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Simplicité volontaire

samedi 19 mai 2018 à 08:15

D’après Wikipédia la simplicité volontaire est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation, ainsi que les impacts de cette dernière. Pour certains, cela serait en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs définies comme “essentielles”. Cet engagement personnel et/ou associatif découle de multiples motivations qui vont habituellement accorder la priorité aux valeurs familiales, communautaires et/ou écologiques.

Priorités

La vie est une question de priorités. Je pense avoir compris ça depuis que je fais partie du Jdh et du Planet-Libre. Tout le monde balance de bonnes idées qu’il faudrait mettre en place mais une poignée passeront en production. Il n’est pas suffisant d’avoir une bonne idée parce qu’avant il y a des points plus importants, urgents, simples ou juste qu’on a envie de mettre en place.

Il faut prioriser, faire des choix, savoir abandonner. Tracer notre route. Je crois que ces choix sont conditionnés par nos valeurs, qui l’on est, ce à quoi l’on tient.

Je suis blogueur, j’aime le net et le partage… et j’ai vu le net sombrer. Une de mes priorités hautes sera maintenant de participer à sa lente reconstruction.

Écologie

On parle du coût énergétique d’un mail, je n’ai pas encore vu ce type d’informations transposé aux réseaux sociaux. Qu’une personne mette une photo d’elle en vacances sur Facebook ne me dérange pas (beaucoup), elle informe son cercle restreint de proches (je simplifie). Qu’on publie des article de blog, plus ou moins longs, plus ou moins intéressants ne me dérange pas (du tout), ils sont en général construits, on use de notre liberté d’expression. En revanche le microblogging comme Twitter et Mastodon me pose problème. Envoyer un pouet/tweet pour dire “Bonne nuit” aux personnes qui “nous suivent” me parait une aberration. Les gens ne veulent pas être utiles, mais importants.

J’ai conscience qu’une phrase en plus dans un article, c’est confisquer du temps à mes lecteurs même de manière infime. Sur Mastodon un message comme “J’ai mangé un jambon beurre ce midi” va être lu par des dizaines de personnes de l’instance où l’on héberge son compte, je pense au fil local et global. Ce message devra être sauvegardé par l’hébergeur, ce message sera affiché sur des dizaines d’écrans et consommera des ressources système. Si on fait le bilan, on a le coût de l’attention et du temps consommé, le coût de fonctionnement et de maintenance liés à l’hébergeur, le coût des tuyaux (pour amener l’information), le coût de l’affichage. Aucune ressource n’est illimitée, ni notre temps, ni notre attention encore moins l’énergie consommée.

Il me semble nécessaire de penser (éco)responsable, particulièrement sur certains réseaux sociaux où l’inutile, le futile, la réaction immédiate, souvent bête parfois haineuse sont la norme. Un pouet/tweet a un coût, non négligeable, masqué et supporté en grande partie par votre “public”.

Écoresponsable

Écoresponsable : Qui fait preuve de responsabilité à l’égard de l’environnement. Pour moi le mot environnement a deux sens dans cette définition, l’environnement c’est-à-dire la Terre dont les ressources ne sont pas inépuisables mais également l’environnement dans lequel on est je pense au web, à notre attention limitée, à notre temps précieux.

Je considère Mastodon comme une brique et base essentielle afin d’avoir un outil qui respecte ses utilisateurs, ne pille pas leurs données personnelles, leur redonne le contrôle mais c’est largement insuffisant. Un couteau peut servir indifféremment à découper de la nourriture ou à tuer. L’usage qu’on fait d’un outil détermine sa finalité : ustensile ou arme, utile ou dangereux.

Si Mastodon ne sert qu’à déplacer le contenu de Twitter sur un outil libre alors nous manquons l’opportunité d’en faire un usage responsable. Nous sommes toujours dans l’illusion de la gratuité, de l’abondance, de l’inépuisable. Nous ne prenons toujours pas notre responsabilité individuelle.

