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Le Web est en danger, la réforme européenne du droit d'auteur pourrait tout casser.

jeudi 15 septembre 2016 à 00:00

Il y a trois jours, Mozilla, sous la plume de sa directrice des affaires juridiques et commerciales, Denelle Dixon-Thayer, a jugé « inadaptée » la proposition de la Commission européenne pour une réforme du droit d’auteur dans l’Union. Il est encore temps d’agir.

Voici ma traduction d’un billet de mon ami Nino Vranešič, Mozilla Rep et bénévole slovène. Il était présent, le week-end dernier à Berlin, où lui, moi et d’autres Mozilliens européens ont pu discuter de cette réforme et des moyens d’action, après une présentation depuis Bruxelles de Raegan MacDonald de l’équipe Net Policy de Mozilla.


Cela fait des décennies et des décennies que des lois sur le droit d’auteur (copyright) sont en vigueur.

Petite retrospective historique : la première Révolution Industrielle était basée sur l’eau et la vapeur pour mécaniser la production. La deuxième se fondait sur l’électricité, qui permit la production de masse. La troisième se fondait elle sur l’électronique connectée, et les technologies d’information pour automatiser la production. Aujourd’hui nous vivons dans la « quatrième Révolution industrielle », que l’on appelle aussi la Révolution numérique.

Navigating the next industrial revolution - timeline


La Révolution numérique se caractérise par une fusion de technologie et société. Elle brouille les limites entre les sphères physique, numérique, et biologique.

Mais ce n’est que le commencement. Nous développons constamment de nouvelles technologies : l’Internet of Things, l’impression 3D, Augmented Reality et Virtual Reality, quantum computing, nanotechnologies, biotechnologies, véhicules autonomes, etc.

On se confronte à des défis nouveaux et des opportunités infinies. On ne peut pas prédire dans quelle direction cette révolution nous mènera, mais l’Histoire suggère que cela pourrait être la combination ou même la multiplication des technologies existantes. Tandis qu’on continue d’avancer, encore et toujours, dans cette “Ère numérique”, nos lois se font de plus en plus vieilles et obsolètes.

C’est avec l’industrie de l’édition que l’histoire du droit d’auteur a commencé, historiquement influencés par les cadres socio-politiques et légaux. Jurgen Habernas a inventé le terme de « sphère publique » (public sphere), façonnée par la sociologie, la politique, l’économie et la loi.

Cette théorie peut être très utile pour comprendre n’importe quelle loi copyright à venir.

Public sphere theory


Dans ce contexte, les auteurs en tant que groupe ont historiquement joué un rôle important dans le développement des lois sur le droit d’auteur. Avec l’avènement du Web et Internet en général, les médias numériques ont transformé la sphère publique en changeant les modèles de discours publics. Internet a considérablement étendu la portée de la sphère publique. Les auteurs créent dans un espace global, et non plus dans des espaces publics limités.

On fait face à une révolution où chaque utilisateur n’est pas simplement un consommateur, mais aussi un créateur de contenu sur le Web. Internet est devenu une plateforme d’innovation, d’opportunités, et de créativité.

Handrawn poster - users must be actors


C’est ici que les artistes, les programmeurs, développeurs, hackers, entrepreneurs, éducateurs, chercheurs et tous les utilisateurs du Web créent, partagent, lisent et collaborent.

Reform copyright law in Europe !

La Commission Européenne essaie de concevoir un cadre plus européen pour le droit d’auteur, qui moderniserait les règles du copyright dans l’Union Européenne. Mais ils n’y parviennent pas. Certaines lois dans l’UE n’ont pas rattrappé leur retard avec la Révolution numérique. L’une d’elles est le Copyright legal framework, qui est obsolète et empêche ou même interdit (en fonction des pays) des fondements même de la plateforme ouverte qu’est le Web : collaboration et ouverture. Ce cadre légal a été écrit avant même qu’Internet ne change radicalement notre façon de vivre.

Ces lois s’opposent au style de vie du XXIème siècle.

Il est illégal de partager une photo des éclairages de la Tour Eiffel la nuit. Elles sont copyrightées. Et les touristes n’en ont pas l’autorisation, spécifique aux artistes.

Dans certaines parties de l’UE, créer un meme est techniquement illégal. Il n’existe aucune exception de fair-use à l’échelle européenne.

