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Voiture et vélo aux Sables d’Olonne

dimanche 18 août 2019 à 08:30

Nous sommes aux Sables d’Olonne pour quelques jours, vous êtes en train de lire un article « famille ».

J’ai fait un point sur la location de vélos pour 3 jours, ça paraissait une évidence pour nous, ce sera NON. Première fois que nous venons aux Sables, arrivés depuis 3 jours, pas assez pour une opinion définitive sur la destination mais bien assez pour souligner ce qui me gêne.

99 euros : Location pour 3 jours de 2 VTT 60 euros (VTC même prix), 2 casques 8 euros, 1 remorque 31 euros. Le petit fait du tricycle pas encore de vélo. La remorque qui fait un tiers du prix pourrait être remplacée par un siège bébé mais 1/ Le gosse adore 2/ Entre le petit sac de ville de Madame, les jouets de plage du gosse, les 2 sacs fringues propres et serviettes, la remorque est plus logique et simple niveau choix

Je ne reviens pas sur le prix, trouver 20 euros moins cher ne change rien au problème. Évidemment je ne critique pas le fait que les vélos doivent être achetés, maintenus/réparés, qu’il faut que l’entreprise puisse vivre de ces locations. Je ne suis pas pour des solutions à 50 euros où l’entreprise tire la langue, ne fait aucun bénéfice et paye ses employés ou saisonniers au lance-pierres.

La majorité des places disponibles pour les autos sont payantes près des plages de la ville, 2,20 euros les 2h puis 0,5 euros par demi-heure supplémentaire. La première remarque qui me vient, ça trie à l’entrée. Une bonne partie des familles « populaires » ne claquera pas 4 euros pour passer un après-midi à la mer garé correctement. Une hypocrisie de plus que je ne supporte pas, on ne dit pas les pauvres dehors, on fait juste en sorte que ça ne soit pas tenable financièrement pour eux.

Je vais donc payer 4 euros multipliés par 3 jours soit 12 euros en stationnement. On ne doit pas consommer plus de quelques euros d’essence par jour, une journée typique va être une sortie/ballade/bouffe puis retour à la maison et quelques heures à la plage puis retour. J’ai choisi un airbnb où on est à 10 mn en vélo de la plage sans se presser, pas loin du tout. Se déplacer et se garer en voiture pendant 3 jours nous coûtera autour de 30 euros, un tiers du prix des vélos… pas pour demain la transition alors que le lieu se prête particulièrement au vélo, nous sommes proches de toute commodité.

En ce moment mes réflexions me mènent à la notion de confort. J’ai l’argent pour les vélos, je fais le choix de prendre la voiture car c’est nettement moins cher, plus sûr, viable sous la pluie. Si demain la voiture était strictement interdite dans le monde, je prendrais le vélo ou j’irais à pied. Un moyen de dire qu’à titre personnel on peut changer les choses mais qu’au niveau politique et sociétal davantage. Pour résumer mon idée, le changement viendra d’en bas mais penser qu’il fonctionnera sans intervention politique est une erreur. Il faudra forcer les choses et les gens. Réflexion basique, la loi contraint à ne pas rouler en voiture, tu roules pas en voiture. Bizarrement la planète s’en portera mieux même si on est d’accord que le débat se focalise souvent sur la voiture quand les gros pollueurs sont ailleurs.

J’en reviens au stationnement. Nous sommes allés au port où se trouvent de nombreux restaurants. Une ligne de bus dessert l’endroit de manière minable au regard du nombre conséquent de personnes dans les restaurants, nous sommes en pleine saison touristique. La politique de stationnement est intéressante : 2,20 euros les 2 heures, 4,40 euros les 2 heures et demi, 25 euros les 3 heures. Le but doit être de faire circuler/bouger les gens au bout de 2h, à noter que la prune est à 17 euros si vous payez dans les 48h puis 75 euros ensuite. Un restaurateur me disait qu’il perdait de la clientèle et que certains clients ne payaient pas le stationnement puisque avoir une prune de 25 euros (minorée à 17) ou payer 3 heures 25 euros autant jouer avec le feu. Personnellement au bout de 2 heures je suis allé changer le ticket. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion que l’horodateur sur lequel on renseigne sa plaque d’immatriculation devrait être en mesure de dire : « Hé coco tu me prends pour un con là, tu as pris un ticket pour cette plaque il y a 2 heures, tu circules ! »

Je n’arrive pas vraiment à blâmer la municipalité. Pour éviter l’anarchie niveau stationnement, il faut faire payer le stationnement et passer police municipale + fourrière. Vendredi 16 août à 21h police et fourrière tournaient. Quelle autre solution ? On ne peut pas trouver de la place pour construire un parking, il n’y a même pas de marquage au sol pour les vélos je suppose par manque d’espace (taille de la route). Certains mauvaises langues diront, tu te gares loin, tu marches. Bien sûr mais mon propos est de souligner à travers un exemple vécu que rien n’est satisfaisant niveau municipalité (stationnement et restaurants), voiture et vélo. Au final l’interdiction complète aux voitures sur le port serait la bonne solution mais politiquement bonne chance.

