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Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

jeudi 8 novembre 2018 à 11:52
Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

J’ai remplacé la pâte thermique faisant le contact entre ma carte graphique et son système de refroidissement. Il y a un peu de temps déjà, j’avais remplacé celui fourni par le constructeur par un nouveau bien plus performant : un Raijintek Morpheus II[1] surmonté par deux ventilateurs Noctua NF-F12[2].

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Le matériel nécessaire pour cette manipulation a été :

Pour commencer la manipulation, après avoir extrait la carte graphique de son boîtier, je l’ai déposée sur mon « plan de travail » (la table de la salle à manger), ventilateurs en dessous, exposant les vis retenant le radiateur.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Ces vis retiennent chacune un ressort qui augmente la pression du radiateur sur le processeur graphique. Il faut donc les enlever précautionneusement en dévissant chaque vis de quelques degrés à la fois puis passer à la suivante suivant la diagonale.

Avant d’enlever le radiateur, il est nécessaire de déconnecter tous les câbles qui font le pont entre la base de la carte graphique et son système de refroidissement. Une fois les vis complètement déserrées, il est désormais possible de retirer la carte graphique elle-même de son système de refroidissement. Si comme moi vous avez les cheveux longs, je vous conseille de les attacher parce que c’est à partir de cette étape que j’ai commencé à en retrouver un peu partout sur ma carte graphique au fur et à mesure que je la nettoyais (c’est l’automne, les feuilles tombent).

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Une fois que les surfaces de contact sont exposées, il est enfin possible de les nettoyer, c’est-à-dire les préparer à accueillir une nouvelle couche de pâte thermique. Je « mouille » donc un chiffon doux avec un peu d’alcool isopropylique et je le passe délicatement sur les surfaces salies par la précédente pâte thermique. La base du radiateur est totalement plane, il est donc très simple de la nettoyer.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique
Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Par contre, j’utilise un coton tige que je tamponne doucement sur les parties fragiles comme le processeur graphique. J’utilise ce coton-tige pour chasser les résidus de pâte thermique dans les creux et recoins entourant le processeur. Une fois le tout bien nettoyé, je passe un chiffon sec sur les surfaces de contact nettoyées pour en enlever les derniers résidus.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Une fois le tout nettoyé et séché, il est temps de sortir la pâte thermique de son emballage. Même si à peu près n’importe quelle pâte thermique de qualité fera l’affaire (Arctic, Arctic Silver, Noctua, Gelid… même en métal liquide si vous n’avez pas les mains qui tremblent autant que les miennes), j’ai choisi la Thermal Grizzly Kryonaut qui a l’avantage d’être livrée avec un applicateur à visser au bout de la seringue de pâte thermique que je trouve très pratique quand on a les mains qui tremblent, vu qu’il me permet d’éviter d’en étaler partout, râler, nettoyer, recommencer.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

À noter que la pâte thermique s’utilise avec parcimonie, ce n’est pas du beurre que l’on tartine malgré une consistance qui parfois s’en rapproche. La couche doit être relativement fine et servir à aplanir les surfaces en contact. Il ne faut pas en mettre trop si on ne veut pas se retrouver avec des résidus de pâte thermique sur les composants entourant le processeur graphique qui aurait été chassé de la surface sous la pression de la surface de contact du ventilateur revissé.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

L’étape suivante est justement le replacement du radiateur sur la carte. Pratiquement, il s’agit plutôt de l’inverse, replacer la carte sur le radiateur. Remonter le dissipateur de chaleur se fait en alignant les trous dans le circuit imprimé avec le vis hexagonales qui sont sur les clips à la base du radiateur. Il reste à aligner là-dessus la plaque arrière (le côté le plus mou en contact avec la carte graphique pour ne pas écraser les composants sous elle) et les vis à ressort. J’ai resserré les vis comme je les ai enlevées : des rotations de quelques degrés à la fois sur chaque vis en suivant les diagonales.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Il ne me restait qu’à rebrancher les ventilateurs à leur contrôleur pour que je puisse profiter de la vue de mon bricolage achevé : une carte graphique très bien refroidie grâce à un dissipateur de chaleur de rechange trois fois plus gros que celui d’origine, mis en contact grâce à une fine couche de très bonne pâte thermique.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Et sous un autre angle :

