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Gribouillis dans les marges

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Tracer une route libre

dimanche 22 octobre 2017 à 12:25

Simplement deux anecdotes. J’ignore s’il faut chercher à en déduire quelque chose, et si oui, quoi…

Acte 1. Récemment, une connaissance m’a demandé un conseil en matière de service en ligne pour son boulot. En bon (???) propagandiste, je lui ai vendu un logiciel libre hébergé chez des gens fréquentables. Depuis, je croule sous les reproches : des collègues lui ont fait découvrir des alternatives privatrices à ce service libre, alternatives qui offrent bien plus de fonctionnalités, moyennant finances ou non respect de la confidentialité des données qui leur sont confiées. Et ma connaissance, dont les impératifs professionnels priment sur les questions éthiques, m’accable de reproches pour mon dogmatisme qui m’a fait lui conseiller un outil de mauvaise qualité, selon ses critères.

Acte 2. CozyCloud (mon employeur) a entrepris voilà un an une ré-écriture totale de son logiciel. Toutes les applications développées au cours des premières années ont été abandonnées et sont (pour certaines) en train d’être ré-écrites. (Ce qui représente au passage un gâchis de milliers d’heures de contribution). La ré-écriture du calendrier n’étant pas prévue avant 2018, je suis parti en quête d’une alternative et ai tout naturellement testé NextCloud. Une première impression très positive, avant de vite déchanter, devant les nombreuses petites imperfections, les fonctionnalités manquantes… Je suis rapidement parvenu à la conclusion que si NextCloud pourrait être adapté à mon besoin (informaticien capable de comprendre et contourner les soucis et privilégiant le contrôle sur ses données aux fonctionnalités), je ne prendrai pas le risque de le proposer à des gens avec d’autres exigences. Pas assez fini. Pas réellement capable de rivaliser avec ses alternatives privatrices, si l’éthique et la souveraineté ne sont pas primordiales. Et je ne peux m’empêcher de regretter la dispersion des efforts. En cumulant les efforts des équipes de Cozy et de NextCloud (voire d’autre projets bâtissant à peu près la même chose, comme le calendrier de Thunderbird), nul doute que l’on aurait réussi à obtenir un produit bien plus fini. Je sais pertinemment que ça n’est pas possible, pour de multiples raisons, dont certaines sont tout à fait légitimes. Des buts et des cibles différentes notamment. N’empêche, cette impression de gâchis, ce sentiment de notre impuissance collective à créer quelque chose d’utilisable par le plus grand nombre, m’attristent.

La voie est libre mais je me demande si elle sera un jour praticable par toutes et tous.

Enseigner en transmettant nos préjugés

samedi 7 octobre 2017 à 07:00

À défaut d’avoir une réponse, j’archive ici ces intéressantes questions de poulpita

Citation(s) extraite(s) de «  » par Poulpita

If machine learning is going to shape our life, and that data and code are the pilars to design recommendations

(…)

How are we going to make sure that recommendations include world diversity ? Can’t we check the “diversity level” of code and data?

(…)

At code level, people seems to understand that code is embedding values, but what about data level? Any sanity check available?

(…)

Is there any means to make sure that your data include a certain level of diversoty that makes it relevant?

(…)

I am just wondering if we are not going to end with a worlwide population of WASP clones in few years…

Dernières volontés

dimanche 17 septembre 2017 à 21:07

Passant devant un funérarium, je me suis fait la réflexion tantôt qu’au vu de mon grand âge, il serait temps que je formalise ma volonté d’être incinéré.

Mais finalement, au nom de quoi déciderai-je du sort de mon cadavre après ma mort ? Je ne serai plus là, il ne m’appartiendra plus, il appartiendra à celleux qui restent. Quelle absurdité nous pousse à donner des consignes pour ce qui se passera après nous ? Comme si nous pouvions survivre à la mort et continuer à agir dans le monde après en être sorti. C’est ridicule ! Aussi, je crois que je vais laisser à mes proches le soin de décider du sort de ma dépouille, qu’illes préfèrent avoir un lieu, tombe ou urne, où venir se recueillir, ou éviter les monuments macabres et remettre mes cendres au vent ou les disperser dans une cuvette de chiottes.