Doit-on user d’une ressource simplement parce qu’on a la possibilité de le faire ?

J’ai supprimé des commentaires

jeudi 17 mai 2018 à 08:30

Mon Internet est mort mais j’arrêterais bientôt de vous gonfler avec ça car 1/ J’ai digéré la nouvelle 2/ La contre-attaque commence

Je pense qu’il est important de sensibiliser à ce que vivent les personnes qui créent, publient, partagent pour rappeler aux internautes leur rôle et leurs responsabilités dans ce qu’est devenu le net. La vie faisant bien les choses… j’ai supprimé mes 4 premiers commentaires.

Avant toute chose je voulais souligner et témoigner de mon amertume, de ma déception, de ma profonde tristesse d’en arriver là. Ça ne me fait pas plaisir de supprimer des commentaires, vraiment pas. C’est “juste” devenu nécessaire, c’est terrible de dire ça.

Contexte

Plantons le décor et parlons du contexte. Je publie Une cagnotte pour Péhä. Voici l’ambiance.

Je m’appelle Ange, j’ai 3 ans et je suis atteint d’un syndrome cérébelleux, mon cervelet ne fonctionne pas bien. Marcher, parler, me concentrer, me demandent de gros efforts. Pour faciliter mon quotidien, j’aimerais avoir ma chambre au rez-de-chaussée, car monter et descendre les marches de l’étage est un défi quotidien très dangereux pour moi.

Pour faire ma chambre il reste environ 10 000 euros à financer sur un coût total de 20000 euros, c’est une grosse somme mais chaque geste compte et nous rapproche un peu plus de la réalisation de ce projet.

Et le dernier message de sa mère sur cette cagnotte.

Coucou tout le monde.

Pour commencer, mille mercis à vous tous qui faites que la cagnotte bouge et que le futur rêve de ange devienne réalité.

Depuis 15 jours la vie de ange est bien compliquée. Il a chuté de sa hauteur du coup 4 dents de tombées, plus fracture de la mâchoire qui n’a pas été vue aux urgences. Il est resté 5 jours avec cette vilaine fracture d’où un début d’infection. L’opération a eu lieu mardi en urgence. Elle s’est très bien passée mais depuis, ange n’a pas fait le (deuil) de ses dents et du coup il nous fait un blocage alimentaire. S’il ne mange pas plus que maintenant il devra être hospitalisé pour lui mettre une sonde alimentaire.

Merci de votre soutien de votre aide à tous.

N’hésitez pas à continuer à partager la cagnotte.

swagger tireur de frites

Le 26/04/2018 10:53 par swagger tireur de frites.

Ça suinte le politiquement correct et le sucré consensuel, j’en ai la larme à l’oeil ;)

Le 26/04/2018 10:53 (quelques secondes plus tard) par swagger tireur de frites.

Y a jamais de cagnottes pour les pauvres français chômeurs ?

Je considère le spam comme du courriel non sollicité, de la pub pourrie. Je me demande sincèrement si et pourquoi on ne devrait pas considérer ces “commentaires” comme du vrai spam. J’entends par là leur retirer l’humanité qu’ils sont censés contenir (et qu’ils ne contiennent justement pas), ne pas les considérer comme le message d’une “personne”. Ce n’est pas de la publicité, ce n’est pas un bot qui l’a envoyé mais c’est tellement méprisant que ça me pousse à me demander si ça doit être lu ou “juste” balancé automatiquement à la corbeille. Retirer l’humanité de ce message, peu importe que quelqu’un l’ai pensé et écrit, ça ne vaut pas mieux qu’un traitement automatisé, la considération de spam et le déplacement à la corbeille.

Je vous invite à vous mettre dans mes pompes, à réfléchir à ce que j’ai pu ressentir en les lisant. Ensuite pensez à ce que pourrait ressentir la mère de Ange et Péhä. Est-ce que vous vous rendez compte du mépris, du manque de respect et de considération d’autrui ? Je me demande sincèrement si quelqu’un va se dresser dans les commentaires pour prendre la défense de swagger, minimiser son action ou argumenter, tenter une explication.