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique

Par contre, une carte graphique ainsi refroidie est bien plus lourde. Elle a donc tendance à s’affaisser, ployer à cause du radiateur dont elle doit porter tout le poids. Pour lutter contre cet effet, j’ai acheté une équerre de soutien qui se visse au même endroit que les équerres PCI. En plaçant un caoutchouc où l’équerre passe sous une surface plane des ventilateurs, j’empêche donc ma carte graphique de plier tout en obstruant au minimum le flux d’air entourant celle-ci.

Remplacer la pâte thermique d’une carte graphique


  1. À noter que ma carte graphique n’est pas jugée compatible avec le Morpheus II, le dissipateur VRM fourni n’est pas utilisable parce que trop court. Il n’est pas impossible que le Morpheus VEGA le soit plus mais je n’ai pas la possibilité de le vérifier. J’ai donc laissé le dissipateur VRM par défaut sur ma carte graphique. ↩︎

  2. Les ventilateurs sont raccordés à la carte graphique au moyen d’un adaptateur en Y de modDIY (en voici un autre). ↩︎

La Convivialité

samedi 22 septembre 2018 à 10:58
On juge votre orthographe, mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même.
La Convivialité

Pourquoi mettre un « t » à édit ou bruit (comme dans éditer ou bruiter), mais pas à abri dont le verbe a pourtant la même forme ? Pourquoi écrit-on « gelée de groseille » au singulier et « confiture de groseilles » au pluriel ? La marque du pluriel dépend-t-elle uniquement du temps de cuisson ? Le seul son [s] peut s’écrire de 12 manières différentes, et la lettre « s » peut se prononcer de 3 manières différentes ([s], [z], ou muette)… Voici quelques uns des constats, quelques unes des interrogations directrices de cette conférence grand public à propos de l’orthographe française.

« La Convivialité » est un moment ludique et instructif sur notre rapport à l’orthographe, alors que le sujet n’est pas nécessairement des plus attrayants mais toujours des plus clivants : c’est quand on aborde la possibilité de sa réforme que les réactionnaires sortent du bois. Une passion pour certains et un chemin de croix pour d’autres, l’orthographe s’inscrit comme un évaluateur tout le long de notre scolarité alors que son évolution est faite d’erreurs et d’incompréhensions, de raccourcis et d’illogismes. Bref, l’orthographe française, par sa complexité est un marqueur social qui permet de faire le tri.

Ce débat passionné entourant l’orthographe française est mené Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, deux belges diplômés en philologie romane. Ceux-ci dépouillent, de manière drôle et instructive, les préjugés durement ancrés concernant la langue française et son instruction.

Et comme ceux-ci le disent d’entrée de jeu :

Fini le baratin. L’écriture ne constitue ni la finalité ni la nature première du dire. Inutile d'alourdir la plume par une pénible fioriture. Si le code s’améliore, il définira une manière directe de traduire le son par le signe, libre de toute morale.

Source : La Convivialité, spectacle complet sur RTBF Auvio, 03 septembre 2018.

Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

dimanche 15 avril 2018 à 16:16
Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

J’ai profité du renouvellement de mon matériel de bureau pour construire un « nouveau » PC pour mon meilleur ami. Récupérant mon ensemble processeur-carte mère-RAM datant de fin 2008, il ne lui restait « plus qu’à » investir dans le reste de la configuration qui j’espère aura une longue vie.

Ce qui est récupéré Modèle
Processeur Intel Core i7-920 (4 × 2.66GHz)
Ventirad Noctua NH-U12P et un seul Noctua NF-F12 PWM
Mémoire vive 6 × 2 Go DDR3 1333 MHz
Carte mère ASUS P6T Deluxe V2
Carte d’extension Silverstone EC01-P
Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

J’avais remplacé les deux Noctua NF-P12 d’origine pour le remplacer par un seul P12 PWM. Ce dernier a une vitesse de rotation minimale deux fois plus lente que ceux d’origine, une consommation électrique moindre pour un débit d’air comparable si pas plus important. Il est encore possible d’en ajouter un deuxième afin d’augmenter le flux d’air et laisser la vitesse de rotation des ventilateurs le plus longtemps au minimum.

