurs outils. En effet, l’OS est fourni avec Chrome par défaut en tant que navigateur, et ce qui serait éliminatoire à lui tout seul, à savoir désinstallé, remplacé par Firefox, après un reboot un peu sauvage car l’interface était freezée (les addons virtualbox embarqués sont pas d’une stabilité monumentale, mais tout fonctionne out-of-the-box : résolution auto, copier/coller bidirectionnel), il m’a réinstallé Chrome. Ce n’est pas un bug, j’ai tenté plusieurs fois de désinstaller et redémarrer l’OS, il réinstalle Chrome à chaque reboot. A partir du moment où l’OS commence à penser à votre place pour vous dire ce que vous devez utiliser comme logiciel aussi critique qu’un navigateur web de nos jours, c’est mort.

Le bureau, qui comme je l’ai dit fait office de lanceur d’applications, est bourré de raccourcis vers Facebook, Whatsapp, pire, ça vous lance une fenêtre Electron (donc Chromium) pour afficher finalement le site web, sous forme « d’application ». Il existe aussi des liens pour accéder rapidement à Spotify, tout pour être bien dans un monde qui exploite ses utilisateurs pour en prendre le contrôle, l’inverse de ce que devrait être l’utilisation de l’informatique. C’est Gnome Vidéos, anciennement Totem, qui est installé mais vous avez un gros bouton pour « Obtenir VLC », vu la licence pourquoi ne pas l’avoir fourni par défaut ?

Ça j’ai potentiellement la raison, vu le niveau de finition de l’interface qui est, il faut le reconnaître, plutôt bien léchée, garder un environnement cohérent nécessite d’utiliser uniquement, Gnome oblige, des logiciels reposant sur le toolkit gtk3 au minimum. Hors, VLC repose sur le toolkit Qt qui a ses propres codes. L’inclure est donc toujours un risque, d’autant que flatpak oblige il y a une containerisation des applis, ce qui veut dire qu’entre deux applications « qt » qui n’utilsent pas la même version, vous oublierez certainement des paramètres en voulant améliorer l’intégration (utiliser un thême proche sur Qt et GTK, voire le même si l’auteur dudit thème a fait le boulot monstrueux pour vous, idem pour les polices de caractères), ce qui rendra vraiment pas bien.

Les choix par défaut se traduisent aussi dans la procédure d’installation. C’est simple, au démarrage sur le système live, on vous pose trois questions à peine, le partitionnement est entièrement automatique, au reboot vous créez votre compte, et vous êtes déjà opérationnel, ça a pris 5 minutes dans la VM, c’est dire si c’est rapide. Autant les étapes avant le reboot, bon, ça pourrait être un peu plus fourni, autant j’aime cet aspect « OEM », ou vous pouvez installer l’OS, couper la machine, et au premier démarrage, l’utilisateur crée directement son compte et peut l’utiliser. Combien de fois j’ai vu des Windows préparés avec un compte par défaut, et dont les utilisateurs se contentent sans prendre la peine de le créer avec leur propre nom ?

Le dernier point qui me bloque, c’est qu’on a un « contrat de licence » à accepter avant de pouvoir démarrer l’installation. C’est toujours délicat, il faudra que je le relise parce que souvent, c’est un nid à emmerdes juridiques qui ne devrait pas se poser quand on utilise des logiciels sous licences libres.

Quitte à économiser Windows, y’avait d’autres solutions plus propres

La distribution n’est pas inutilisable, loin de là, mais quitte à éviter Windows 10 et son aspirateur à données personnelles et comportementales, il y avait quantité d’options préférables, la première étant Ubuntu. Oui, c’est une distribution qui dispose certainement de la logithèque et de la communauté la plus fournie du monde de la banquise de notre cher manchot. C’est d’ailleurs le choix fait systématiquement par Dell quand il vous fournit une machine sous Linux. Pour l’instant le support de Steam, porte-étendard du jeu vidéo sous Linux, est encore complet sur cette distribution, et pour des francophones, c’est aussi un des meilleurs choix à faire car dès que vous aurez un problème, il aura certainement une solution déjà trouvée, même en français. Et même pour installer des logiciels hors dépôts et snap/flatpak, vous serez mieux guidé que sur une distribution faite à partir de rien. D’autant que leur forum repose sur Discourse qui est une bouse sans nom…