Dans certaines parties de l’UE, éducateurs, enseignants ou professeurs ne peuvent montrer des films ou partager des ressources éducatives dans une salle de classe, à cause de restrictions de droit d’auteur.

Vous trouvez que c’est absurde ?

C’est encore pire que cela. La Commission Européenne vient de proposer (14 septembre 2016) quelque chose qui pourrait enterrer nos espoirs d’un cadre légal du droit d’auteur qui puisse être moderne, flexible, et technologiquement neutre. Au lieu de tout cela, ils soutiennent le blocage géographique et la censure de contenus. Cela montre au mieux qu’ils refusent d’adopter la numérisation et l’innovation. Nous (les Européens) méritons mieux, et nous devrions nous battre pour nos droits.

Cette nouvelle proposition pourrait avoir de lourdes conséquences pour n’importe quel utilisateur du Web. Les éditeurs de médias obsolètes font pression (avec succès) à travers le monde pour restreindre le fait de partager des liens sur Internet.

L’Espagne et l’Allemagne ont recemment changé leurs lois pour mettre en place des frais à payer pour un lien vers un site web d’actualités. Les médias indépendants et les blogueurs ne peuvent plus travailler. Les aggrégateurs de contenu ont du mal à survivre, les petits médias voient leurs sites web dé-listés, et l’accès à la connaissance est restreint. Aujourd’hui, les anciennes firmes médias ont fait pression pour appliquer des lois de censures de liens à l’Union Européenne entière.

Les utilisateurs d’Internet et les entreprises devraient pouvoir partager des liens librement vers des contenus et des services de leur choix.

Les liens sont essentiels à la liberté d’expression en ligne, et les experts nous avertissent de l’évidence : censurer des liens viendrait à casser le Web tel que l’on le connait.

Les règles de la Commission incluent des méthodes chères et invasives pour surveiller et filtrer le contenu des utilisateurs. Cela signifie censurer certains de vos contenus favoris, qui pourraient littéralement disparaître des moteurs de recherche et du Web. Non seuls les utilisateurs de l’UE seront impactés, mais bien tous les utilisateurs du monde.

Vous trouvez ça encore plus absurde ?

Corrigeons le droit d’auteur ensemble. Voici trois choses qui peuvent aider :

1. Actualiser la loi européenne relative au droit d’auteur pour le 21e siècle. 2. Introduire de la souplesse et faire preuve d’ouverture pour encourager l’innovation et la créativité. 3. Ne pas casser l’Internet.


Battons-nous pour des lois qui ont du sens au XXIème siècle. Des lois qui soutiennent la créativité, l’inclusion, la diversité et la collaboration dans nos vies numériques.

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Dites à l’Union Européenne que nous avons besoin d’une loi du droit d’auteur qui soit meilleure, et moderne, et qui respecte les fondamentaux de l’Open Web.

Vous êtes avec moi ?
Signez la pétition dès aujourd’hui : changecopyright.org.

Nino Vranešič.

« J'ai mal à ma liberté. »

jeudi 19 mars 2015 à 00:01

Radio Paradise, une radio multigenre soutenue par ses auditeurs

mercredi 18 mars 2015 à 16:00

J’ai aujourd’hui décidé de soutenir une radio en ligne que j’écoute déjà depuis plusieurs mois. Petite présentation et partage de ce projet que j’apprécie tous les jours.

Quand j’écoute de la musique, le plus souvent, je lance la lecture de ma discothèque de manière aléatoire, et je la laisse tourner pendant des heures, que ce soit en arrière-plan ou pour de l’écoute active. Ne pas contrôler précisément ce que j’écoute me permet de redécouvrir sans cesse ma discothèque, qui ne peut que grandir au fil du temps.

L’idée de Radio Paradise est de proposer une radio en ligne sans aucune publicité, totalement musicale, et financée spécifiquement par ses auditeurs.

« Ce que vous n’entendrez pas : des listes de lectures générées aléatoirement et des publicités abrutissantes. »

Quant à la musique diffusée, elle satisfaira un très grand nombre. Les genres varient beaucoup. Toutefois, l’harmonie est bien présente car une attention très particulière est accordée à l’enchainement des musiques.

