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Lilo, un moteur de recherche qui finance des projets sociaux et environnementaux

lundi 2 juillet 2018 à 08:49

Après discussion collégiale entre éminents blogueurs (ah ah ah), je spécifié que ce billet n’est pas sponsorisé.

“Il peut arriver aux gens de mettre en avant un produit par coup de cœur et pas par intérêt.”


Suite à mon billet de blog sur les messageries email, j’ai été contacté par l’équipe de Lilo. Je connaissais Lilo comme étant le moteur de recherche le plus éthique du net mais il s’avère que Lilo propose deux nouveaux projets dont je n’avais pas connaissance, un service de messagerie et un navigateur Android.

Ce fut l’occasion d’échanger par téléphone avec Marc, co-fondateur de Lilo, sur l’histoire et les projets en cours et à venir. Je me suis dit qu’il fallait en faire un billet afin de faire connaitre au plus grand nombre cette démarche qui mérite notre attention à tous, voir notre participation.

Lilo est un moteur de recherche

Lilo est un moteur de recherche qui permet de financer des projets sociaux et environnementaux. 50% du chiffre d’affaire généré par Lilo est reversé sous forme de dons à des projets sérieux et sélectionnés par l’équipe (nouveauté à venir: les internautes pourront eux-même choisir les nouveaux projets). Il suffit de voir les bénéficiaires pour s’en rendre compte. Chaque recherche effectuée permet à l’utilisateur de générer une goutte d’eau. Après un certain nombre de gouttes d’eau amassé, l’utilisateur choisit les projets qui bénéficieront de ses gouttes d’eau.

Le moteur de recherche utilise les résultats de Bing, Yahoo et Google tout en protégeant votre vie privée. Les Conditions Générales d’Utilisation sont très claires à ce sujet.

Lilo propose maintenant un service de messagerie

Marc m’expliquait à raison que l’utilisation que nous faisions de l’email était source de problème écologique : la (mauvaise) gestion des pièces jointes est génératrice d’une surconsommation de CO2. Si vous envoyez un email à 5 personnes avec une pièce jointe de 10 Mo, ce seront 50 Mo envoyés, lus et certainement stockés à vie inutilement dans 5 boites mails différentes.

La façon de gérer les pièces jointes de Mail Lilo ressemble à ce que l’on retrouve chez WeTransfer : une pièce jointe stockée sur un seul lieu, accessible à tous les destinataires de l’email. La consommation de CO2 est donc réduite de fait.

De plus, Lilo Mail ne lit pas vos emails. A chaque fois que j’écris cette phrase au sujet d’un service, je me dis qu’on est quand même tombé bien bas pour tolérer l’inverse par défaut chez les autres… Bref.

Le service mail de Lilo est basé sur un don annuel : vous donnez ce que vous voulez, le plus sera le mieux évidemment :)

Lilo est aussi un navigateur internet sous Android

Depuis peu, l’équipe Lilo a crée un fork de Chromium sous Android, Lilo Browser. Marc m’a expliqué qu’ils ont enlevé de leur navigateur toutes les traces se référant à Google. Le moteur de recherche Lilo est bien sur présent dans l’application.

En conclusion

Pour tout dire, ça fait un moment que j’utilise Lilo comme moteur de recherche par défaut à la maison et l’entretien avec Marc m’a convaincu de continuer. Rares sont les acteurs investis dans des causes sociales et environnementales et je salue cette initiative de passionnés.

On parle beaucoup d’économie sociale et solidaire en ce moment, et en dehors d’un effet de mode, je pense qu’un certain nombre d’individus ont décidé de prendre l’initiative, sans attendre de politique nationale ou de décision prise dans les hautes sphères. Comme constaté avec Marc, “chacun fait sa part”.

 

La tentation Shadow

dimanche 1 juillet 2018 à 22:01

J’ai l’intention de renouveler mon ordinateur principal à la rentrée. J’aimerais pouvoir travailler sur un plus grand écran, pouvoir faire de la conversion vidéo et refaire du jeu dans de bonnes conditions. Même si j’ai un bon PC avec un gros processeur et pas mal de RAM, cela reste tout de même une machine au format PC portable.

Dans un premier temps, je me tournais vers la solution classique : une tour avec de composants récents aux alentours de 800-900 € et un écran de 23-24 pouces entre 200 et 300 €. Il faut avoir un budget conséquent et avoir un espace dédié à la maison pour installer l’ensemble du matériel, ce qui reste encore un problème dans un appartement de taille moyenne en centre ville.