La carte d’extension Silverstone offre quant à elle la possibilité de raccorder une prise USB3 à la carte mère qui, datant de fin 2008, en est bien évidemment dépourvue.

Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

Il ne restait plus qu’à construire une machine sur cette base, en faisant attention à ce qui est acheté puisse être récupéré et utilisé dans des configurations ultérieures.

Les composants achetés ont été sélectionnés dans l’optique d’un compromis difficile entre des performances acceptables tant pour une utilisation multimédia que du développement ou de l’hébergement décentralisé, qu’un faible bruit. En effet, la machine tournera en permanence dans le salon et il est donc exclu qu’elle fasse un boucan d’enfer.

Pour choisir la carte graphique, j’avais en premier lieu regardé du côté de celles ayant à dissipation passive (fanless). Si ces cartes font en soi le moins de bruit puisqu’elles sont dépourvues de ventilateur, elles sont de fait largement moins puissantes qu’une carte à dissipation active. C’est pourquoi j’ai finalement opté pour une MSI GeForce GTX 1050 Ti GAMING X 4G qui est à mon sens l’une des meilleurs cartes de milieu de gamme profitant d’une technologie réduisant les bruits émis par les ventilateurs en les arrêtant dès que la carte passe en charge légère. Seul bémol à mon goût : le look effroyable du matériel MSI avec dragons et renforts de LED qu’il ne semble pas possible de désactiver définitivement à moins de trouver le câble d’alimentation des loupiottes et de le débrancher.

Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

Concernant le stockage, il fallait parer à toute éventualité : stockage de films, de musique, de jeux, d’environnements de développement, de machines virtuelles et de sauvegardes. Du coup, j’ai regardé du côté des disques estampillés pour NAS. Ayant moi-même un disque Seagate dont je me plains du bruit, j’ai choisi un Western Digital Red de 2 To (5400 tours par minutes, cache de 64 Mo). Il est de fait presque inaudible en raison de sa faible vitesse de rotation, et les performances sont honorables pour ce genre de disque. Ensuite, Debian a été installé sur un SSD Crucial MX500 de 500GB. Si les disques sont à la norme SATA III alors que la carte-mère, son âge oblige, ne supporte que la norme SATA II qui est deux fois moins rapide (3Gb/s vs 6Gb/s), les ports sont rétrocompatibles et pourrant profiter de leurs pleines performances à l’avenir.

La liste des caractéristiques que j’avais dressée pour choisir un boîtier comporenait une isolation acoustique pour qu’il reste le plus silencieux possible quand il tourne, des filtres à poussière pour ne pas devoir l’ouvrir à intervalles trop rapprochés afin de le nettoyer, le plus de ventilateurs d’origine et les plus grands possibles (d’un diamètre de 140mm et pas de 120mm), construit en matériaux solides afin de protéger le matériel de tout accident. Le modèle retenu a été le Fractal Design Define R6 qui répond à tous ces critères et propose un design sobre et uniforme du boîtier qui ne raccolera pas le regard dans son coin de salon.

Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

Enfin, l’alimentation choisie est entièrement modulaire, c’est-à-dire qu’il n’est besoin de brancher que les câbles dont il est besoin. À l’instar de la carte graphique, j’en ai cherché une dont le ventilateur (le plus grand possible, de diamètre supérieur à 130mm) est à l’arrêt sous faible utilisation et disposant d’un rendement excellent. J’ai donc choisi une Corsair HX850 répondant à ces critères.

Récupération de composants pour construire un ordinateur polyvalent

Le résultat final est plaisant, silencieux et se laisse oublier dans un coin de la pièce. L’usage dira si mon meilleur ami est satisfait de ce que lui offre la configuration actuelle, et le temps si les composants choisis ne souffriront pas d’être utilisés dans sa prochaine machine.