« RP est un mélange de nombreux styles et genres de musique, soigneusement sélectionnés et mixé par deux vrais êtres humains. »

Les deux personnes derrière Radio Paradise travaillent à temps plein pour gérer tout ça, et concevoir des listes de lecture harmonieuses, sans grand écart de genre d’une piste à l’autre. Et je dois avouer : ils y parviennent à merveille.
Ce d’autant plus que c’était dans cette optique que j’avais voulu me concevoir ma petite webradio personnelle, pour laquelle je concevais les listes de lecture avec soin.

Je vous la conseille donc, tout est sur radioparadise.com.

Radio Paradise, une radio multigenre soutenue par ses auditeurs

mercredi 18 mars 2015 à 16:00

J’ai aujourd’hui décidé de soutenir une radio en ligne que j’écoute déjà depuis plusieurs mois. Petite présentation et partage de ce projet que j’apprécie tous les jours.

Quand j’écoute de la musique, le plus souvent, je lance la lecture de ma discothèque de manière aléatoire, et je la laisse tourner pendant des heures, que ce soit en arrière-plan ou pour de l’écoute active. Ne pas contrôler précisément ce que j’écoute me permet de redécouvrir sans cesse ma discothèque, qui ne peut que grandir au fil du temps.

L’idée de Radio Paradise est de proposer une radio en ligne sans aucune publicité, totalement musicale, et financée spécifiquement par ses auditeurs.

« Ce que vous n’entendrez pas : des listes de lectures générées aléatoirement et des publicités abrutissantes. »

Quant à la musique diffusée, elle satisfaira un très grand nombre. Les genres varient beaucoup. Toutefois, l’harmonie est bien présente car une attention très particulière est accordée à l’enchainement des musiques.

« RP est un mélange de nombreux styles et genres de musique, soigneusement sélectionnés et mixé par deux vrais êtres humains. »

Les deux personnes derrière Radio Paradise travaillent à temps plein pour gérer tout ça, et concevoir des listes de lecture harmonieuses, sans grand écart de genre d’une piste à l’autre. Et je dois avouer : ils y parviennent à merveille.
Ce d’autant plus que c’était dans cette optique que j’avais voulu me concevoir ma petite webradio personnelle, pour laquelle je concevais les listes de lecture avec soin.

Je vous la conseille donc, tout est sur radioparadise.com.

La disposition BÉPO vaut-elle toujours le coup ?

jeudi 26 février 2015 à 05:32

(TL;DR) Mon enthousiasme pour la disposition BÉPO, après près de 4 ans, a faibli. J’essaie aujourd’hui de trouver du sens à mon sentiment, afin d’évaluer si, oui ou non, il est une bonne décision de continuer à l’utiliser. Du coup j’essaie des alternatives.

J’utilise toujours et encore la disposition BÉPO. J’y suis habitué, conditionné, et ne saurais même pas comment m’en passer de manière générale. À tel point que je songe à me forcer à repasser en AZERTY de manière occasionnelle, juste histoire de ne pas passer pour un ermite lorsque je dois me débrouiller avec un ordinateur qui n’est pas le mien.

Alors pourquoi un titre pareil ?

Parce qu’aujourd’hui, ma perception de la disposition BÉPO a changé. Il y a un an encore, je passais mon temps à la recommander, à n’en dire que du bien, et à secrètement rêver qu’un jour elle devienne beaucoup plus populaire qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, je m’en sers parce que j’y suis habitué et parce que les habitudes nous paraissent toujours si sacrées. Et il ne me semble plus forcément qu’elle soit aussi indispensable que j’aie pu le penser.

Du coup, il me faudrait dans l’idéal un bout de texte pour peser le pour et le contre et savoir où j’en suis (ce billet). Et plus spécifiquement, pour donner une idée de mon expérience après quatre ans d’utilisation de la disposition.


Ce qui me fait garder BÉPO.

(TL;DR) BÉPO me convient toujours car elle est ce qu’elle a toujours été, une disposition ergonomique et conçue pour une meilleure saisie du français. Et en plus de cela, j’y suis aujourd’hui plus qu’habitué.

J’ai passé des semaines entières, des mois entiers, à assimiler BÉPO. Et même si je l’ai fait de la manière la plus radicale qui soit (sans autocollants, sans cheat sheet, sans clavier), elle me parait aujourd’hui tout à fait naturelle. Et ça, c’est un effet absolument voulu. BÉPO est conçue pour être fluide, ergonomique, et agréable — et c’est pour cette raison qu’elle est si radicale et si différente. Elle repose le mouvement de mes mains et de mes doigts, et me permet en même temps de maintenir une vitesse de frappe plutôt élevée, avec la sensation d’une vitesse de croisière. Choisir une autre disposition serait renoncer à ça. Et je doute pour l’instant pouvoir trouver une expérience équivalente.