C’est donc dommage de la part d’ASUS d’avoir fait un tel choix, mais finalement pas si surprenant quand on se souvient qu’ils avaient déjà fait l’erreur d’aller chercher une Xandros pour leurs premier eeePC, qui ont inauguré une période faste pour les netbooks, ces machines compactes avec des écrans inférieurs à 10 pouces et des CPUs anémiques au possible, mais dont l’OS a justement montré le pire qu’on pouvait de l’écosystème de l’époque (faut dire qu’il n’y avait pas beaucoup d’interfaces adaptées à ces tailles), poussant les autres constructeurs à ressortir un Windows 7 « Basic » en 2009. Et là, on recommence même si visuellement c’est plus propre. C’est tellement dommage. Après évidemment, si vous voulez jouer à PUBG, pas trop le choix, il vous faudra un Windows 😡

Désactiver les commentaires sur les fichiers joints dans WordPress

vendredi 2 août 2019 à 18:30

Récemment, j’ai commencé à subir une vague de spam sur la page « attachment » d’une image d’illusatration d’article liée à editorconfig. Bizarrement je n’ai pas les options pour désactiver les commentaires sur cette page, du coup je dois la jouer autrement.

Je vous laisse juger aux notifications mail :

Il n’y a pas de réglages spécifiques pour les commentaires sur les fichiers joints, il faut donc procéder de manière un peu détournée et pour ça on va faire appel à deux éléments de WordPress différents.

La force des thèmes enfants

La mise en place d’un thème enfant devrait être une obligation dès que vous voulez utiliser un thème communautaire. C’est ce que j’ai fait sur ce blog dès le premier ravalement, et je ne regrette absolument pas.

Dans un thème enfant on définit notamment un fichier principal functions.php qui va contenir toutes nos directives maisons. Au fil du temps j’y ai inclus pas mal de choses, suppression des query string, masquage des détails de login, et autres petits raffinements. À noter que comme n’importe quel fichier php, rien ne vous empêche de mettre vos codes maison dans un fichier à part et de procéder à une inclusion dans functions.php ensuite, si vous multipliez les éléments maison pour la lisibilité c’est peut-être mieux.

On va donc ajouter une fonction de plus :

function disable_media_comments( $post_id ) {
if( get_post_type( $post_id ) == 'attachment' ) {
wp_die("Comment not allowed.");
}
return $open;
}
add_action( 'pre_comment_on_post', 'disable_media_comments' );

Cette fonction ajoute une vérification lors de l’ajout d’un commentaire, si on est sur un type attachment on renvoie une erreur sans traiter le commentaire.

La base de données pour nettoyer les contenus existants

J’ai déjà eu à jouer avec par le passé pour désactiver les pings, et il me semble que ça avait fait l’objet d’une astuce diverse. L’idée est donc de modifier massivement les attachments pour désactiver les commentaires manuellement :

UPDATE `wp_posts` SET `comment_status` = 'closed' WHERE `post_type` = 'attachment' AND `comment_status` = 'open';

C’est aussi simple que ça. Évidemment disclaimer faites une sauvegarde avant toussa…

D’autres pistes ?

La seule autre solution que j’ai pu lire consistait à désactiver tous les commentaires. Sauf que vous le savez, j’aime justement vos retours sur les bêtises que je peux raconter, du coup, je les laisse activé. Cette fonction supplémentaire ne coûte pratiquement rien en ressources, donc on va pas s’en plaindre. Sinon en analysant les logs j’ai découvert que les POST étaient fait en HTTP 1.0. Je pourrais éventuellement désactiver le protocole si je vois qu’il ne sert à rien d’autre que ça 🙂

Ma banque et l’éducation au phishing

vendredi 19 juillet 2019 à 18:30

J’ai eu l’occasion récemment de pester contre ma banque à l’occasion d’un énième mail de publicité, quand j’aimerais plutôt avoir les infos importantes, qui elles continuent d’être envoyées seulement en papier. Et pire, après une prise de contact via le site web, la notification de réponse est arrivée avec encore un autre domaine. Voyons donc pourquoi je suis colère.