Je repense à Arpinux et nos échanges sur les commentaires. Je disais que c’était de la responsabilité de celui qui publie l’article et valide les commentaires de voir si il “communique”, “laisse passer” la haine. Pour ma part je la bloque. Alors camarade j’aurais dû publier ces commentaires ? Quels sentiments ils t’inspirent à toi Arp ?

Jojo

Je parle souvent du contexte, il est primordial pour comprendre les choses. Ci-dessous le premier commentaire reçu sur la cagnotte de Péhä.

Le 24/04/2018 10:40 par Jojo.

Bof, je vois pas trop le rapport avec le libre… Ok c’est triste, mais c’est pas le seul mec du libre avec des problèmes financiers ou de santé, alors si on devait tous les soutenir eux en plus de leurs projets, on s’en sortirait jamais. Je préfère filer du pognon pour voir des lignes de code en échange.

Difficile d’avoir des remords en supprimant les commentaires de swagger qui est méprisant, Jojo avance une argumentation, il dit juste ce qu’il pense, il réagit à l’article. Cette banalité est problématique, il se moque des conséquences, il est irresponsable. Moi j’imagine Péhä lire son commentaire juste après l’article et perdre foi en l’humanité.

Il y en a peut-être certains qui se disent que Jojo n’a pas tort… Une majorité écrasante de contributeurs à des logiciels libre (ou open source) le font sur leur temps libre, c’est-à-dire dans la vie réelle après le boulot, la bouffe, les problèmes de santé, les gosses, les courses, les tâches ménagères, etc. C’est l’ensemble des priorités hautes, le prioritaire ensuite vient le temps de la contribution sur le temps libre restant. Bizarrement avec un bras cassé ou un gamin à l’hôpital, on code moins vite. L’erreur se situe dans “les soutenir eux en plus de leurs projets”. Ne vous y trompez pas, si vous aimez Firefox, mpv, Caja alors ce sont les personnes qui bossent dessus qu’il faut soutenir. Un projet est porté par des contributeurs, c’est eux qui FONT, un logiciel ne se code pas lui-même avec ses petites papattes. Dire que vous aimez le logiciel libre en oubliant les personnes derrière, c’est se fourvoyer, passer à côté de l’essentiel.

J’ai supprimé ce commentaire non pas parce que Jojo a tort de mon point de vue, on se trompe tous, on a tous le droit à l’erreur mais parce qu’il m’était insupportable de penser qu’il serait lu en premier commentaire par tous et surtout Péhä. Censure, injustice, toute puissance ou parti pris du blogueur, faites votre choix et dites ce que vous en pensez dans les commentaires.

Prestatairesweb mathias

Le contexte encore, l’article BorgBackup, borg pour les intimes a été publié le 21/08/2016.

Le 01/05/2018 10:44 par Prestatairesweb mathias

Ah ouis ça a l’air intéressânt ^_^

Certains blogueurs se diront que c’est un commentaire bateau (ou passe-partout) avec l’URL pointant vers un site pro/commercial, c’est en effet une pratique courante sur les blogs pour faire de la publicité “déguisée”. Cette fois non, l’URL pointe vers un utilisateur Mastodon. C’est le “Prestatairesweb” qui me gêne, qu’est-ce qu’il fout là ? Devant l’inutilité du commentaire qui n’apporte rien et sur un article de 2016, j’ai décidé de le supprimer. Je pense qu’en temps normal je l’aurais laissé… pas la bonne semaine.

Voilà ce qu’est devenu Internet

Je m’excuse sincèrement auprès de Jojo et mathias si mes propos ont pu les offenser. Ils sont évidemment bienvenue dans les commentaires. A travers cet article j’ai voulu montrer que ce n’est pas seulement au blogueur d’assumer ses propos, ses actes, engager sa responsabilité, c’est à tous ceux qui publient un contenu : Articles, vidéos, commentaires, critiques, etc.

