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Exigences, possibilités, peine

samedi 6 octobre 2018 à 07:45

Je pense faire partie du Libre car j’y contribue. Simultanément c’est parce que j’y contribue, que je m’en éloigne et que je vais m’en éloigner de plus en plus.

Je tiens beaucoup au Jdh, c’est une part de moi. S’investir dans un projet ce n’est pas que contribuer (par du code par exemple), c’est plus basiquement passer du temps dessus, résoudre les problèmes, répondre aux questions, communiquer. Plus on passe du temps sur un projet, plus on s’y attache personnellement. On s’investit dedans, on y met une part de soi.

Un jour arrive où le projet nous dépasse, il atteint une masse critique désignant une réussite mais surtout il apporte quelque chose, il répond à un besoin ou résoud un problème. Cette masse critique impose qu’on ne doit plus réfléchir en terme d’équipe (les quelques contributeurs derrière le projet) mais en terme de communauté. Que souhaite la communauté ?

D’un côté on doit écouter sa communauté car le projet est destiné à être un commun (appartenir à tous), d’un autre côté on a toujours que quelques (très) gros contributeurs qui naturellement veulent avoir leur mot à dire. Le projet fait partie d’eux et eux font le projet.

Prenons un exemple. Quand je vois cet article sur le Jdh, j’ai envie de le supprimer. Je ne le fais pas, il faut respecter l’opinion de chacun. Ensuite me vient l’idée d’aller expliquer pourquoi c’est n’importe quoi dans les commentaires. J’ai un mouvement de recul, je prends tout cela trop à cœur. Oui, évidemment. On veut toujours le meilleur pour ce(ux) qu’on aime(nt) mais on ne peut forcer personne à nous écouter, à suivre nos conseils. Il faut savoir lâcher prise.

La communauté veut, 3 pèlerins réalisent. Quand on parle de ce problème, on se rend compte que ça touche quasiment tous les projets. Les exigences des utilisateurs sont loin des possibilités des contributeurs.

Ces exigences pèsent sur les contributeurs alors même que la vision et réalisation qu’ils ont du projet divergent de ce que désire la communauté. Double peine.

Inatteignable

dimanche 30 septembre 2018 à 12:00

Le nom de la dernière campagne Framasoft Contributopia est visiblement constitué des mots contribution et utopie, ce dernier ayant deux sens : A/ Plan imaginaire de gouvernement pour une société future idéale, qui réaliserait le bonheur de chacun B/ Ce qui appartient au domaine du rêve, de l’irréalisable.

Framasoft a fait les choses en grand avec des visuels créés par David Revoy. Le mot fantasy me vient à l’esprit, on parle donc du domaine du rêve, de l’irréalisable ?

Dans où va Framasoft j’avais souligné ce qui me semblait être un gros problème : Avoir un objectif adéquat et réalisable est plus sain qu’un objectif irréprochable mais inatteignable. Il faut faire des choix mais aussi des compromis au risque de déplaire car ne pas en faire condamne la démarche à l’impossible.

Je vois des projets qui ne demandent plus de contribuer mais bien de croire. On parle moins d’une action de contribution que d’avoir confiance et foi dans le projet.

Je m’interroge, quoi de plus confortable qu’un rêve, de plus inatteignable ? Ça permet de jeter toutes ses forces dans la bataille puisqu’il n’y en aura jamais assez, ça permettra de dire “on a tout essayé”, ça permet d’avoir une cause juste puisque parfaite, ça permet d’avoir un discours inattaquable car atteindre ce rêve est notre désir à tous, ça permet de fuir la réalité…

Les gens veulent croire. Ils veulent des causes justes, immaculées, simples à comprendre et à suivre : Les bons et les méchants.

Il me semble qu’en voulant souvent trop bien faire, on se fixe des objectifs inatteignables et finalement on échoue ou on abandonne prématurément.

On se ment, on ment aux autres, est-ce grave si ce n’est qu’un rêve ?

Mémo suivre les mises à jour

samedi 22 septembre 2018 à 15:15

Voir l’article Comment suivre les mises à jour de vos logiciels libres.

Liste par ordre alphabétique. Le premier lien concerne la page releases, le second lien le flux RSS pour suivre la sortie des releases, le troisième le changelog (news, release notes) si il n’est pas présent sur la page releases.

