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Démarrer sur une entrée précise de GRUB au prochain boot

vendredi 15 mars 2019 à 13:05

Il y a quelques mois j’ai dû compiler/tester différents noyaux avec les bons modules activés pour faire fonctionner un programme. Ça m’a rapidement gonflé de devoir sélectionner le noyau sur lequel je souhaitais booter durant les quelques secondes offertes au démarrage (serveur distant). Du coup j’ai cherché une solution.

Afficher votre menu d’amorçage GRUB

Pour rappel GRUB permet l’amorçage des systèmes GNU/Linux ou Windows sur un pc/serveur. L’entrée par défaut est la première ligne avec par exemple : Linux Mint 19.1 Xfce ou Debian GNU/Linux.

Voici le menu GRUB de mon pc fixe.

Linux Mint 19.1 Xfce
Options avancées pour Linux Mint 19.1 Xfce
Memory test (memtest86+)
Memory test (memtest86+, serial console 115200)
Windows 10 (sur /dev/sdc1)

Voici le menu GRUB sur un serveur.

Debian GNU/Linux
Advanced options for Debian GNU/Linux

Voici comment je le récupère : grep -E '^(menuentry|submenu)' /boot/grub/grub.cfg | cut -d "'" -f2
grep -E '^(menuentry|submenu)' # On récupère les lignes qui commencent par menuentry ou (|) submenu. Pour rappel ^ désigne le début de la ligne, on utilise -E (--extended-regexp) parce que je trouve ça plus élégant mais on pourrait s’en passer, grep -E '^(menuentry|submenu)' donne le même résultat que grep '^menuentry\|^submenu'
/boot/grub/grub.cfg # Le fichier utilisé par GRUB lors du démarrage, il ne doit pas être édité directement, il est généré par grub-mkconfig (voir man update-grub)
cut -d "'" -f2 # On récupère le contenu entre les single quotes ', le delimiter est donc la single quote -d "'" et on sélectionne le champs (field) 2 -f2

Démarrer sur l’entrée désirée au prochain boot (uniquement)

La commande grub-reboot est assez peu connue, tiré du man : Set the default boot menu entry for GRUB, for the next boot only. On peut l’utiliser de différentes manières soit avec le MENU_ENTRY (un numéro), le menu item title ou le menu item identifier. On va privilégier le MENU_ENTRY car nettement plus simple avec la commande qu’on a vu précédemment suivie de nl -v0 qui numérote les lignes (man nl) à partir de zéro (-v0).

grep -E '^(menuentry|submenu)' /boot/grub/grub.cfg | cut -d "'" -f2 | nl -v0

0	Linux Mint 19.1 Xfce
     1	Options avancées pour Linux Mint 19.1 Xfce
     2	Memory test (memtest86+)
     3	Memory test (memtest86+, serial console 115200)
     4	Windows 10 (sur /dev/sdc1)

Si je veux démarrer sur Windows la prochaine fois c’est-à-dire que l’entrée sélectionnée par défaut au prochain démarrage soit Windows 10 alors je ferai sudo grub-reboot '4'. Ça c’était la partie simple.

Remarquez la ligne « Options avancées pour Linux Mint 19.1 Xfce », elle correspond à un sous-menu dans lequel vous pourrez choisir le noyau sur lequel vous voulez démarrer.

Sur mon pc fixe grep $'\tmenuentry' /boot/grub/grub.cfg | cut -d "'" -f2 | nl -v0

0	Linux Mint 19.1 Xfce, avec Linux 4.15.0-46-generic
     1	Linux Mint 19.1 Xfce, with Linux 4.15.0-46-generic (recovery mode)
     2	Linux Mint 19.1 Xfce, avec Linux 4.15.0-45-generic
     3	Linux Mint 19.1 Xfce, with Linux 4.15.0-45-generic (recovery mode)
     4	Linux Mint 19.1 Xfce, avec Linux 4.15.0-20-generic
     5	Linux Mint 19.1 Xfce, with Linux 4.15.0-20-generic (recovery mode)

grep $'\tmenuentry' # On récupère les lignes qui commencent par une tabulation suivie de menuentry, ça correspond aux entrées dans un sous-menu (submenu)

Si je souhaite redémarrer sur « Linux Mint 19.1 Xfce, avec Linux 4.15.0-20-generic » alors je ferai sudo grub-reboot '1>4' correspondant à l’entrée 1 du menu GRUB (Options avancées pour Linux Mint 19.1 Xfce) puis l’entrée 4 du sous-menu (Linux Mint 19.1 Xfce, avec Linux 4.15.0-20-generic).