Il me semble que dans ma manière de penser et d’écrire, j’ai besoin de fluidifier ma parole : Faire des articles beaucoup moins intéressants pour vous mais m’exercer davantage à mettre des mots sur des maux. Comme beaucoup de blogueurs, j’écris quand quelque chose me fait réagir/réfléchir. La pollution, l’écologie (et même les valeurs à transmettre à mon fils comme le vélo versus la voiture) sont des sujets qui me préoccupent même si je n’en ai jamais parlé ici. En tant que civilisation et au regard des données scientifiques sur la planète et le climat, on est mal barrés. À défaut d’avoir amorcé des changements j’y réfléchis, je m’informe, j’échange et je partage.

Et si on arrêtait d’avoir peur ?

samedi 3 août 2019 à 06:45

Voyage vers le minimalisme (et l’écologie)

jeudi 1 août 2019 à 12:23

L’écologie est un sujet primordial en ce moment. Canicules, manque d’eau, feux de forêts considérables, pollution de l’air, des mers, des terres, fonte massive des glaces dans les pôles… ces problèmes ne sont plus cantonnés à quelques parties du monde, lointaines et éloignées. C’est arrivé près de chez nous, comme le dit le titre du film.

Quelle(s) réponse(s) apporter ? Individuelle, collective ? Par l’action des pouvoirs publics et de la loi ? Par l’entreprise et sa RSE ? Par les associations ?

La société de consommation dans laquelle nous vivons se rend compte qu’elle est fichue : comment continuer à produire et à vendre n’importe quoi à n’importe quelles conditions et à vils prix ?

A la lecture du billet de Cyrille sur Consumérisme, minimalisme et billet vert, la réponse est bien celle du minimalisme, un minimalisme applicable dans tous nos comportements. Dans notre façon de percevoir notre environnement et d’interagir avec lui.

Voyager dans le minimalisme, c’est refuser l’influence de la société de consommation et agir dans le respect de l’environnement. C’est ne pas attendre une solution politique ou une hypothétique nouvelle solution technique à nos problèmes immédiats : la destruction de notre environnement et la déshumanisation des rapports sociaux.

Je me suis replongé dans mes archives et j’ai republié les traductions effectuées à l’époque du site theminimalists. Ma traduction n’est pas exceptionnelle et ne comporte pas l’intégralité du projet mais cela peut vous inspirer et vous donner de nouvelles perspectives.

C’est ici pour le voyage vers le minimalisme.

La logique des corps

dimanche 28 juillet 2019 à 08:00

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Lons-le-Saunier a reconnu la société Pelizzarri coupable de « faute inexcusable » pour ne pas avoir protégé Serge P., 49 ans, contre le cri strident des cochons et le bruit des machines de la porcherie. Sa surdité avait été reconnue comme maladie professionnelle en 2012. « Je suis très content, ça fait cinq ans que je me bagarre et finalement la justice a reconnu la faute de mon patron », a déclaré M. Personeni. Il a été employé de septembre 2001 à février 2008 dans trois porcheries de la société Pelizzarri dans le Doubs et le Jura. Le tribunal a estimé que l’employeur n’avait pris aucune mesure pour protéger son employé du bruit, mesuré entre 121 et 133 décibels au moment où les cochons sont nourris. D’après la réglementation en vigueur, les employés doivent recevoir des protections lorsqu’une exposition sonore dépasse 85 décibels.

Sources :
https://www.lepoint.fr/insolite/un-operateur-de-porcheries-condamne-pour-le-cri-de-ses-cochons-12-09-2013-1723508_48.php
https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/assourdi-par-les-cris-des-cochons-un-homme-fait-condamner-son-employeur_409615.html

Douleur et réaction

Nous sommes mortels. Le corps humain nous envoie des signaux pour nous informer quand ça ne va pas. La douleur devrait engendrer une réaction logique et immédiate : Quelque chose me fait souffrir, je dois m’en occuper en priorité. Quoi de plus important que la santé ?