Ansible RSS Changelog 2.7
BorgBackup RSS Changelog 1.1.7
Chrony ML
Coreutils RSS
dnsdist RSS Changelog
Elixir RSS Changelog
Etcher RSS Changelog
fd RSS
FreshRSS RSS Changelog
fzf RSS Changelog
Glances RSS Changelog
Guake RSS Changelog
HAProxy Changelog
keychain RSS Changelog
lftp RSS
MariaDB RSS Changelog
mpv RSS
ncdu RSS
Nix RSS
Node.js RSS
peco RSS Changelog
PHP RSS
Python RSS
ranger RSS Changelog
Raspbian
ripgrep RSS Changelog
rsyslog RSS Changelog
Ruby RSS
scrcpy RSS
Shaarli RSS Changelog
Signal RSS
Syncthing RSS
systemd RSS Changelog
Terminator RSS
Termux RSS
Tilix RSS

Trucs et astuces, volume 2

samedi 22 septembre 2018 à 09:00

Salut les filles, une petite louche de trucs et astuces ?

A Link to the Past

J’ai fait une erreur stratégique lorsque je suis arrivé dans mon nouveau job il y a un an, j’ai choisi comme nom d’utilisateur bar alors que d’habitude c’est foo. Malheureusement certains fichiers de configuration contiennent le nom d’utilisateur en dur, très pénible si on veut synchroniser les fichiers de conf entre pc. Une astuce à avoir en tête : sudo ln -s /home/bar /home/foo.

Firefox

Dans le about:config de Firefox je suis à la cool, je mets media.autoplay.enabled false parce que j’en ai marre des vidéos qui se lancent sans mon avis et mousewheel.with_control.action 1 parce que j’en ai marre de zoomer/dézoomer par erreur avec la touche Ctrl appuyée. Il y en a d’autres qui font ça plus sérieusement.

Dans Mieux utiliser la barre d’adresse de Firefox je vous expliquais mon workflow hautement basé sur les favoris/bookmarks. Il faut savoir que les bookmarklets javascript ne sont pas affichés par défaut dans la barre d’adresse, il faut browser.urlbar.filter.javascript false.

Stopper rsyslog

On peut souhaiter ne rien vouloir loguer pour éviter des écritures genre sur la carte SD d’une Raspberry Pi : systemctl stop syslog.socket rsyslog.service. La difficulté est de ne pas oublier d’arrêter le socket. Sur un serveur parfois les logs remplissent /var, ça permet au brave sysadmin de corriger le tir.

syncthing

L’outil de synchronisation syncthing peut tourner en tant que service. Pour l’activer systemctl enable syncthing@monjolinomdutilisateur.service, pour le démarrer systemctl start syncthing@monjolinomdutilisateur.service.

Si comme moi vous utilisez un nœud (node) syncthing sur un serveur headless (sans interface graphique), on peut toujours se servir de SSH pour le configurer graphiquement ssh -N -L 9090:127.0.0.1:8384 -i ~/.ssh/id_ed25519_pi -p 2222 pi@192.168.1.30 après quoi vous ouvrez votre navigateur sur 127.0.0.1:9090. Une fois que c’est fini vous fermez la connexion SSH avec Ctrl+c.

Pour trouver les fichiers qui ont des conflits de synchronisation find ~/Sync -name *sync-conflict-* et pour tous les supprimer find ~/Sync -name *sync-conflict-* -exec rm '{}' +;.

Retrouver son petit dans un réseau local

J’ai la flemme de me connecter sur la box pour savoir quelle adresse IP un périphérique chope en DHCP du coup nmap -sP 192.168.1.0/24. Si on ne connait pas la plage à scanner, on la retrouve avec ip a. L’avantage étant que ces commandes sont simples à retenir.

Cron au démarrage

La syntaxe cron pour lancer une tâche au boot est peu connue : @reboot. Je m’en sers pour faire une sauvegarde du pc portable 20 mn après le démarrage.
@reboot monjolinomdutilisateur sleep 1200 && /bin/bash ~/scripts/borg_backup.sh > ~/logs/borg_backup.log 2>&1

Lister les disques avec classe

for device in /dev/sd?; do echo $device; smartctl -i $device | grep 'Model\|Serial\|Firmware\|Capacity'; done; et paf, ça fait des Chocapic !

