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Le Weblog de Frederic Bezies

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Le logiciel libre est-il à conseiller à des « novices » sous MS-Windows ?

mercredi 26 avril 2017 à 09:53

Je dirai que non si on parle de distributions GNU/Linux. Bien au contraire. Vouloir arriver en cette année 2017 dans le monde des distributions GNU/Linux est une énorme erreur. Pour plusieurs raisons. Je vais les détailler.

La première, c’est l’immaturité intellectuelle et la haine qui se dégage du monde francophone du libre. Entre les youtubeurs qui changent d’avis comme de chemise comme Seb alias Actualia66 qui m’a tellement lassé à force de modifier son opinion sur les mêmes produits en l’espace d’une semaine voire de 15 jours que je me suis désabonné de sa chaîne.

Comment oublier les blogs où les trolls prospèrent au grand dam des blogueurs et qui justifie une modération a-priori ? Ou encore les guerres intestines entre les pro-« une technologie donnée » et les anti-« une technologie donnée », on se demande ce qui pourra sauver le monde du logiciel libre.

Le monde du logiciel libre a toujours été un champ de confrontation des idées. Mais entre la nécessaire liberté d’expression et les torrents de haine qui sont déversés presque quotidiennement, il y a quand même une sacrée différence.

J’en arrive presque à me demander si cela ne se terminera pas à grand coup de Kalachnikov AK-47 au détour d’une ruelle sombre. J’exagère ? Dirons-nous que je prends un peu d’avance.

Le deuxième point, je l’ai déjà abordé, c’est la dispersion constante des énergies et des ressources pour réinventer constamment la roue. On peut appeler ceci des forks compulsifs ou encore rageux, mais réinventer 15 fois la roue ne permettra pas forcément de l’améliorer.

Cela me fait mal au coeur de voir des projets qui sont de parfaites copies conformes se taper sur la gueule à grand coup de mauvaise foi pour s’annihiler mutuellement et disparaître de la circulation.

Je reviendrai une ultime fois sur la seule statistique valide de Distrowatch, à savoir le nombre de distributions GNU/Linux indexées par leur soin et encore en vie.

On arrive presque – au 26 avril 2017 – à un ratio d’une distribution en vie pour deux mortes. Pour être plus précis, 288 vivantes pour 507 déjà mortes.

Pourquoi est-ce que l’image du plateau de Craonne – comme celui de la chanson de 1917 – me vient à l’esprit d’un coup ?

Ce n’est pas Georges Clemenceau qui a déclaré : « Les cimetières sont pleins de gens irremplacables, qui ont tous été remplacés » ?

Ce qui reflète parfaitement mon état d’esprit sur le monde libre. Je ne prétends pas être irremplaçable, et encore moins détenir la vérité. Sinon, je me serai déjà engagé en politique.

J’avais déjà déconseillé temporairement la Manjaro Linux suite aux événements de fin mars-début avril 2017.

Je vais maintenant plus loin. Je déconseille franchement aux personnes qui s’intéressent au logiciel libre d’installer actuellement une distribution GNU/Linux.

Ce n’est pas la réaction d’une personne qui voudrait conserver son côté grand gourou car il sait maitriser la ligne de commande et sait lire de la documentation en anglais.

Je déconseille la migration pour éviter d’avoir à affronter des conflits inutiles et sans fin sur le moindre point. Le monde libre francophone est en train de s’auto-détruire à petit feu en oubliant que nous sommes en 2017.

Je dirai donc – et jusqu’à nouvel ordre – aux personnes en ayant marre de MS-Windows et de ses bugs : économisez et achetez un Mac. Oui, c’est cher, oui, c’est bridé, mais au moins, ça fonctionne. Au pire, si vous avez la possibilité et les connaissances, sans oublier pas mal de temps libre, montez-vous un hackintosh.

Mon ordinateur ne sera pas éternel et quand j’en changerai, je prendrais un PC dans mon hypermarché local, à 400€ et je pense que cette fois, je ne ferai pas sauter le MS-Windows préinstallé. Pourquoi ? Par lassitude, par écoeurement envers l’aveuglement du monde libre francophone qui vit dans sa bulle et est incapable de voir qu’il est son pire ennemi.

Évidemment, cela me fera mal au postérieur dans un premier temps. Mais je n’ai plus envie de me faciliter le transit à aider des personnes qui utilise du GNU/Linux pour être remercier en étant traîné dans la boue par une partie du monde francophone.

Oui, c’est un propos d’une cruauté monstrueuse, mais c’est la version douce de cette gueulante où j’ai un brin perdu mon calme.

Oui, je suis une personne qui se laisse dominer par ses émotions, et oui, je suis ultra-émotif. Et après ? C’est ma vie, et elle est ainsi.

En tout cas, une chose est certaine : quand je repasserai dans quelques mois sous MS-Windows suite à un changement complet de matériel, mon ultra-émotivité sera sûrement calmée, n’ayant plus à affronter les querelles intestines et constantes du monde libre.