En tant que blogueur je suis soumis au jugement, à la critique. Ici je mets en lumière des commentaires qui auraient dû être publiés, visibles par tous. Je les soumets à votre jugement, à vos critiques. Je vous tend un miroir, j’espère que vous y voyez une personne qui respecte son prochain et prend garde à ses actes.

Sans respect, on ne peut rien construire collectivement. Sans respect, vivre ensemble et faire société est impossible.

Le marxisme est-il une théorie économique ?

dimanche 13 mai 2018 à 14:12

Je discutais récemment avec un ami keynésien de la question de si le marxisme est une théorie économique — comme le keynésianisme — ou une idéologie politique. Question complexe s’il en est, et, comme notre mode d’expression ne me permettait pas de développer une pensée complexe facilement, j’ai décidé de jeter quelques notes ici.

Commençons par dresser les grandes lignes de ma pensée et, en particulier la plus importante : tout est toujours politique. La politique est ce qui a trait à l’organisation de la cité. Par extension, tout ce qui concerne le modèle de société que l’on souhaite construire est politique. Cela emporte un fait important : puisque c’est politique, ce n’est pas naturel, au sens où il n’y a pas de réponse figée aux questions posées et que tout peut toujours être réinterrogé en permanence.

En cela, le premier nom de la discipline s’intéressant aux échanges économiques entre les êtres humains était assez honnête. Du temps d’Adam Smith, l’on parlait volontiers d’économie politique. Ce n’est que dans les années 80 que l’on a commencé à parler de sciences économiques dans une volonté de présenter l’économie comme une science dure, dont les règles peuvent être dressées aussi sûrement que des théorèmes mathématiques. Mais le fait qu’il existe encore un débat très vif au sein de la discipline prouve que l’exactitude de la science économique est plus une chimère qu’autre chose. En ce qui me concerne, l’économie politique est une science expérimentale au même titre que la sociologie ou la psychologie. On peut, bien sûr, mener des expériences pour comprendre les comportements économiques humains et en tirer des connaissances. Mais cette discipline reste entièrement dépendante de la nature chaotique et changeante d’une société humaine.

Cela ne signifie pas que l’on ne puisse pas étudier et théoriser ces comportements, bien sûr. Et c’est exactement ce que font la sociologie et psychologie. Mais cela signifie que cette science ne peut rien nous dire sur le modèle économique idéal à adopter. Cette question est une question politique. Dès lors, il faut absolument remettre en cause tout discours de soi-disant expert affirmant qu’il est nécessaire de mettre en place telle ou telle réforme pour améliorer l’économie d’un pays tant que l’on a pas interrogé le modèle économique, donc le modèle de société, que l’on souhaite mettre en place.

Et c’est exactement, à mes yeux, la différence fondamentale entre le marxisme et le keynésianisme.

Qu’est-ce que la proprié… le keynésianisme ?

Le keynésianisme est un courant de pensée économique né des écrits de John Maynard Keynes au alentours de la grande dépression des années 30 et élaborée pour y apporter une réponse. Pour comprendre cette théorie, il faut avant tout comprendre ce qu’est cette crise. Elle trouve sa source dans l’éclatement d’une bulle spéculative boursière en 1929 aux États-Unis. Comme, malheureusement, je n’aurais pas la place dans ce billet d’expliquer la nature d’une bulle spéculative et quels mécanismes sous-tendent sa formation et son éclatement, je vous renvoie à trois vidéos de la chaîne Heu?rêka qui expliquent la crise des subprimes de 2008 dont le déroulement est sensiblement le même. Dans la suite du billet, je considérerais que ces vidéos ont été vues et les mécanismes de bulle spéculative compris.

