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Perso : Un nouveau départ

dimanche 14 octobre 2018 à 07:30

Le petit a eu 3 ans et est rentré à la maternelle. Ça fera 10 ans à la fin de l’année que je suis avec Madame. Vous êtes en train de lire mon 401ème article. Je commence à m’ennuyer sur Linux. J’ai passé un cap au boulot (après plus d’un an à cravacher). J’ai posé les bases de mes réflexions sur l’égalité, le féminisme et la justice sociale. Depuis la rentrée j’ai un rythme plus serein et sain. Les premiers désaccords se font sentir.

Je n’ai jamais autant bidouillé et bouffé du Linux que ces 3 derniers mois, pourtant je n’ai pas fait plus d’articles techniques. Je me dis que je devrais arrêter d’avancer et partager tout ce que j’ai accumulé. J’y songe sérieusement, j’ai une dette en terme d’articles qui dépasse 1 an maintenant.

J’ai migré sur Mint et… tout s’est très bien passé. Je m’ennuie tellement que je me suis occupé de petits détails et soucis que je n’avais jamais pris le temps de régler. Un saut de Ubuntu à Mint paraît dérisoire mais il ne faut pas oublier le contexte professionnel. La prudence était de mise, toute la journée je bosse dessus, il faut que ce soit sans (mauvaise) surprise. Le prochain saut sera fort probablement sur Arch mais avant : Zsh, tiling window (i3, Sway) et scripting.

En même temps que mes connaissances et mon niveau sur Linux augmentent, mes besoins et centres d’intérêts deviennent plus confidentiels et pointus. Je vais parler de fzf pendant plusieurs articles, clairement si vous n’utilisez pas la ligne de commande ça ne vous intéressera pas. D’un autre côté je trouve sympa de montrer ce qu’on peut faire et comment.

Il semble que ma manière de bloguer déplaît de plus en plus ou fait débat, comme si je devais justifier de ma manière d’être, de penser, d’écrire et de publier. Si vous n’appréciez pas, il suffit juste d’arrêter de lire. En ce qui me concerne je veux juste faire mon truc dans mon coin sans emmerder le monde, impossible ?

On a tous à faire des choix, décider des priorités. J’ai l’impression que je vais être radical dans ma façon de faire. La tranquillité (récente et relative) de ma vie personnelle et professionnelle contraste avec les remous de ma vie en ligne et communautaire.

Je suis traversé par tous les possibles, je m’interroge sur les chemins à suivre. Préparez-vous à du changement, demain tout est possible.

Conseil à une jeune développeuse ou un jeune développeur

dimanche 7 octobre 2018 à 20:34

Le camarade Enguerran a écrit, il y a deux jour un article Conseil à un jeune développeur. Voici la problématique du billet :

Quel conseil donneriez-vous à un jeune développeur débutant comme moi ? Quelque chose que vous auriez aimé savoir quand vous aviez mon âge ?

Alors je sais ce que tu vas me dire, singulière personne lisant ce blog :

Dis, tu te permets de donner des conseils à une jeune développeur avec tes à peine 5 années de carrière ? T’as pas un peu chopé le melon !?

Alors — premièrement — tu te calmes — et deuxièmement — y’a pas de deuxièmement.

Donc mon conseil serait : prends garde à ton employeur.

Le monde du travail est un monde de requins. Rares sont les entreprises qui n’essaieront pas de te la mettre profond. Les SS2I en tête de peloton. Sache que — si tu travailles pour une telle entreprise — lorsque tu recevra ta première fiche de paie, tu pourras multiplier le montant en bas de la feuille par 3, 4, voire 5 pour connaître le prix que tu es facturé et la marge que l’entreprise se prend sur ton dos. Bien sûr, ce chiffre est secret. Mais c’est un secret de polichinelle. Ça te donnera un argument de négociation pour ta réévaluation de salaire après ta première année de carrière.

Les entreprises qui t’embaucheront tenteront, la plupart du temps de trouver tous les prétextes pour tirer ton salaire vers le bas : tu es junior, ton expérience d’apprenti.e compte pas — mais on est quand-même bien heureux d’exploiter ce que tu y as appris ! — tu habites en région où la vie est moins chère, bla bla bla… La salaire est le paiement de la location de ta force de travail à l’entreprise durant un temps déterminé. Cette location n’a pas moins de valeur que tu sois à Paris ou en région : ton travail fourni est le même. Ce n’est pas ton problème si ton entreprise sous-paie tes collègues en région. À Paris, un ingénieur débutant, ça vaut 42k€ à l’année. Point. Y’a rien à négocier. Alors en région, ça devrait être pareil.