Durant plus de 6 ans cet employé a été soumis à un environnement très bruyant jusqu’à devenir sourd. Son corps, sa vie, sa responsabilité. Nous sommes les premiers responsables de l’état de notre corps et de notre santé. Pourquoi il n’a pas acheté un casque antibruits à 30 euros pour se protéger ? Il n’est pas question d’accabler davantage cette personne mais faut-il attendre de tomber malade ou souffrir inutilement pour se protéger ?

Oui légalement et pénalement l’entreprise doit veiller à votre santé/sécurité et vous fournir le matériel adéquat pour exercer votre métier MAIS C’EST À VOUS DE PRENDRE SOIN DE VOTRE CORPS à tout moment et dans toute situation.

Cette affaire montre que beaucoup d’employés ne dépenseront pas un euro alors que leur santé est en jeu quand c’est à l’employeur de fournir le matériel et les protéger. J’ai vu des personnes sur des sièges cassés, un accoudoir manquant, le dossier branlant ou l’assise penchée. J’ai vu des personnes bosser avec des souris à boule il y a encore 2 ans et batailler avec pour cliquer au bon endroit. Je vois des gens qui ne s’intéressent pas une seconde à leur vue alors qu’ils passent 8h par jour sur un ordinateur.

Votre corps se fout complètement que vous vous cassiez le dos pour de bonnes ou mauvaises raisons par ignorance/insouciance/inconscience, à cause d’une mauvaise chute, du sport ou d’un job, parce que votre patron est un salaud qui ne veut pas remplacer votre siège ou parce que vous avez trop forcé en soulevant un carton. Une fois que la douleur est là, vous êtes le premier concerné et vous allez vivre avec.

Coûts pour coups

Depuis une dizaine d’années j’utilise mon matériel personnel dans mon environnement professionnel. Au début c’était par plaisir, confort et efficacité puis avec l’expérience j’ai compris que travailler 8h par jour sur un pc en faisant les mêmes gestes, je devais réduire au maximum toute douleur et fatigue (musculaire, visuelle, etc.).

J’ai déjà eu mal à la main, je ne pouvais plus déplacer la souris car ça tirait (syndrome du canal carpien), je devais faire des pauses. L’anecdote peut être risible mais je vous assure que ça fait bizarre. J’ai effectué ma dernière période d’essai sur un pc portable, entre le stress et la tête constamment penchée sur l’écran j’avais la tête lourde, des douleurs cervicales, des tics nerveux (faire craquer les os de mon cou avec un mouvement de tête).

Quand on m’offre un nouveau clavier (soigneusement sélectionné), je préfère l’utiliser au boulot 8h par jour plutôt que 8h par semaine car matériel perso. Mon corps se fout de la logique économique et de la distinction perso/pro, plus j’en prends soin moins il me fait souffrir. Évidemment je ne suis pas en train de dire remplacer tout votre matériel mais de prendre soin et d’être à l’écoute de votre corps. Si vous ressentez de la fatigue ou des douleurs, votre entreprise peut-elle améliorer vos conditions de travail ? Si ce n’est pas le cas, pouvez-vous le faire ?

ASICS

ASICS est l’acronyme de l’expression latine « Anima Sana In Corpore Sano » : Un esprit sain dans un corps sain. Une douleur chronique influence votre moral et votre humeur pouvant mener à une dépression. Une douleur ne doit pas être sous-estimée, dans le cas d’un travail sur ordinateur les causes sont souvent simples à trouver et à corriger : Siège de mauvaise qualité ou mal réglé, reflets dans l’écran ou mauvais réglages (luminosité, lumière bleue), matériel ancien/défaillant, mauvais positionnement et placement (être sous la clim, mettre la souris trop loin, l’écran trop près…), pas assez de pauses pour reposer ses bras/mains/doigts et solliciter ses jambes, etc.

Vous pouvez demander aide et conseils à votre médecin, au service informatique, souvent aussi à vos collègues. Je vous invite à consulter cette brochure de l’INRS, le Wiki de Sebsauvage, ce thread sur l’achat d’un fauteuil de bureau et ces articles sur la position debout (1, 2).

Qui veut voyager loin ménage sa monture.

Justice et réseaux sociaux

samedi 27 juillet 2019 à 06:00

Dans le sillage de l’affaire Weinstein on a vu fleurir de nombreuses plaintes pour harcèlement sexuel et comportements sexistes. À l’heure des réseaux sociaux ces affaires font rapidement les gros titres. Le fond des affaires ne m’intéresse pas, la justice est là pour faire toute la lumière.