Après la seconde guerre mondiale, les origines de la grande dépression commencent à être comprises. Deux choses en sont à l’origine : la réduction massive de la demande par rapport à l’offre conduisant à une chute des prix (ce qui s’est passé dans l’immobilier américain au cours de la crise des subprimes) et la réduction massive des prêts accordés par les banques aux ménages et aux entreprises conduisant à une chute de l’investissement et de la consommation. L’argent se met à stagner dans des épargnes et cesse de circuler dans le circuit économique conduisant à une réduction colossale de la masse monétaire disponible dans l’économie[1]. À la suite de cette crise, Keynes imagine alors que, lorsque les banques se mettent à paniquer et cessent de prêter de l’argent aux ménages et aux entreprises, c’est le rôle de l’État d’assurer la continuité de l’investissement à travers une politique d’investissement public. Cette théorie donnera la politique du New deal menée par Roosevelt entre 1933 et 1938.

Le keynésianisme est dont une théorie économique dans laquelle l’investissement privé doit être secondé, voire contrôlé, par l’État qui a un rôle fort à jouer dans l’organisation économique du pays. En cela, cette théorie s’oppose aux divers courants libéraux — dont la théorie néo-classique aujourd’hui dominante dans les pays industrialisés — selon lesquels l’État a un rôle minimal à jouer dans l’organisation de l’économie du pays et le plus grand éventail de libertés doit être laissé à l’initiative individuelle.

Et là, une chose devrait vous sauter aux yeux : il existe, au sein de l’économie politique, divers courants de pensée qui font débat, qui ont des arguments valides et un modèle de société théoriquement viable. Et il n’y a aucune expérience claire et reproductible qui permette de déterminer quel système est le meilleur.

À mes yeux, il ne peut y avoir de preuve plus évidente que l’économie est politique et qu’à travers ses différents courants s’affrontent en fait diverses visions possibles de la société. Le keynésianisme est donc, certes, une théorie économique, mais ce n’en est pas moins pour autant une idéologie politique.

Dis, papa, c’est quoi cette bouteille de capitalisme ?

Le keynésianisme est une idéologie politique parce qu’elle propose, implicitement, un modèle de société dotée d’une économie capitaliste. Cette théorie politique ne remet pas en cause les bases théoriques et politiques du capitalisme. En fait, c’est une théorie qui ne se contente que de patcher les problèmes inhérents à une économie capitaliste financiarisée comme celle dans laquelle nous vivons. Une telle économie est, à mes yeux, structurellement incapable de fonctionner correctement ad hoc. L’histoire des économies dans lesquelles reigne le mode de production capitaliste s’annonce comme une immense accumulation de phases de croissance et de crises[2]. Ces crises sont d’ailleurs dites systémiques, c’est-à-dire qu’elles sont créés par le système économique lui-même. Et les causes qui en sont à la source sont toujours les mêmes : l’apparition d’une bulle spéculative sur le marché secondaire des biens ou des produits financiers[3].

Mais le keynésianisme, à aucun moment n’interroge les fondements théoriques et la légitimité d’un système économique capitaliste. D’ailleurs, quels sont ces fondements théoriques ?

Hé bien le capitalisme trouve sa source dans deux axiomes principaux :

  1. la défense de la propriété privée est un droit inaliénable (deuxième droit définit dans la DDHC de 1789…)
  2. il est légitime de tirer bénéfice de cette propriété (notamment la propriété des moyens de production, ce qui consistue alors le versement d’un dividende)

Ces deux axiomes sont interessants pour dresser un modèle économique. Mais ce ne sont que des axiomes. Et — comme les 5 axiomes d’Euclides qui permettent d’élaborer la géométrie que l’on apprend tous au collège, et constituent la base des théorèmes comme celui de Pythagore[4]leur remise en cause ne crée pas un système économique incohérent. Elle crée un système économique différent, mais parfaitement viable. De la même manière que, lorsque l’on remet en cause les 5 axiomes d’Euclide, on crée tout une série de géométries non-euclidiennes.

Le problème d’avoir évacué la politique de l’économie, c’est qu’il nous est alors impossible d’interroger les fondements politiques du capitalisme. La défense de la propriété privée et son exploitation lucrative, nous apparaissent alors comme des choses naturelles. Qui sont. Et ont toujours été.