Vous devrez peut-être rajouter sudo devant smartctl (et évidemment apt install smartmontools).

for device in /dev/sd?; do echo $device; sudo smartctl -i $device | grep 'Model\|Serial\|Firmware\|Capacity'; done;/dev/sdaModel Family:     Indilinx Barefoot_2/Everest/Martini based SSDsDevice Model:     OCZ-VERTEX4Serial Number:    OCZ-07613G13Z3ZGF8CDFirmware Version: 1.5User Capacity:    128 035 676 160 bytes [128 GB]/dev/sdbModel Family:     Seagate Barracuda 7200.14 (AF)Device Model:     ST1000DM003-1ER162Serial Number:    S4Y34AQ3Firmware Version: CC45User Capacity:    1 000 204 886 016 bytes [1,00 TB]/dev/sdcModel Family:     Samsung based SSDsDevice Model:     Samsung SSD 850 PRO 256GBSerial Number:    S251NSAG412256SFirmware Version: EXM02B6QUser Capacity:    256 060 514 304 bytes [256 GB]

Mais si vous voulez plus simple :
ls /dev/sd*[a-z] # Montre juste les disques, ignore les partitions. Exemple : /dev/sda
ls /dev/sd* # Montre les partitions. Exemple : /dev/sda /dev/sda1

ncdu

ncdu est vraiment un outil sensationnel, un indispensable pour moi. Il recèle quelques pépites à connaître.

On a souvent plusieurs partitions sur Linux /, /var, /home… comment ne parcourir que le système de fichiers actuel ? ncdu -x / (-x, Do not cross filesystem boundaries, i.e. only count files and directories on the same filesystem as the directory being scanned). À ce sujet je vous rappelle l’option -l (limit listing to local file systems) de df, df -lh évite de lister les montages NFS par exemple.

Quelques commandes extrêmement utiles pour transmettre le résultat d’un ncdu à un collègue et/ou lui permettre de naviguer dans l’arborescence comme si il était sur le serveur.

ncdu -o ncdu.file / # Exporter le résultat d’un ncdu dans un fichier
ncdu -f ncdu.file # Lire le résultat à partir d’un fichier
ncdu --exclude onsenfoutdecedossier -o- | gzip > ncdu.file.gz # Exporter le résultat d’un ncdu en le compressant à la volée dans un fichier
zcat ncdu.file.gz | ncdu -f- # Lire le résultat à partir d’un fichier compressé

La Bible

Rappelons à tous la Bible Bash : The Bash Hackers Wiki. J’aime relire le soir au coin du feu les quelques lignes qui m’ont montré la voie, il ne faut plus utiliser les backticks ` mais $(COMMANDS) ni &>LOGFILE mais >LOGFILE 2>&1.

Que la paix soit avec vous mes frères et sœurs !

Directive Copyright, ma grille de lecture

mardi 18 septembre 2018 à 12:03

Depuis de nombreuses années, les organismes gestionnaires des ayant-droits (SACEM, SACD…) cherchent toutes les opportunités pour maximiser leurs revenus, pardon, faire respecter le droit d’auteur. Les gouvernants français successifs leur ont toujours ouvert la porte et ont aidé leurs collectes irréfrénées d’argent.

Ils sont dans leur droit quand ils réclament de l’argent à une école qui a chanté du Julien Clerc pendant la kermesse du quartier, ils sont dans leur droit quand ils réclament de l’argent à un salon de thé qui diffuse de la musique libre issue de Jamendo.

L’arrivée d’internet a bousculé les choses car la musique est devenu un fichier, que l’on peut copier et échanger à l’infini. Le mode de consommation de la musique a évidemment radicalement changé en quelques années.

Les organismes des ayant-droits et l’Etat ont réagi en créant HADOPI par exemple en France. Ou comment mettre un policier privé derrière chaque connexion internet.

De son côté, l’industrie de l’audiovisuel et des médias a également été ébranlée par l’arrivée d’internet. Un article de presse, un film, un épisode de série ou une photographie sont eux aussi devenus binaires, c’est-à-dire une simple suite de 0 et 1, copiables à l’infini, que nous pouvons échanger, distribuer à la vitesse de la lumière, sans limite de temps et de nombres de copie.

Les grands opérateurs de services internet comme Google, Yahoo ou Bing ont utilisé, mis en avant le travail des médias en agrégeant leurs contenus et leurs liens dans leurs moteurs de recherche et leurs propres services d’actualités. Ils leur ont donné de la visibilité et ont récolté au passage des revenus.

Aujourd’hui, de grandes sociétés s’affrontent, il est pour moi difficile de me ranger d’un côté ou de l’autre.