Je m’intéresse surtout à deux points : 1/ La « justice » sur les réseaux sociaux 2/ Les moyens qu’ont les accusés de se défendre devant le tribunal populaire

David contre Goliath

Next INpact a publié un article en accès libre sur Gad Elmaleh vs CopyComic que je vous invite à lire. Il est particulièrement parlant.

CopyComic Videos est une chaîne sur YouTube mettant en avant les plagiats (supposés) des humoristes/comiques : 1/ La (ou les) personne derrière CopyComic est anonyme, on ne sait pas qui c’est 2/ Cet anonyme ne monétise pas ses flux 3/ Il n’a aucun à propos sur sa chaîne 4/ Une vidéo coupée verticalement met en comparaison un sketch de la personne plagiée et un sketch du plagiaire. Il n’y aucune vraie critique des plagiats, « les images parlent d’elles-mêmes », la manière de présenter/dénoncer les plagiats est extrêmement neutre mettant au centre le jugement de chacun 5/ On ne connaît rien de ses (réelles) motivations : Justicier, passionné, dénonciateur, jaloux ?

Gad de son côté est : 1/ Un artiste connu et reconnu en France 2/ Il s’essaie à une carrière américaine depuis les années 2010 3/ Il est la star principale de la série Huge in France sur Netflix

David contre Goliath, l’inconnu armé de la vérité contre le méchant et puissant people. Le peuple adore ça.

Ego

Gad a l’argent, la notoriété, la reconnaissance, la réussite. Il aurait pu et dû mettre son ego de côté mais à l’heure des réseaux sociaux, l’enjeu est également la réputation, la popularité, la (bonne ou mauvaise) publicité. Gad est puissant, il attaque en justice CopyComic. Dire qu’aujourd’hui on est tous égaux devant la justice relève de la mauvaise blague. Nous sommes certes égaux en droits en revanche nous n’avons pas les mêmes moyens donc in fine pas les mêmes chances pour attaquer ou se défendre.

On ne sait pas pour quel motif Gad porte plainte et on pourrait trouver curieuse voire déplacée sa démarche. Que peut-on reprocher à CopyComic ? Il laisse chacun juger des similitudes entre individu (prétendu) plagié et (prétendu) plagiaire. Peut-on diffamer en mettant juste en parallèle deux vidéos ? Oui, mettez une personne à gauche et un singe à droite par exemple. En tout cas on pourra difficilement faire plus neutre comme manière de présenter les choses.

Vérité et justice

Qu’importe la vérité et encore davantage la justice, le bon peuple a fait son choix. Gad Elmaleh accusé de plagiat : à Montréal, une salle de spectacle ne veut plus de lui. Il suffit de voir les commentaires sur les vidéos (1, 2) et Twitter, le bad buzz de cette affaire. Celui qui en sortira perdant sera Gad Elmaleh.

Que peut-il faire et qu’aurait-il pu faire ? Même si il obtient raison et réparation devant un tribunal, le mal est fait, sa réputation est écornée, sa popularité baisse, c’est une très mauvaise publicité. Il y a une injustice totale à être convoqué devant le jugement de tous n’importe quand par n’importe qui, sur des faits qui peuvent être parfaitement présentés et à charge dont on n’arrivera pas à se défendre : 1/ Il faut maîtriser les codes des réseaux sociaux 2/ Il ne faut pas arriver après la bataille (certains appellent ça le débat) 3/ Il faut être « du bon côté » de la morale/vérité/majorité

Pour beaucoup le plagiat est évident. Pourtant ceux qui créent, publient savent qu’il faut différencier similitudes et processus créatif. La frontière est mince entre la citation, l’hommage, l’emprunt, le plagiat.

Je n’irai pourtant pas plaindre Gad Elmaleh, on voit bien ici toute l’exaspération et la fureur que peut susciter un parfait inconnu avec un peu de visibilité à des personnes connues/puissantes. On les reconnaît au fait qu’elles ne supportent plus le moindre petit caillou dans leurs chaussures.

Miroir, mon beau miroir

Regardez comment une simple vidéo impose d’avoir un avis sur la question. On ne peut pas ne pas avoir d’avis ou ne pas vouloir le donner. L’indignation est le moteur des médias sociaux ; polariser la société est leur business model.

Moins on met d’ego sur le net, moins on en souffre. Le public/juge/bourreau de cette affaire s’est empressé de donner son avis, parce que chaque individu en a le droit, ils ne s’interrogent pas si c’est bien ou mal, le vrai du faux.

Quelle meilleure preuve que l’apparence – pardon l’image – pour accuser quelqu’un ? Quel meilleur client qu’une star pour montrer les dérives de l’ego ? Quel meilleur miroir que l’avis général pour déformer la vérité ?