Das Kapital, un yaourt onctueux avec des gros bouts de marxisme dedans

Or, ce que fait le marxisme, c’est précisément réinterroger les fondements politiques du capitalisme après en avoir analysé ses fondements théoriques et sa structure. Et voici la grille de lecture de la société que nous propose le marxisme :

  1. la société est divisée en classes sociales ; une affirmation que même l’INSEE approuve, bien qu’elle les appelle des catégories socio-professionnelles,
  2. parmis ces classes, deux groupes principaux se distinguent : les capitalistes qui possèdent les moyens de production et en tirent un bénéfice considérable, et les prolétaires, qui n’ont d’autre choix, pour survivre que d’aller s’employer auprès des capitalistes[5],
  3. ces deux groupes se livrent une lutte pour le pouvoir politique et économique.

Marx précise alors que, pour mettre fin à cette lutte politique et économique entre les classes, il faut donc mettre fin à la propriété privée des moyens de production en instaurant le communisme. Et… C’est tout.

La suite se joue dans les divers courants socialistes révolutionnaires apparus au XIXe siècle. Le plus connu, évidemment, et celui qui a donné les seuls exemples, à ma connaissance, de régimes communistes du XXe siècle, c’est le marxisme-léninisme ou communiste bolchevik. C’est un modèle de société que tout le monde connaît bien — et, certes prôné par Marx lui-même de son vivant, mais on ne peut avoir raison à chaque fois — dans lequel un État fort et bureaucratique planifie l’économie et possède toutes les entreprises.

Mais il existe bien d’autres courants de pensée. Et, en particulier, le communisme libertaire ou communisme anarchiste. Dans ce modèle-là, l’État est aboli et les entreprises remises entre les mains des travailleurs eux-mêmes. Vous vous demandez sûrement quelle est la différence avec le capitalisme : la propriété privée existe alors toujours ! Sauf que non. Car le titre de propriété est rattaché non plus à la personne, mais au poste de travail. L’on ne peut plus jouir des bénéfices d’une entreprise que si l’on y travaille. C’est-à-dire si l’on participe à la production de valeur économique.

Alors bien sûr, contrairement au kénésianisme, qui se contente de modifier un système économique existant, les divers courants de pensée du marxisme en réinventent un nouveau. Et se posent alors tout un tas de questions que je n’ai marlheureusement pas la place d’adresser dans ce billet. Par exemple : comment organiser l’investissement sans capitalistes et sans rémunération du capital ? Sachez que des modèles existent et, notamment, celui qui a ma préférence : le modèle de Bernard Friot.

Mais au final, le marxisme est-il une idéologie politique ? Oui, bien sûr. Tout est politique. Mais le keynésianisme aussi. Et, au même titre que le keynésianisme est une théorie économique, le marxisme l’est aussi. Car ce sont deux courants d’une discipline nommé économie politique.

P.S. : J’en profite pour redonner une série de documentaires produite par Arte sur la capitalisme et qui en détaille très bien son histoire et sa structure à travers la pensée de 5 économistes :

Notes de bas de page :
  1. Ceci est un résumé à la faucille ; je vous avais prévenu qu’il fallait regarder les vidéos ;)
  2. Reconnaîtras-tu la référence ? 😏
  3. Vraiment, si vous ne l’avez pas encore fait, allez voir les trois vidéos…
  4. Quelques explications ne feront probablement pas de mal
  5. « Le pistolet de la survie braquée sur la tempe », comme le dit Lordon

Autour de SSH

dimanche 13 mai 2018 à 11:15

Depuis que j’ai commencé mon nouveau boulot, j’ai bricolé des trucs mais je suis bien incapable de reconnaître si c’est bien ou cruellement mauvais. Pour rappel je suis autodidacte, il est parfois difficile de savoir quand on suit une mauvaise voie alors je partage avec vous ;)

Complétion SSH

On tape ssh luig, on appuie sur Tab, la complétion affiche alors ssh luigi.pizza.net.