Vie privée et professionnelle

dimanche 17 septembre 2017 à 09:35

Un reproche souvent fait au télétravail est le risque de confusion entre la vie privée et la vie professionnelle. Au sens de temps pour soi versus le temps consacré à gagner un salaire. Les deux sont de toutes façons depuis bien longtemps imbriquées, du moins dans nos métiers pseudos créatifs du développement informatique. Qui n’a jamais trouvé la solution à un problème professionnel dans l’intimité de sa salle de bain le matin ?

Mais c’est une autre forme d’interpénétration qui m’interpelle ce matin, plus pernicieuse et qui me dérange beaucoup plus. Pour recruter, nos boites vantent l’excellente ambiance au sein de leurs équipes, et mettent en avant les profils de leurs employé⋅e⋅s. Cela passe a minima par une photo sur le site Web, parfois cela va plus loin, avec des portraits complets de salarié⋅e⋅s, pour montrer combien illes sont jeunes, enthousiastes, dans le vent, etc. Et cela me dérange. Je le ressens comme une intrusion dans mon intimité. Je vends à un patron une force de travail, ma capacité à taper sur un clavier pour créer des objets sensés résoudre certains problèmes. Mais en aucun cas, je ne lui vends le droit d’utiliser mon image, ma personnalité. Le contrat de travail ne porte que sur un travail, ce que je suis, pense, aime, ce qui me constitue en tant qu’individu ne font pas partie de la relation contractuelle. Qu’un employeur veuille utiliser ma photo, des détails, même anodins, sur ma vie, me semble une intrusion inacceptable dans mon intimité. Paranoïa et vanité ou une certaine conception de la pudeur, je ne sais pas.

Dans le milieu des jeunes pousses, la frontière est parfois ténue. Parfois, les recrutements se font autant pour la capacité de travail que pour la notoriété, l’influence. C’est un secret de polichinelle, et pourtant je doute que ça soit contractualisé noir sur blanc. Certain⋅e⋅s d’entre nous vendent leur personnage public autant que leur habilité à caresser un clavier. Comment définir la limite entre le personnage qui fait partie du lot vendu, et l’humain derrière, qui ne saurait être vendu ?

Et cela incite à réfléchir à la limite entre notre personnage public et personne privée. Entre ce que nous donnons à voir en ligne et ce qui n’est connu que de nos proches. À réfléchir à ce qui est monnayable et à ce qui ne se négocie pas. Afin d’agir de façon consciente, de savoir à temps poser des limites et argumenter pour les faire respecter.

Rien à cacher

mercredi 3 mai 2017 à 23:12

D’après quelques recensions lues de-ci, de-là, le dernier opuscule du Comité Invisible, « Maintenant », semble contenir quelques points de vue intéressants sur les GAFAM et la société technologique. J’envisageais d’acheter l’ouvrage pour y lire le passage complet lorsqu’une anecdote m’est revenue à l’esprit.

Voici quelques années, j’ai été contrôlé par des flics dans le métro. J’allais au taff, étais habillé en informaticien lambda sans aucun symbole gauchiste sur moi. Je me suis probablement fait contrôler comme caution, les flics voulant éviter les accusations de contrôle ciblé des citoyen⋅ne⋅s racisé⋅e⋅s. Tout s’est passé poliment jusqu’à ce que le condé avise le bouquin que j’avais en main. J’ai oublié lequel c’était, mais son titre fleurait bon le gauchisme. Aussitôt, le contrôle a pris une autre tournure, j’ai eu droit à une palpation et ai dû attendre qu’ils vérifient mon matricule à la radio.

Cette histoire date d’avant l’état d’urgence, avant même je crois qu’Alliot-Marie n’invente la notion d’ennemi public numéro un « anarcho-autonome ». Et pourtant, un simple livre avait suffit à me rendre suspect. Je me demande comment se serait passé ce contrôle aujourd’hui, sous l’état d’urgence et alors que les flics n’ignorent plus combien ils sont haïs.

Dès lors, je m’interroge : dans le contexte actuel, achèteriez-vous « Maintenant » sur Amazon avec votre carte de crédit ? Seriez-vous prêt à passer une frontière en l’ayant sur votre liseuse ? Est-on si sûr qu’être innocent et n’avoir rien à cacher est suffisant pour ne pas risquer d’être victime de l’arbitraire policier ?