Sache que l’entreprise cherchera souvent tous les moyens possibles pour que tu produises plus de valeur économique pour le même salaire. Sache qu’en termes marxistes, cela s’appelle de l’exploitation. N’accepte jamais, à aucun moment et sous aucun prétexte, de produire plus de travail que ce que tu es payé pour fournir. Si tu te rends compte, au bout de 2 mois dans l’entreprise, que la norme, ici, c’est de travailler 10h par jour et que tu es regardé de travers quand tu pars à 17h ou que tu arrives à 10h : démissionne. Sans concession. Ta vie personnelle n’est pas négociable. L’entreprise n’est pas ta famille. Le PDG n’est pas ton ami. Personne ne t’accordera jamais de faveur en échange des 50h par semaines que tu accorderas parce que si tu arrêtes de n’accepter qu’exceptionnellement, alors tout le monde trouvera ça normal de ta part.

Tu pourra entendre, de la part de ton supérieur hiérarchique — et particulièrement si tu es en SS2I et que c’est un commercial ! — reproches et culpabilisations lorsque tu n’est pas assez conciliant. On essaiera de te faire croire que tu as de la chance, qu’on t’a tendu la main et que tu devrais être reconnaissant de travailler ici. Si tu travailles pour une boîte qui fait du logiciel libre, on pourra même te dire que travailler pour faire du logiciel libre est une rétribution en soi et que peu ont ce privilège. Si, un jour, l’on te tient ce genre de discours, sache que ton emploi n’est pas ta passion. Tu travailles dans un temps donné dans une situation de subordination. Si les contraintes viennent de qui que ce soit d’autre que toi-même, alors ce n’est plus une passion. Un emploi est un contrat commercial. C’est du business. N’aies jamais de remords. Ne te sens jamais coupable. La seule chose qui devrait compter pour toi, c’est la fièreté d’accomplir ton travail consciencieusement dans le cadre de l’exécution de ce contrat. La reste n’est pas un argument. Ne te sens jamais redevable envers une entreprise. Si une autre t’offre mieux, te paie plus cher, ou te propose de meilleures conditions, pars. Sans regarder en arrière. Le travail est un marché. La force de travail s’y négocie. Les entreprises doivent comprendre la loi de l’offre et de la demande. Ça n’est que du business.

Pense toujours à toi, à ta santé, à tes désirs, à ton confort, avant de penser à l’entreprise. Tu ne lui dois rien de plus que ta force de travail dans un temps donné, dans le strict respect du code du travail et contre un salaire juste.

Mais voici un dernier conseil : toutes les entreprises ne sont pas mauvaises. Il y a des entreprises dans lesquelles il fait bon travailler. Il y a des entreprises qui respectent le code du travail et l’être humain qui opère la machine. Il peut aussi arriver qu’une entreprise dans laquelle il fait bon travailler devienne un cauchemard à l’occasion d’une restructuration, d’un rachat ou d’un changement de supérieur hiérarchique. Reste toujours vigilant.e. En cas de pépin, ne sois pas fort.e dans ton coin. Soyez fort.e.s à plusieurs. Les syndicats sont aussi là pour ça.

Parce que ta vie, ta santé et ton bonheur ne sont pas négociables.

Doux rêveurs, triste réalité

dimanche 7 octobre 2018 à 07:45

J’ai croisé ces mots :

Je m’inquiète beaucoup pour les gens qui cherchent un sens à leur travail (à leur vie ?). J’en fais partie.

La télévision, le cinéma, les séries, YouTube, Instagram vendent du rêve et ils le font très bien. Certains veulent travailler à leur rythme, sur des sujets qui les intéressent/motivent/passionnent, gagner de l’argent en ayant une vie de rêve ou en faisant ce qu’ils aiment. Rares sont les élus.

Des gens qui y ont cru et qui y croient encore sont nombreux, YouTube en contient un grand nombre. Ce que ne veulent pas entendre les créateurs désirant vivre de leur création, c’est que leur travail est du divertissement pour une majorité de personnes non prêtes à payer pour ça. Le nombre de vues est trompeur, 100000 vues pourrait faire croire que leur travail est apprécié/reconnu mais quelques clics ne coûtent rien et lorsqu’il s’agit de soutenir ou de sortir la CB, il n’y a plus grand monde. Faire une vidéo et gagner de l’argent, c’est pas le rêve ça !