Dans mon ~/.bashrc, j’ai complete -W "$(<~/.ssh/hosts)" scp ssh sshfsu qui me permet d’avoir la complétion pour scp, ssh et ma fonction sshfsu. Le fichier hosts n’est pas un fichier système, c’est moi qui le maintiens avec une liste des serveurs sur lesquels je me connecte. Ça marche parfaitement, rien à dire, je ne peux plus m’en passer. J’ai vu que certains parsent le fichier ~/.ssh/know_hosts. Sur Ubuntu par défaut le nom des hosts est hashé . On peut via une option SSH afficher en clair le nom des hosts dans know_hosts mais c’est déconseillé, ça abaisse la sécurité. Je vous renvoie vers l’article Sécuriser son fichier SSH known_hosts.

D’autres parsent le fichier ~/.ssh/config, je crois que c’est la solution que j’ai vu la plus souvent revenir. En ce qui me concerne, ça ne s’applique pas bien à mon utilisation. J’utilise une “bête” liste contenant plus de 200 serveurs. L’avantage c’est que c’est clair, simple, rien à parser. L’inconvénient, aucune automatisation. Je récupère la liste des serveurs de mon entreprise et l’envoie dans ~/.ssh/hosts via un script mais je parle d’automatisation directement avec SSH. Se baser sur ~/.ssh/know_hosts était clairement le bon plan. Le fichier se met à jour dès qu’on se connecte à un serveur et on l’a alors en complétion. Remarquons tout de même qu’à l’heure d’aujourd’hui où il n’est plus rare de jongler avec des centaines de conteneurs et serveurs, il peut être pertinent d’avoir déjà une liste bien remplie plutôt que la remplir au fil de l’eau en se connectant sur chaque serveur.

Comment procédez-vous de votre côté ? Pour Zsh, ça m’intéresse également.

ssh-agent

Wikipédia explique bien le concept de ssh-agent. Le but principal est d’éviter de retaper la phrase secrète de notre clé SSH privée 30 fois si on se connecte à 30 serveurs (je simplifie). Pour la majorité des distribs l’agent est chargé au lancement de la session graphique. Je suis sur Xubuntu et dans /etc/X11/Xsession.options, j’ai une option use-ssh-agent.

Il y a 247 manières de gérer le ssh-agent : manuellement, des fonctions dans ~/.bashrc, un service systemd (voir ArchWiki), j’ai retenu pour ma part Keychain (GitHub). C’est le plus simple je trouve, ça s’occupe de tout, ça gère SSH et GPG enfin je n’ai pas retesté depuis mais c’était le seul à ne pas me redemander ma phrase secrète lorsque j’ouvrais un nouvel onglet sur Terminator.

apt install keychainsed -i '/use-ssh-agent/s/^/#/' /etc/X11/Xsession.options # On commente la ligne use-ssh-agent sinon on a des messages d'erreurseval $(keychain --eval --quiet id_ed25519) # À placer dans ~/.bashrc

La prochaine fois que vous ouvrirez un terminal, il vous demandera votre phrase secrète puis terminé. Je vous renvoie vers l’article de Qanuq très complet sur keychain. Puisqu’on parle de ssh-agent je recommande chaudement l’article de Aeris sur ssh-agent + agent-forward.

Fonctions SSHFS

Au début j’avais appelé cette fonction sshfsup puis j’ai changé son nom en sshfsu, elle est à placer typiquement dans ~/.bashrc. Elle me permet de monter aisément un serveur via SSHFS : sshfsu server1.blog-libre.org. À noter que j’ai activé la complétion pour cette fonction. Vous pouvez remplacer /var par ce que vous voulez évidemment genre ~/, / etc. Merci de ne pas me souffler dans les commentaires “oh la la c’est pas très très bien/pro”, j’en ai besoin et le but est de partager, ça peut servir à d’autres dans un contexte non professionnel.

sshfsu() {cd && mkdir -p ${1%%.*}; sshfs cascador@$1:/var ${1%%.*}; (caja ${1%%.*} &> /dev/null &)}