En fait, c’est par rapport à ce qu’on apparente à de la sécurité informatique, ici surtout l’éducation à la lutte contre le phishing. En effet, parmi les réflexes que l’on essaie d’inculquer aux utilisateurs pour éviter les fraudes, il y a l’analyse de l’expéditeur.

Voici donc ce que j’ai reçu dans ma boîte mail qui semble provenir de ma banque, mais qui me fait tiquer :

Ce domaine n’est pas celui du Crédit Mutuel, pourtant tout le contenu du mail m’y fait penser (et le « Réponse à » aussi). Deux possibilités, soit la banque fait une connerie, soit le malfaisant est super doué. Avant de cliquer sur n’importe quoi, j’analyse donc rapidement le domaine, avec un whois :

domaine pourrave pour l’envoi de notifications

$ whois e-i.com
Admin Name: Benoît WIESEL
Admin Organization: Euro Information
Admin Street: 4 rue Frederic-Guillaume Raiffeisen
Admin City: STRASBOURG
Admin State/Province:
Admin Postal Code: 67000
Admin Country: FR
Admin Phone: +33.388148054
Admin Phone Ext:
Admin Fax: +33.388148530
Admin Fax Ext:
Admin Email: nsmaster@e-i.com
Registry Tech ID:
Tech Name: Benoît WIESEL
Tech Organization: Euro Information
Tech Street: 34, rue du Wacken
Tech City: STRASBOURG
Tech State/Province:
Tech Postal Code: 67000
Tech Country: FR
Tech Phone: +33.388148054
Tech Phone Ext:
Tech Fax: +33.388148530
Tech Fax Ext:
Tech Email: nsmaster@e-i.com
Name Server: LDNSSE1P.E-I.NET
Name Server: LDNSSE2P.E-I.NET
Name Server: LDNSIE1P.E-I.NET
Name Server: LDNSIE2P.E-I.NET

Toujours pas de Crédit Mutuel sur ce domaine, mais un nom qui revient à plusieurs endroits, je cherche donc à en savoir plus sur ce monsieur. Chou blanc sur Qwant, je me rabat sur Google qui est un peu plus efficace puisqu’il me présente ce lien dans les résultats : une décision de justice concernant une demande pour faire cesser l’utilisation d’un domaine proche de celui du Crédit Mutuel, avec le monsieur présenté comme représentant ledit Crédit Mutuel. Donc tout va bien finalement.

Mais bon dieu comment voulez-vous qu’on soit efficace dans l’éducation des gens quand les banques se mettent à faire de telles conneries, alors qu’elles sont les premières à se plaindre quand leurs clients se font avoir par des mails frauduleux ? Une des composantes essentielles qu’on enseigne pour détecter les fraudes est justement le fait que le domaine ne correspond pas. Hors c’est précisément le cas ici, et vous avez vu les efforts de recherche que j’ai du effectuer pour m’assurer au final que c’était légitime ? Qui prendrait le parti de faire ce genre de vérification ?

Donc pitié, quand vous construisez vos mails de communication, quelle que soit la finalité, utilisez un domaine au plus proche, mieux, si vous pouvez utilisez le même ça ira très bien. Vous rendrez service à tous ceux qui ont l’habitude d’éduquer vos utilisateurs à la détection de fraudes, autrement dit vous aiderez vos utilisateurs à avoir confiance en vous, et vous vous aiderez à les éviter de se faire enfumer. Merci.

Comment (bien) profiter des jeux Big Fish Games sous Linux !

mercredi 17 juillet 2019 à 18:30

Bien que je puisse être occasionnellement intéressé par la multitude de point&click que la plateforme indépendante propose, c’est surtout pour ma mère que je m’y suis intéressé, cherchant depuis des années à la débarrasser d’un Windows qui passe son temps à la faire chier. Et si dans le passé j’avais échoué à supporter sa plateforme de jeu préférée, les choses ont évolué, en bien.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Big Fish Games est dont un petit éditeur et distributeur de jeux vidéos, qui sait aussi proposer des jeux gratuits en ligne. On peut le voir très grossièrement comme un mini-steam spécialisé dans les jeux de réflexion et les point&click. Pas mal de petits studios de développements proposent des séries entières basées sur des thèmes particuliers, par exemple les Dark Parables qui revisitent les contes classiques.