Donc voici la ligne de commandes que j’utilisais par exemple : sudo grub-reboot '1>2'; sudo reboot.

Démarrer sur la dernière entrée démarrée

GRUB peut se souvenir de la dernière entrée démarrée et l’utiliser comme entrée de démarrage par défaut pour la prochaine fois, utile si vous avez plusieurs noyaux ou systèmes d’exploitation. Éditez /etc/default/grub et modifiez ainsi : GRUB_DEFAULT=saved. Ceci garantit que GRUB passe par défaut à l’entrée sauvegardée. Pour activer la sauvegarde de l’entrée sélectionnée, ajoutez : GRUB_SAVEDEFAULT=true.

sudo sed -i 's/GRUB_DEFAULT=0/GRUB_DEFAULT=saved\nGRUB_SAVEDEFAULT=true/' /etc/default/grub; sudo update-grub

Honteusement pompé sur l’excellente page du Wiki Archlinux.fr : https://wiki.archlinux.fr/GRUB/Trucs_et_Astuces

Voilà vous avez tout ce qu’il vous faut pour démarrer exactement sur l’entrée du menu GRUB que vous voulez. Moi je démarre pas Windows, c’est Madame ;)

Perso : 18 mois dans mon nouveau job

dimanche 3 mars 2019 à 13:30

18 mois que je suis sysadmin Linux, j’ai passé le cap, fait mes preuves. L’heure du bilan, raccrocher les wagons pour que vous compreniez mon état d’esprit du moment.

Paradis

Chaque expérience est précieuse mais quand on quitte un emploi, c’est généralement pour trouver mieux. J’ai 36 ans, 12 années dans l’informatique dans 5 entreprises différentes et je doute trouver un meilleur job un jour.

Mon paradis n’est pas le vôtre : Je gagne nettement moins de 3000 euros par mois mais je fais ce que j’aime, je (me) suis bien entouré, je vois mon gosse, mon job n’est plus ma vie.

J’ai fait des choix, j’ai assumé qui j’étais et ce que je voulais devenir :

Et alors l’enfer ? Un peu chaud sinon ça va. Perso plus je tombe bas, plus je rebondis haut. Là j’ai frôlé le burn-out.

Périmètre et missions

Par ordre d’importance :

Nous ne sommes pas enfermés dans des cases bien que nous ayons chacun des rôles définis. Si je veux prendre un sujet à ma charge parce qu’il m’intéresse par exemple : Fais toi plaisir !

Dans le détail

3 jours sur 5 je suis en chausson chez moi. On est passé en full-remote (télétravail complet) depuis novembre, on n’a plus de bureau. Le télétravail est un confort, pour certains un luxe. Perso je ne suis pas fan, j’ai tendance à déprimer après quelques jours à ne pas sortir. J’ai demandé à pouvoir bosser en coworking, en général 2 jours par semaine je suis en déplacement en datacenter et/ou en coworking. Je commence à trouver le bon équilibre.

Je suis dans une petite entreprise, on a sensiblement le même âge, les mêmes références niveau culture et délires, il y a du respect et de la confiance, pas de deadline ça sort quand c’est prêt. La belle vie. Bosser avec des gens biens, que j’apprécie et qui ont de grosses connaissances/expériences.

On ne m’a jamais dit non pour poser un jour (y compris pour le lendemain), je prends mes congés quand je veux (un luxe), je débute à 9h après avoir emmené mon gosse à l’école, j’ai pas d’astreinte, souplesse sur les horaires (rdv le soir, une course à faire), compréhension des problèmes de tous les jours (au mois de janvier j’ai dû être absent environ 8 jours : Malade, enfant malade).

J’organise mon temps et mes tâches en toute autonomie. J’essaie de regrouper mes interventions en datacenter, je priorise. Je dois bosser en moyenne 7h30 par jour et prendre 45 mn pour manger.

Le stress a quasiment disparu de ma vie (je pense qu’une petite dose de stress/peur est salvatrice lorsqu’on bosse sur des serveurs en prod, on évite le fail en s’assurant bien de ce qu’on fait). On ne me donne pas d’ordres, c’est plus proche de consignes, de tâches qui me sont attribuées. On est dans la coopération, le travail en bonne intelligence. J’ai fait des erreurs, on en parle, on ne le reproche pas, on réfléchit collectivement pour que ça ne se reproduise pas (Wiki, explication, sources d’amélioration).

Dans mon précédent job je commençais à 8h00 au bureau. Parfois j’étais en bad car je ne voyais mon fils que le soir (parti au boulot avant qu’il se lève). Un détail, le genre qu’on apprécie avec l’âge.