J’utilise le Parameter Expansion de Bash, $1 c’est donc server1.blog-libre.org, ${1%%.*} devient donc server1.
cd && mkdir -p ${1%%.*} : Je me place dans ~/ puis crée le dossier server1
sshfs cascador@$1:/var ${1%%.*} : Je monte le serveur via SSHFS
(caja ${1%%.*} &> /dev/null &) : J’ouvre le dossier server1 dans le navigateur de fichiers (caja). A noter que j’aurais pu utiliser xdg-open à la place de caja ainsi ça aurait été le navigateur de fichiers par défaut qui aurait été utilisé, c’est ce que je vous recommande d’ailleurs

La fonction sshfsd (sshfsdown) me permet de démonter tous les montages SSHFS d’un coup (en général je n’en ai qu’un). Simple, efficace et élégante. Quelqu’un a mieux ?

sshfsd() {mount -t fuse.sshfs | awk '{system("fusermount -u " $3 " && rmdir " $3)}'}

mount -t fuse.sshfs : Je liste les montages dont le type de système de fichiers est SSHFS
awk '{system("fusermount -u " $3 " && rmdir " $3)}' : Grâce à awk (voir Input/Output Functions pour system) on prend la 3ème colonne qui correspond au point de montage (avec l’exemple de sshfsu, ça donnera /home/cascador/server1) puis on démonte fusermount -u et on supprime le dossier rmdir

Autres liens intéressants

Je vous invite à consulter les articles de la marque OpenSSH sur le Jdh et vous recommande particulièrement celui de Arnaud et Guillaume. Je vous rappelle également mes articles sur l’option Match de sshd_config et sur le bien utile sshrc.

Je n’ai pas parlé de ~/.ssh/config si je le fais ce sera dans un autre article, celui-ci étant déjà costaud.

Tcho !

Iceman, être et rester ouvert

samedi 12 mai 2018 à 19:00

Iceman est un blogueur découvert grâce à Cyrille (merci). Je dirais que c’est un « vrai » blogueur, il parle musique, cinéma, bd, réflexions, géopolitique, linux. Il parle de ce qu’il veut comme il veut en fait.

Avant de mettre un nouveau blog/site dans mon lecteur de flux RSS (FreshRSS), je lis quelques anciens articles puis je reviens jeter un œil de temps en temps aux nouveaux. Si ça me plaît, je finis par rajouter le fil dans mon lecteur RSS. Je n’ai jamais ajouté Iceman dans mon lecteur RSS. Je m’en suis fait la réflexion récemment. Je crois que dans ma façon d’aborder ses billets, je picore et je découvre. C’est un plaisir, une surprise renouvelés. Ça n’a rien à faire dans mon lecteur RSS au final, il fait partie de l’imprévisible et de la découverte, c’est ma fenêtre sur le monde du week-end.

Iceman parle justement du monde, mon dieu que c’est bon de lire quelqu’un qui ne parle pas que de la France ! Iceman est cultivé, on apprend des choses, on voyage. Il n’a pas de plan, pas de thème, il a juste comme nous tous des sujets qu’il aime et qui l’intéresse. Iceman ne plaira pas à la foule, il fait trop de choses différentes pour qu’on puisse le catégoriser. C’est là une force, la certitude de ne pas savoir de quoi parlera son prochain billet.

L’internaute casanier va lire et chercher ce qui l’intéresse, ce qui lui plaît, ce que son entourage ou sa communauté lit. Ne faites pas (que) ça !

Lisez des choses nouvelles et inattendues, écoutez de la musique que vous n’auriez jamais écouté, échangez avec des gens aux antipodes de vos idées, embrassez la différence, c’est comme ça qu’on découvre, comme ça qu’on développe son argumentation et son esprit critique, qu’on saisit les nuances, qu’on devient tout en nuance… et bien plus supportable en tant qu’être humain.

Je vous recommande chaudement son dernier article.