 

Article 11

Les liens et contenus d’articles de presse utilisés par une entreprise tierce devront être payés à l’éditeur. En clair, tout travail (de journalistes) mérite salaire. Certes, je résume un peu violemment mais c’est l’idée.

En clair, si vous voulez lire de l’information pertinente, allez sur le site du journal visé.

Si vous êtes un service de diffusion de news, agrégeant le contenu de multiples journaux sur votre site, il va falloir payer pour le travail d’autrui. Coucou Google !

Le but est honorable : sauver ce qui reste à sauver de la presse, bien qu’elle appartienne déjà en masse à des groupes industriels et financiers.

Ce qui se passera certainement, c’est que Google / Bing / Qwant vont désindexer les articles de la presse en ligne afin de ne pas avoir à payer les résultats de recherche. Puis les sites type lemonde.fr / lefigaro.fr verront leur audience baisser et donc leurs revenus publicitaires par ricochet… et que je ne sais pas quels seront les autres effets à court, moyen et long terme de cet article 11 !

La presse se réinventera-t-elle pour trouver un modèle économique renforcé par ses lecteurs ?

Verra-t-on la création d’un moteur de recherches d’un groupe financier possédant X titres de la presse ? A ce sujet, voir ici à qui appartient la presse et les médias

Article 13

Cet article va permettre d’instaurer un filtrage automatique des contenus mis en ligne. Filtrage visant à faire respecter le droit d’auteur, évidemment.

Pour démarrer, je dois dire que je suis contre le système du droit d’auteur tel qu’il existe aujourd’hui. Je conviens qu’il faut rétribuer les auteurs vivants à leur juste valeur et je me tournerais plutôt vers une licence globale, avec la création d’une plate-forme universelle permettant de rémunérer directement l’artiste et/ou son producteur et/ou ses musiciens. Au choix intégral. Utopique, certes, mais c’est ma vision.

Pour les auteurs morts, leur travail tombe dans le domaine publique. Point. Est-ce qu’un salarié dans une entreprise ayant inventé un service ou lancer une nouvelle façon de travailler en interne touche une rente après avoir quitté l’entreprise, ou sa veuve après sa mort ? Non ? Pourquoi la BD de Tintin sert de rentes aux cousins ou aux petits-enfants d’Hergé ?

Pour continuer, obliger une entreprise privée étasunienne ou australienne à faire la police pour dire ce qu’un internaute peut ou ne peut pas mettre en ligne revient à 1) faire de la justice préventive sans savoir le but de la démarche de l’internaute, ni recours 2) privatiser la justice et donner ce droit fondamental à une entité étrangère, extra-nationale, non élue. Ca me pose question.

De plus, quand on commence à censurer une intention, celle d’envoyer un contenu en ligne, et bien, cette censure pourra s’amplifier par la suite sur d’autres types de contenu. Stop au contenu blasphématoire pour tel pays ? Au contenu à thème politique ou économique pour tel autre pays ?

Qu’un contenu illégal soit retiré, la réponse est oui parce que ce sont les lois actuelles imposées par le droit d’auteur de notre époque. Que l’envoi de contenu soit stoppé préventivement par un algorithme américain ou chinois, sans enquête, ca rentre difficilement dans ma conception de la liberté d’expression.

Conclusion

Comme je le disais dans l’entame de ce billet, il s’agit ici d’une bataille entre grandes entreprises ayant des intérêts économiques divergents. Difficile de voir les choses d’un seul point de vue. Chacun avance ses pions. je me considère comme un spectateur.

J’aimerais une presse forte et indépendante mais elle l’est de moins en moins, non pas spécialement à cause de Google ou Facebook mais parce que les modes de lectures et de réflexion des citoyens ont changé (en bien ou en mal, à vous de voir) et parce que des groupes industriels et financiers ont racheté la quasi totalité des médias pour les détourner de leur mission première, informer et sous-jacent donner des clés de compréhension objectives de notre monde.

J’aimerais également voir les artistes vivre correctement de leur travail mais pas en imposant des schémas de censure préventifs à l’ensemble de l’Europe et via un droit d’auteur désuet.

Dans tous les cas, je suis impatient de voir les effets de cette directive copyright dans les mois à venir. Les choses vont bouger du côté des multinationales du numérique, j’attends leur réplique avec curiosité et ce serait intéressant de voir tous les articles de presse ne plus remonter dans aucun moteur de recherche.

Mince, maintenant que j’y pense… Ce seront nos billets qui ressortiront en tête de résultats ???  ;-)