Le pouvoir de l’habitude joue un grand rôle. Et c’est la même raison qui explique pourquoi d’aussi nombreuses personnes qui entendent parler de BÉPO restent malgré tout avec leur disposition traditionnelle : ils y sont habitués, et finalement, cela vaut mieux que de tout bouleverser pour des avantages qui ne semblent pas bien concrets a priori.

Enfin et surtout, BÉPO représente pour moi la meilleure expérience disponible pour écrire en français, juste après le bon vieux stylo. Elle rend les diacritiques et les ponctuations accessibles, là où AZERTY ne permet parfois simplement pas de les écrire (je pense à « et » par exemple).

Ce qui me fait regretter BÉPO.

(TL;DR) BÉPO ne me satisfait plus dans diverses petites situations du quotidien. Toutes ces situations (ou presque) relèvent du fait que BÉPO soit une disposition exotique et radicalement différente. Les petits tracas que cela engendre s’accumulent et peuvent malheureusement agacer.

Je l’évoque à plusieurs reprises déjà : apprendre et assimiler BÉPO m’a demandé un certain effort, et du temps. Ça, c’est parce que BÉPO est radicalement différente des disposition de clavier classiques. Cette différence, si elle est nécessaire pour accomplir l’idéal ergonomique qui fait partie de ses objectifs, est un défaut. Car non seulement de complexifier l’adoption, cela complexifie l’interopérabilité.
Oui, BÉPO est facilement utilisable/installable sur la plupart des plateformes. Sauf que, parce qu’elle n’est malheureusement pas standard, elle vient à poser des soucis simples.

L’exemple le plus parlant : il faut toujours reconfigurer ses contrôles, partout, tout le temps. Cela sonne peut-être un peu comme de la paresse, mais il y a des facteurs agaçants qui s’ajoutent au lot. Je pense au fait que pour 2 jeux vidéos sur 3, reconfigurer Z Q S D sur l’équivalent BÉPO É A U I est une horreur absolue, car le caractère spéciale É n’a jamais été envisagé par quelconque développeur de jeux vidéos. Je pense aussi à des programmes, comme vim, qui reposent sur un très grand nombre de raccourcis clavier qu’il faut un à un repenser.

Dans un registre encore un peu plus pratique, que je mentionne rapidement au début de ce billet, il y a cette situation qui survient de manière récurrente dans laquelle je dois faire avec un ordinateur ou un appareil qui n’est pas le mien. Là, il faut utiliser de l’AZERTY. Car non, je n’ai pas toujours une clef USB BÉPO sur moi. Et dans ces multiples cas où l’AZERTY est nécessaire, c’est un peu la panique à bord. Je n’y suis plus habitué, je m’y perds, je cherche les touches, … BÉPO est si différente que l’apprendre m’aura complètement dépaysé et fait oublier ce que la majorité des gens utilise.

Tout cela, c’est sûr, j’aurais dû m’y attendre en adoptant une disposition peu répandue et qui n’est pas reconnue comme un standard.


Et maintenant ?

Si la décision de revenir à une disposition de clavier standard, utilisée et surtout pensée par tous, me titille, j’ai le réflexe de la renvoyer aussitôt contre un mur.
Ceci pour deux raisons intimement liées : (1) revenir à une disposition de type AZERTY serait un pas en arrière au niveau ergonomique et pour l’écriture du français ; (2) les alternatives manquent.

En fait, je pense que j’aimerais bien essayer une version un poil modifiée du QWERTY/AZERTY connu de tous, qui serait alors adaptée au français.

Oh wait.

kazé nous a pondu Qwerty-Lafayette, une adaptation du Qwerty-US pour les francophones. Certes ce serait un pas en arrière niveau fluidité et ergonomie, mais ce serait un retour vers un standard pour se faciliter un poil la vie. Rien ne coûte d’essayer.

J’appelle aux avis et aux conseils. J’avoue ne pas cesser d’y réfléchir (Bon ce n’est pas bien grave non plus, hin).

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