L’ancien logo de Big Fish, qui apparaît encore partout 🙂

Mais comme pour la majorité du paysage jeu vidéo sur PC, le « Game Manager » et les jeux qui sont rattachés ne fonctionnent que sous Windows, du moins ils ne sont conçus officiellement que pour lui. Et il y a encore deux ans, c’était une vraie loterie pour que ça fonctionne via Wine. Mais ça, c’était avant.

Depuis, Wine a continué d’évoluer, aussi bien de manière indépendante, que plus récemment avec les multiples contributions de Valve via le projet Proton au cœur de Steamplay, une initiative pour supporter « officiellement » sous Linux des jeux non natifs. Proton lui-même n’est pas directement open-source, mais Valve renvoie une grande majorité des patches à Wine une fois ceux-ci considérés comme suffisamment solides pour être intégrés.

Wine est cependant un projet « générique », et parfois, il faut le paramétrer finement pour qu’un logiciel particulier accepte de se lancer. Il semble que ce soit le cas du launcher et des jeux qui nous intéresse aujourd’hui. Et pour ce genre de situation, certains projets ont émergé pour faciliter l’installation et surtout la configuration de Wine pour un ou plusieurs jeux en particulier. L’un d’eux est PlayOnLinux, qui embarque moult profils déjà prédéfinis, contribués à renfort de tests, pour plusieurs jeux populaires plus ou moins anciens. Mais vous pouvez très bien « partir de zéro » et suivre l’assistant qui vous proposera une certaine quantité de réglages de base. La particularité de PlayOnLinux est de créer des « containers », c’est à dire une arborescence en propre pour chaque logiciel configuré (ici c’est le manager Big Fish, qui lancera tous les autres dans ce même container). Ça permet d’avoir une configuration de compatibilité pour chacun, et même, si c’est nécessaire, une version spécifique de Wine. Pratiquement tous les éléments peuvent être paramétrés après la création du container.

Pour l’installer, rien de plus simple sous Manjaro/Arch :

$ yay -S lib32-libldap playonlinux

Sur d’autres distribs type Ubuntu&co, il faudra peut-être paramétrer un dépôt adapté pour wine, afin d’avoir une version à jour (sous Manjaro à rédaction de ce billet c’est la 4.11). Pourquoi j’ajoute une lib32 dans l’affaire ? Parce qu’elle n’est pas ajoutée en dépendance par playonlinux (qui en ajoute pourtant déjà pas mal, à l’instar de Steam) et que j’ai eu une erreur de lancement à propos d’un « wsldap32.dll.so manquant ». Donc je vous l’indique maintenant, histoire de ne pas perdre vingt minutes comme moi.

Je ne vais pas vous faire de capture d’écran maison parce que PlayOnLinux a un souci avec mon thème sombre sur Cinnamon :/

Pas pratique pour vous montrer quoi cocher

Donc, vous pouvez globalement suivre les instructions de cette vidéo Youtube en anglais. En résumé français :

Reste ensuite à sélectionner le fichier d’installation d’une démo big fish précédemment téléchargé depuis le site, qui entraînera l’installation du manager. Si celui-ci démarre et lance le téléchargement de la démo (souvent le jeu entier, mais bridé jusqu’à validation d’un achat ou preuve d’achat passé via la saisie du compte BigFish), considérez que c’est gagné. Et ça a été mon cas, ça fonctionne du feu de dieu, le seul bémol, c’est qu’on ne peut pas « basculer » d’un jeu en plein écran, il finit en écran noir et il faut le redémarrer 🙂

PlayOnLinux est un projet sous licence GPLv3, vous pouvez donc tout à fait y participer si vous vous sentez de proposer vos propres améliorations (je me pencherais bien sur cette histoire de thème par exemple), proposer vos propres scripts d’installation (j’ajouterais bien Big Fish à la liste de ceux proposés par exemple), aider à la traduction (normalement on dit bibliothèque en français, pas librairie), bref, il n’attend que vous pour servir et grandir, et diffuser la bonne parole du jeu vidéo dans notre univers polaire 😉

Différentes versions de PHP pour Debian

lundi 15 juillet 2019 à 18:30

Un des gros, gros avantages que j’ai découvert en utilisant CentOS chez LinkByNet, c’est le système très avantageux de Software Collections, notamment utilisé par Rémi Collet pour nous gratifier de dépôts extrêmement complets des différentes versions de PHP en circulation (voyez ça comme des PPA sous Ubuntu). Et je pestais à l’époque de ne pas avoir un système similaire sous Debian, jusqu’à récemment.