Puis un de mes amis m’a parlé de Shadow, une solution d’ordinateur distant. Vous vous connectez de n’importe quelle machine à un ordinateur surpuissant via votre connexion internet, et vous utilisez un bureau distant pour jouer. Le seul pré-requis est une connexion internet correcte. La configuration de votre ordinateur est extrêmement intéressante : processeur surpuissant, carte graphique de dernière génération, beaucoup de RAM et un espace de stockage décent sur un SSD.

Shadow est un service accessible à partir de 29.95 € par mois en s’abonnant un an. Il y a eu une opération découverte, 5 € pour 5 jours, que j’ai trouvé le moyen de louper.

Les feedbacks que j’ai pu avoir sont les suivants :

– des problèmes techniques au début, service non accessible pendant un moment, résolus depuis.
– connexion très correcte
– pas possible d’être sur un double écran, ce que certains gamers jugent obligatoires
– peut être un problème de latence pour certains jeux FPS pour les joueurs qui veulent faire de la compétition.

Pour ma part, cela reste très intéressant. J’ai des jeux dans ma bibliothèque Steam qui s’accommoderaient pleinement de cet environnement (Fallout, Borderlands 2…) et je pourrais envisager de me plonger (enfin !) dans des jeux solos d’aventure plus conséquents comme The Witcher 3 ou Dark Souls par exemple.

Plus besoin d’avoir un budget de 1300 € pour jouer dans de très bonnes conditions. Et cela me permettrait de rester sur une PC portable grand format au lieu du combiné tour + grand écran par manque de place dans l’appartement familial.

De plus, si mon Asus ROG venait à rendre l’âme, un simple achat autour de 500-600 € ferait l’affaire (écran de taille correct, qui se range dans un tiroir, espace de stockage local conséquent, dual boot sous Xubuntu…).

La réflexion est ouverte. Si vous avez des suggestions ou conseils, les commentaires sont là !

– Damien

Accepter et entendre la critique dans le libre

dimanche 1 juillet 2018 à 07:00

Je n’aime pas qu’on me dise comment je dois utiliser un outil/logiciel/produit. Si il est bien conçu/pensé alors son utilisation, sa prise en main sera simple et naturelle. Elle aura du sens.

Il est nécessaire de fournir une documentation évidemment. C’est une bonne chose de présenter, argumenter, justifier les choix effectués (fonctionnement, technos, architecture, UI/UX…) : Pourquoi on a fait ça, comment on l’a fait. Pourtant il y a une chose cruciale à ne pas oublier : Une grosse partie des utilisateurs ne lira pas la doc, se fout complètement de vos problématiques et justifications. Ils veulent un truc qui tombe sous le sens, qui soit pratique/utile pour eux, qui fonctionne de manière simple. Si l’utilisateur pense avoir affaire à un outil/logiciel/produit mal conçu, vos arguments et justifications n’en feront pas quelque chose de bien conçu. L’utilisateur adaptera peut-être son comportement, sera moins critique, plus compréhensif car il aura compris le pourquoi/comment mais cet outil/logiciel/produit demeurera mal foutu dans son esprit.

Je vois régulièrement ça dans le logiciel libre : “Bon c’est mal foutu mais voilà l’explication”… mais ça reste mal foutu ! C’est comme si on avait intégré/accepté l’idée que le logiciel libre est imparfait, mal fini. C’est une véritable culture. De là découle le très fameux “c’est un logiciel libre, contribue”. Non ! Il faut accepter, entendre la critique. C’est bien plus constructif que tenter une justification.

Il faut de l’empathie pour comprendre, c’est-à-dire se mettre à la place de l’autre (ici l’utilisateur). L’utilisateur dit “c’est mal foutu”, on lui explique que non et pourquoi puis on lui rappelle/rétorque “tu peux l’améliorer, tu peux contribuer”. Il est intéressant de souligner que souvent on lui explique qu’il a tort en justifiant un choix technique par exemple alors que l’utilisateur donne seulement/simplement son ressenti.

J’aime bien la blague (certains appellent ça un argument) de la possibilité de contribuer. Quiconque a déjà contribué sait que c’est loooooooiiiiiiiinnnn d’être simple. En vrac complet : 1/ La doc est en Anglais, on communique en Anglais, on remonte les issues en Anglais 2/ Prenons GitHub. Il faut connaître (de “simples” utilisateurs ne connaissent pas), il faut avoir un compte, il faut savoir créer/remonter une issue ou un bug 3/ Il faut savoir. Combien d’utilisateurs sont à des années-lumière de pouvoir juste expliquer de manière compréhensible le problème rencontré ? 4/ La contribution simple, systématique, rapide, on n’est pas loin du mythe. Une pull-request peut rester des semaines/mois sans être pushée dans le projet, évidemment elle peut être rejetée. Ce n’est pas parce que le logiciel est libre que les contributions sont systématiquement acceptées et que l’accueil est chaleureux (il est souvent inexistant). Pour la simplicité, voir les points précédents

Oui il est possible de contribuer en théorie, dans la pratique c’est nettement plus compliqué. L’utilisateur signale juste un problème, il n’est pas dans une démarche/réflexion pour contribuer et même si il l’était, le chemin restant avant qu’il le fasse est long et difficile.