Comptabilité d’un hébergement indépendant, ça commence à coûter

dimanche 11 mars 2018 à 12:12
Comptabilité d’un hébergement indépendant, ça commence à coûter

Depuis quelques temps, j’orchestre une instance GNU social et une instance Mastodon. Chaque service est hébergé chez Hetzner Cloud sur son propre CX21 tout beau tout propre, que je loue en plus du serveur sur lequel j’héberge mes quelques services personnels dont ce blog.

Cependant, maintenir ces deux services en plus de ceux qui ne concernent que moi représente un coût que j’apprécierais voir soutenu par les personnes que j’héberge ou qui seraient intéressées de se joindre à l’aventure : chaque hébergement coûte 5,93 € par mois, chaque nom de domaine 14,52 € par an, soit un coût annuel de 85,68 € par an, par service (7,14 € par mois, par service).

Si quelques personnes pouvaient m’aider dans cette dépense, j’aurais la possibilité d’investir sur fonds propres dans un hébergement plus performant si et quand celui qui est en place arrivera à saturation, et d’être un minimum rétribué pour le travail d’administration que ces services nécessitent.

Les moyens pour m’aider financièrement sont les suivants :

Merci d’avance.

BBox 3, Dnsmasq et mega.nz chez Scarlet

dimanche 12 novembre 2017 à 11:08
BBox 3, Dnsmasq et mega.nz chez Scarlet

Un jour l'opérateur belge Scarlet, succursale de Proximus, a décidé de faire un blocage DNS sur le site MEGA et d’autres.

Avant, on pouvait s’en sortir en modifiant les DNS à même la BBox, le modem-routeur en carton de Proximus[1]. Or, depuis quelques itérations cette machine ne permet plus de changer les serveurs DNS qui lui sont attribués par défaut. L’opérateur se justifie en la matière de la sorte : le matériel qu’il fournit à ses clients ne doit pas permettre d’outrepasser le blocage qui lui est imposé par décision de justice[2]. Sauf que le blocage de certains sites déborde largement les obligations légales de l’opérateur qui est un peu trop pro-actif en la matière et en contrarie toute utilisation légitime[3].

BBox 3, Dnsmasq et mega.nz chez Scarlet

N’ayant pas encore investi quelques heures de mon temps nécessaires à la configuration d'un PC Engines légué par un gentil lecteur, j’ai plutôt cherché une solution à mettre en œuvre sur ma machine locale en utilisant Dnsmasq déjà mobilisé par le gestionnaire de connexion NetworkManager.

Installer le paquet dnsmasq afin que celui-ci puisse être utilisé par le gestionnaire de connexion Network Manager afin de mettre en cache les recherches DNS, permettant de raccourcir les délais de résolution.

sudo apt update; sudo apt install dnsmasq

C'est dans /etc/NetworkManager/NetworkManager.conf que l'on active l’utilisation de Dnsmasq, qui permet également de mettre en cache la résolution des noms de domaine.

sudo nano /etc/NetworkManager/NetworkManager.conf

Et là changer la ligne dns=... pour la suivante:

dns=dnsmasq

Ensuite, il ne reste qu’à déclarer des serveurs de noms (ici du French Data Network) par nom de domaine qu’on voudrait voir résolu. Ouvrir un fichier de configuration :

sudo nano /etc/NetworkManager/dnsmasq.d/custom.conf

Et ajouter une ligne similaire à la suivante pour chaque domaine dont on veut que la résolution DNS ne passe pas par celle de la BBox :

server=/mega.nz/80.67.169.40

Vous pouvez ajouter n'importe quel nom de domaine bloqué sans base légale par votre opérateur selon la structure server=/domaine.nom/DNS. Ensuite, sauvegardez le fichier et redémarrez NetworkManager.

sudo systemctl restart NetworkManager

  1. Actuellement, ladite BBox ne résout plus les noms de domaine en .local. Parce que tant qu’à refourger de la merde au client, autant y aller franco. ↩︎

  2. Référence souhaitée. ↩︎

  3. Dans mon cas, l’archive d’un obscur projet trouvé sur les forums d’XDA Developers. ↩︎