C’est vrai, je perdrai en terme de qualité de vie privée, mais j’y gagnerai en tranquillité d’utilisation.

Continuez-donc, messieurs et mesdames du logiciel libre, vous ne provoquerez qu’une chose au final : un rejet du logiciel libre !

C’est mon opinion, celle d’une personne qui cotoie ce monde depuis 1996 et qui se demande si au final, il n’a pas perdu énormément de temps durant toutes les années qui viennent de s’écouler !

« Seuls les moins humbles en hériteront », le nouvel EP de Hors Sujet.

lundi 24 avril 2017 à 11:47

Et oui, encore du post-rock français ! Florent Paris alias Hors Sujet dont j’avais parlé du premier (?) album en novembre 2015, m’avais prévenu il y a quelques temps de la
https://horssujet.bandcamp.com/album/seuls-les-moins-humbles-en-h-riteront. J’avais décidé de ne rien dire jusqu’à la sortie officielle en ce 24 avril 2017.

2 pistes, 21 minutes, un titre à rallonge, donc les saint canons du post rock sont respectés.

On retrouve ici les ambiances digne de Vangelis, La piste « La mécanique du néant » avec des sons de la vie de tous les jours dans une ville de taille moyenne : son d’un clocher, suivi par un bruit sourd qui fait penser à celui de Blade Runner et de ses voitures volantes. Typiquement l’ambiance d’un album que j’aime beaucoup de Vangelis, « The City ».

En fermant les yeux, on se surprend à fendre une foule dense, anonyme. La mélodie « grognante » en est presque hypnotique. Ça vous prend aux tripes, et avant qu’elle vous relache… peu avant la fin de la piste.

Avec la piste éponyme qui conclue ce court EP – quoiqu’une moyenne de 10 minutes par piste, ça calme – on a droit à une transition en douceur. En effet on change de piste sans presque s’en apercevoir.

On s’en aperçoit quand du chant clair en français accompagné d’une guitare électrique non saturée s’invite et qu’on se dit ? Qu’est-ce qu’il se passe ? 🙂

Sur cette piste, le post-rock revient à l’attaque avec les instruments classiques du genre : batterie, guitare et basse. Un retour au source qui contraste avec la première piste en tout point. Avec une montée en puissance qui n’a rien à envier au metal… Pour finir sur une période plus méditative et plus hypnotique.

Pour finir, il est précisé sur la page bandcamp de l’album qu’il y a 30 exemplaires en CD-R disponibles… Ou plutôt 29, l’un d’entre eux étant cordialement invité à venir me rejoindre 🙂

Combien faudra-t-il d’ArkOS pour que le monde du libre ait – enfin – une prise de conscience ?

lundi 24 avril 2017 à 09:04

Je l’ai appris via un billet de Carl Chenet sur le réseau social encore plus fantômatique que google plus, à savoir la framasphere*, qui reprenait un article de Phoronix.

Vous ne connaissiez pas ArkOS ? Moi non plus jusqu’à aujourd’hui. Pour tout dire, je ne m’intéressais pas à des projets proposant des distributions pour l’auto-hébergement, n’ayant pas ni la bande passante ni le matériel nécessaire pour l’envisager.

Même si j’ai lu l’excellent livre de Thuban dont la version 3 est disponible depuis le 22 avril 2017, et que je connaissais déjà de nom le projet yunohost, j’avoue que l’annonce de l’abandon du projet ArkOS ne m’étonne qu’à moitié.

En effet, on tombe encore une fois dans le même travers : avoir les yeux plus gros que le ventre et dans son corollaire… Ignorer l’existant et réinventer encore une fois la roue.

Nombre de projets – que ce soit des distributions GNU/Linux ou encore des logiciels de plus haut niveau comme des lecteurs de vidéo, des navigateurs (qui se résument 95% du temps à une interface enrobant qtwebkit ou webkitgtk) – sont sous-alimentés en terme de nombre de développeurs pouvant s’en occuper.

Résultat des courses ? On se retrouve avec des dizaines de projets laissés plus ou moins à l’abandon avec les utilisateurs se retrouvant le bec dans l’eau, faute d’avoir misé sur le mauvais cheval 🙁

Je sais que certaines personnes vont m’intimer l’ordre de fermer mon clapet – dans des termes largement moins courtois – mais il faut le dire ainsi : nombre de projets dans le libre sont condamnés par un manque de responsabilité des développeurs enfermés dans un individualisme mâtiné d’une version extrémisée des saints canons de la FSF dont on attend toujours le noyau GNU/Hurd soit dit en passant. Désolé, je nettoyais le clavier et le coup est parti tout seul 🙂

Plus j’observe les projets du logiciel, plus je vois une tendance à se disperser, comme s’il fallait démultiplier les efforts à l’infini pour les mêmes outils. Il y a d’autres exemples récents de prises de conscience comme Canonical qui a débranché la prise du projet Unity8 et par la suite de Mir.