Une majorité d’utilisateurs est dans une position de consommateurs. L’utilisateur n’est pas satisfait, il le dit. Le sympathisant du libre, le contributeur doit se mettre à son niveau, comprendre son besoin. Il doit lui tendre la main sinon l’utilisateur restera déçu, impuissant et incapable d’utiliser l’outil/logiciel/produit pour finir par aller voir ailleurs.

Certains penseront que ce n’est pas une grosse perte. Je cite une devise Framasoft : “Parce que ce serait l’une des plus grandes opportunités manquées de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d’autre que du code”.

Le forum des bons pères de famille

samedi 30 juin 2018 à 07:00

Je fais partie de la communauté des blogueurs parlant du Libre. Le mot communauté est probablement trop fort, c’est davantage de la camaraderie. Les blogueurs qui s’adressent au grand public pas (uniquement) à des techniciens/pros, qui publient en essayant d’être accessible/vulgarisateur, ça commence à être dur d’en trouver.

Chaque blogueur est indépendant, il fait son truc dans son coin, il parle de ce qu’il a envie de parler. Il est difficile de le convaincre de rejoindre une équipe car il n’y verra quasiment aucun avantage : Moins de liberté, plus de contraintes, outil de publication (site ou blog) imposé et unique. Il est cependant nécessaire qu’on se serre un peu tous les coudes, blogueurs et lecteurs. Le risque bien réel, c’est qu’il ne reste plus de blogueurs ou vraiment peu de thèmes traités.

Cyrille tient le forum des bons pères de famille. Dans mon esprit ça renvoie à une certaine responsabilité, à un minimum de vécu. On y parle informatique, Libre, éducation, vie courante. C’est respectueux, on s’y écharpe pas pour une différence de point de vue (genre Lignux), on partage des liens et des astuces. C’est un territoire neutre pour échanger, partager, poser des questions, lancer des réflexions. Un endroit où lecteurs et blogueurs peuvent se croiser, où on peut s’entraider, briser la glace.

Denis, Damien, Alterlibriste, Iceman, Odysseus y traînent, je vous invite à venir, vous savez où me trouver ;)

En équipe

vendredi 22 juin 2018 à 17:30

La fatigue, la solitude, la lassitude, le manque de temps, des priorités plus hautes, la perte de motivation guettent le bénévole. Les remerciements et encouragements sont rares, les salutations ont disparu depuis longtemps.

Les équipes qui fonctionnent sont soit soudées c’est-à-dire que les individus sont “proches” soit contraintes comme dans le monde de l’entreprise. Un bénévole n’ayant aucune contrainte autre que sa propre volonté abandonnera projet/équipe au bout de quelques frictions seulement.

Aujourd’hui chacun porte son projet dans son coin, chacun réinvente sa roue. Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin et justement on n’arrive plus à aller bien loin. Individualisme, disparition d’une certaine fraternité/solidarité, croyance qu’on peut se passer d’autrui, respect nécessaire devenu optionnel. Chacun sa gueule.

Je suis fatigué en ce moment par les façons de faire, de dire les choses autour de moi. Comme un déficit d’attention et d’empathie pour l’autre. Les bons et les méchants, ceux qui ont raison et ceux qui ont tort, les sachants et les imbéciles, les privilégiés et les minorités. Autant de barrières érigées avec des mots et des idées pour empêcher de se rejoindre.

Montrez que vous avez du cœur plus que des arguments, pardonnez plutôt que prouver, écoutez au lieu de parler, respectez l’autre avant d’exiger qu’il vous respecte.

Je ne suis pas sociable, très indépendant, solitaire par nature mais je ne sais jouer qu’en équipe parce que sans les copains derrière, sans les proches et les gens qui poussent, plus de raison d’avancer. Toutes les raisons d’arrêter.

Je dédie ce billet à Alterlibriste – meilleur vieux croûton à la retraite – qui titre Que reste-t-il du logiciel libre ? Nous ! Il ne reste plus grand monde mais on va se serrer les coudes, j’espère.