En effet, toutes les recherches que je faisais aboutissaient presque invariablement à une compilation manuelle à la fois compliquée à maintenir et très consommatrice en temps. Et je déteste les compilations manuelles. J’avais malgré tout fini par tenter d’utiliser phpbrew pour un client à la plateforme vieillissante et trop rigide pour permettre une mise à jour sereine.

Avec la sortie prochaine de CentOS 8, je vais pouvoir tester le remplaçant des SCL, à savoir les Streams, qui promettent un fonctionnement similaire, limite plus intégré, mais je n’ai pas encore creusé le sujet au-delà des annonces presse. Et je me suis une fois de plus tourné vers Debian pour savoir si la situation a évolué.

Il s’avère que cette fois, je suis tombé sur des résultats qui me plaisent beaucoup plus, à savoir qu’un développeur Debian du nom d’Ondřej Surý, qui s’occupe justement des paquets PHP qui sont inclus dans Debian, maintient un dépôt perso pour Debian et Ubuntu contenant les versions récentes de PHP, et qu’il est possible de les installer en parallèle. Oui, l’équivalent donc des dépôts de Rémi pour l’univers Redhat 🙂

Et on est sur le même niveau de sérieux finalement, bien que Rémi soit directement contributeur PHP, ce que ne semble pas être Ondřej, mais je ne comptes pas lui en tenir rigueur étant donné la générosité. Générosité récompensée par certains qui le soutiennent sur Patreon, à hauteur en moyenne de 5 dollars par personne par mois, pas dégueulasse pour un sacré boulot.

Les détails pour l’installation sont disponibles sur ce site (attention, design ultra-minimaliste). À savoir que Jessie, Strech, et la prochaine Buster (qui doit arriver bientôt si ce n’est pas déjà fait à la sortie de ce billet) sont supportées, pour les architectures x86 (32 et 64bit), et ARM (32 et 64bit également), les paquets sources sont évidemment proposés. Et grâce à ce dépôt, on peut installer de PHP 5.6 à 7.3 (même si cette dernière est déjà incluse dans Buster), tout en parallèle, ce qui est bien plus pratique pour gérer des projets historiques au code pas forcément adapté aux versions plus récentes (et je peux vous dire en tant qu’infogéreur que ça arrive très, très souvent, trop souvent pourrait-on dire).

Le seul manque finalement par rapport aux SCL est l’absence de « switch » au runtime. Je m’explique, quand vous avez plusieurs versions de PHP en parallèle, soit vous avez à disposition des alias comme le propose Rémi (php72, php73, etc) pour exécuter PHP en ligne de commande, soit vous allez à chaque fois chercher le chemin du binaire à lancer. Lourd, pas pratique, et des outils comme composer et frameworks comme symfony sont des champions de la feignantise en ne cherchant qu’une unique commande « php », qui parfois n’existe même pas par elles-mêmes si l’on a que des sources SCL pour PHP. Il existe donc une commande pour « créer » cet alias php à la volée :

$ scl enable php72 'php -v'
PHP 7.2.0 (cli) (built: Nov 28 2017 10:27:47) ( NTS )
Copyright (c) 1997-2017 The PHP Group
Zend Engine v3.2.0, Copyright (c) 1998-2017 Zend Technologies
with Zend OPcache v7.2.0, Copyright (c) 1999-2017, by Zend Technologies
with Xdebug v2.6.0alpha1, Copyright (c) 2002-2017, by Derick Rethans

De cette manière, tous les outils de développeurs feignants savent fonctionner dans la version attendue (pratique aussi quand on enchaîne les commandes PHP dans un fichier Makefile).

Donc là sous Debian il faudra encore « bidouiller » un peu pour arriver au même résultat, mais déjà s’affranchir de la compilation manuelle et la possibilité d’avoir plusieurs versions en parallèle facilement est un gros plus. Encore merci Ondřej 🙂