Cela n’a pas empếché des personnes de reprendre le code d’Unity 8. Qui parie que dans 6 à 12 mois, le projet sera tombé dans les oubliettes de l’histoire du logiciel libre ?

Dans ce phénomène de dispersion, je rajouterai le projet Solus qui a décidé de produire une image ISO avec une version assez maintenable de Gnome. J’avoue que je n’ai pas vraiment compris le pourquoi d’une telle saveur, alors que le projet a annoncé que la version 11 de Budgie-Desktop se baserait sur QT5

Je pense faire un billet sur la nouvelle version des images ISO du Solus Project dans le courant de la semaine du 24 avril 2017.

Une volonté de s’attirer quelques utilisateurs de plus ? Il n’aurait pas été plus bénéfique de faire grossir la logithèque un peu maigrichonne du projet avant d’ajouter un nouvel environnement ?

Enfin, je dis ça, mais je dis rien. Je dois être particulièrement bête pour penser que l’union fait la force et que mutualiser les efforts permettrait de faire avancer le schmilblick et faire monter d’un cran la qualité des logiciels libres, du moins en dehors du monde conquis – pour le moment ? – des serveurs.

S’occuper des interfaces pour les utilisateurs lambda, c’est dégradant ? Désolé de poser la question, mais quand on voit le nombre de projets qui ont des interfaces dont l’ergonomie est repoussante, on se demande s’il n’y aurait pas besoin de se concentrer sur ce point précis, au lieu de vouloir réinventer une nouvelle fois la roue dans un domaine plus technique, comme les gestionnaires de paquets, un système d’initialisation ou une bibliothèque graphique.

Dans une vidéo, j’ai parlé de mes débuts avec GNU/Linux en 1996… Attention, ça pique les yeux par moment 😉

D’énormes progrès ont été faits sur les tripes, c’est incontestable. Mais si maintenant, les développeurs se regroupaient, unissaient leurs forces et s’occupaient de la façade pour changer ?

Je sais très bien que je ne serais pas entendu, mais au moins, ça fait du bien de l’écrire 🙂

Allez, bonne journée !

En vrac’ de fin de semaine.

dimanche 23 avril 2017 à 10:44

Comme chaque fin de semaine, l’habituel en vrac’ 🙂

Après avoir été accomplir mon droit civique (comme pour chaque élection depuis 1992), et même si cela ne sert pas à grand chose, voici donc le billet en vrac’ de fin de semaine.

Côté logiciel libre, informatique et internet.

Côté culture ? Pas grand chose, désolé.

Bonne journée !

Vieux geek, épisode 77 : 1985 à 1990, les premiers MS-Windows…

samedi 22 avril 2017 à 21:33

Si MS-Windows est devenu plus ou moins incontournable à partir de MS-Windows 3.1, le chemin qui y a mené n’a pas été des plus roses. Heureusement pour Microsoft, MS-DOS et les logiciels développés pour lui seront une vache-à-lait bien généreuse…

Après que Microsoft ait pris possession du QDOS (Quick and Dirty OS) développé par Seattle Computer Products pour le renommer MS-DOS 1.0 et le vendre à IBM pour son premier IBM PC en 1981, les interfaces graphiques utilisateurs commencèrent à pointer le bout de leur museau.

Sur QDOS et le premier IBM PC, je vous renvoie à cette vidéo de la série « Dis Tonton Fred ».

Bref, quand en 1983, les premières interfaces graphiques commencent à arriver et Microsoft a la trouille de sa vie. La conséquence sera la sortie en 1985 de MS-Windows 1.0. Il est très limité, car Microsoft est tenu par des accords avec Apple. Pas de fenêtres que l’on peut déplacer, modifier ou encore réduire. Quant au support des souris, le format PS/2 des claviers et des souris devenu un standard par la suite, et qui est la norme pour les logiciels d’émulation, mais c’est une autre histoire. Il faut dire aussi que le PS/2 est sorti à la fin de vie de MS-Windows 1.0x en 1987.

MS-Windows 2.0 sort en 1987. Largement amélioré, ne serait-ce que par la présence de fenêtres modifiables et déplaçables – ce qui valut une gueulante d’Apple à Microsoft – mais on est encore dans quelque chose de très rudidementaire.

On est vraiment dans une surcouche simpliste de MS-DOS. La sortie d’une génération 2.11 supportant à la fois les processeurs 80286 et 80386 d’Intel ne changera pas grand chose à la donne.

MS-Windows 3.0 sort en 1990, rapidement suivi par une révision 3.0a. Et ici, on est dans une interface largement plus léchée, et qui devient enfin utilisable. Même si l’interface est moins colorée que celle de MS-Windows 3.1x et que le son répond aux abonnés absents, mais on a déjà les prémisses de l’interface qui sera celle des utilisateurs jusqu’en 1995.

J’ai donc fait une vidéo pour montrer l’évolution des premiers MS-Windows.

Y a pas à dire, c’était pas gagné d’avance 🙂