J’appelle ça jouer à rêver. On se prend au jeu, on se prend à croire que c’est possible. Il n’est plus question d’atteindre un objectif raisonnable (mais tellement insipide…) mais de vivre dans un entre-deux où on travaille sans travailler en gagnant de l’argent sans en gagner. Ça fonctionne un temps, on y croit avant que les factures nous rappellent à la triste condition de notre existence.

Le travail ne fait guère rêver, on travaille par nécessité. Nous sommes nombreux à être incapables de nous lever/motiver pour aller faire un job qui ne nous anime pas.

Exigences, possibilités, peine

samedi 6 octobre 2018 à 07:45

Je pense faire partie du Libre car j’y contribue. Simultanément c’est parce que j’y contribue, que je m’en éloigne et que je vais m’en éloigner de plus en plus.

Je tiens beaucoup au Jdh, c’est une part de moi. S’investir dans un projet ce n’est pas que contribuer (par du code par exemple), c’est plus basiquement passer du temps dessus, résoudre les problèmes, répondre aux questions, communiquer. Plus on passe du temps sur un projet, plus on s’y attache personnellement. On s’investit dedans, on y met une part de soi.

Un jour arrive où le projet nous dépasse, il atteint une masse critique désignant une réussite mais surtout il apporte quelque chose, il répond à un besoin ou résoud un problème. Cette masse critique impose qu’on ne doit plus réfléchir en terme d’équipe (les quelques contributeurs derrière le projet) mais en terme de communauté. Que souhaite la communauté ?

D’un côté on doit écouter sa communauté car le projet est destiné à être un commun (appartenir à tous), d’un autre côté on a toujours que quelques (très) gros contributeurs qui naturellement veulent avoir leur mot à dire. Le projet fait partie d’eux et eux font le projet.

Prenons un exemple. Quand je vois cet article sur le Jdh, j’ai envie de le supprimer. Je ne le fais pas, il faut respecter l’opinion de chacun. Ensuite me vient l’idée d’aller expliquer pourquoi c’est n’importe quoi dans les commentaires. J’ai un mouvement de recul, je prends tout cela trop à cœur. Oui, évidemment. On veut toujours le meilleur pour ce(ux) qu’on aime(nt) mais on ne peut forcer personne à nous écouter, à suivre nos conseils. Il faut savoir lâcher-prise.

La communauté veut, 3 pèlerins réalisent. Quand on parle de ce problème, on se rend compte que ça touche quasiment tous les projets. Les exigences des utilisateurs sont loin des possibilités des contributeurs.

Ces exigences pèsent sur les contributeurs alors même que la vision et réalisation qu’ils ont du projet divergent de ce que désire la communauté. Double peine.

Inatteignable

dimanche 30 septembre 2018 à 12:00

Le nom de la dernière campagne Framasoft Contributopia est visiblement constitué des mots contribution et utopie, ce dernier ayant deux sens : A/ Plan imaginaire de gouvernement pour une société future idéale, qui réaliserait le bonheur de chacun B/ Ce qui appartient au domaine du rêve, de l’irréalisable.

Framasoft a fait les choses en grand avec des visuels créés par David Revoy. Le mot fantasy me vient à l’esprit, on parle donc du domaine du rêve, de l’irréalisable ?

Dans où va Framasoft j’avais souligné ce qui me semblait être un gros problème : Avoir un objectif adéquat et réalisable est plus sain qu’un objectif irréprochable mais inatteignable. Il faut faire des choix mais aussi des compromis au risque de déplaire car ne pas en faire condamne la démarche à l’impossible.

Je vois des projets qui ne demandent plus de contribuer mais bien de croire. On parle moins d’une action de contribution que d’avoir confiance et foi dans le projet.

Je m’interroge, quoi de plus confortable qu’un rêve, de plus inatteignable ? Ça permet de jeter toutes ses forces dans la bataille puisqu’il n’y en aura jamais assez, ça permettra de dire “on a tout essayé”, ça permet d’avoir une cause juste puisque parfaite, ça permet d’avoir un discours inattaquable car atteindre ce rêve est notre désir à tous, ça permet de fuir la réalité…

Les gens veulent croire. Ils veulent des causes justes, immaculées, simples à comprendre et à suivre : Les bons et les méchants.

Il me semble qu’en voulant souvent trop bien faire, on se fixe des objectifs inatteignables et finalement on échoue ou on abandonne prématurément.

On se ment, on ment aux autres, est-ce grave si ce n’est qu’un rêve ?