Je passe ma journée sur des serveurs Debian, on utilise que des logiciels libres, je suis sur Mint en poste de travail, pas mal d’outils maison à prendre en main.

J’ai plus de temps, je suis plus à la cool, je prends confiance.

J’ai eu mon entretien annuel début janvier : Augmentation, prime exceptionnelle, surtout ils m’ont renouvelé leur confiance et passé responsable datacenter.

Je fais ce que j’aime, je suis payé pour, dans le bon environnement (collègues, valeurs de la société, façon de traiter les employés). Je vous souhaite sincèrement de connaître ça un jour, c’est tellement mieux que toutes les expériences professionnelles que j’ai eu.

Progression

J’ai progressé sur tous les points de mon périmètre. J’ai beaucoup appris par moi-même, en lisant, en faisant de la veille. Là je comprends (enfin et mieux) parce que je pratique. Je commence à bien gérer, pour autant c’est loin d’être carré. Je vais mettre mon grain de sel, être force de proposition et vu la liberté qui m’est accordée clairement faire à ma sauce et marquer de mon empreinte.

Mes penchants naturels n’ont pas beaucoup changé : Ligne de commandes, Bash, scripting, « bas niveau » (matériel, compréhension/utilisation de Linux), les trucs haut niveau ne m’ont jamais vraiment intéressés il est fort probable que je ne vous parle jamais de haute dispo, redondance de ouf… par contre on parlera Architecture. J’ai partagé assez peu des connaissances que j’ai accumulé : 1/ J’attends en général plusieurs mois avant de parler d’une solution afin de l’éprouver 2/ Je suis pas vraiment quelqu’un de pressé 3/ Je laisse s’accumuler les connaissances, je contrôle et cherche mieux puis je trie/range 4/ Ça viendra ensuite (en théorie)

La différence fondamentale avec un autre job est la grande liberté/autonomie/confiance qu’on me donne. Mes trois plus grosses missions sont vouées à rester mais plus je monterai en compétence, plus je les ferai vite et bien, me laissant plus de temps pour les trucs plus fun comme les projets, tester de nouveaux outils, sortir des alias/scripts. J’ai déjà joué avec beaucoup de choses : Les tools bcc, ipmitool, les outils pour stresser le matériel, chrony, les compilations, rsyslog, dmidecode, dnsdist…

Être et avoir

Niveau boulot je suis un peu tout en haut de la montagne mais la vie est plus vaste.

Quand je m’ennuie, je déprime et tourne en rond. Je m’ennuie assez souvent, trop de tâches récurrentes. Le jour viendra où je m’ennuierai trop… je partirai comme à chaque fois. Ceci étant dit je ne pense pas que ça arrivera avant plusieurs années, j’ai encore tout à disséquer du fonctionnement de Linux et du Libre.

Quand le boulot va, on essaie d’améliorer son quotidien. Le grand objectif de cette année est de déménager, probablement en achetant. Acheter revient à parler de l’avenir, avoir des certitudes sur son travail, son salaire, l’endroit où on veut vivre et élever ses enfants. Des certitudes que je n’ai pas mais pire encore que je ne veux pas avoir. Je veux rester libre de mes choix, de mes envies, de mes erreurs, d’être moi-même.

Le monde change, qui sait comment il sera dans 20 ans, qui sait qui nous serons dans 20 ans ?

Lobbying

samedi 23 février 2019 à 09:00

La corruption c’est quand tu donnes de la tune. Le lobbying c’est quand t’en dépenses. Un commentaire sur Next INpact.

Les dépenses en lobbying des GAFAM en millions d’euros à Bruxelles

Infographie: Les millions dépensés par les GAFAM à Bruxelles | Statista

Sources :
https://fr.statista.com/infographie/10836/les-millions-depenses-par-les-gafam-a-bruxelles/
https://www.nextinpact.com/brief/google-depense-21-millions-de-dollars-en-lobbying-a-washington–et-donne-2-millions-a-wikimedia-7456.htm

Les dépenses en lobbying des GAFAM en millions de dollars aux États-Unis

Sources :
https://siecledigital.fr/2019/01/24/etats-unis-gafam-depense-lobbying-2018/
https://www.forbes.fr/business/google-a-depense-18-millions-de-dollars-en-lobbying-a-washington-en-2018/

Microsoft France renforce son partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale

Alain Crozier, Président de Microsoft France et Najat Vallaud Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont signé le 30/11/2015 un partenariat afin de contribuer à la réussite du Plan Numérique à l’École. 13 millions d’euros seront ainsi investis par Microsoft pour le développement du numérique éducatif : l’accompagnement des enseignants et des cadres de l’éducation, la mise à disposition de plateformes collaboratives, ainsi que l’apprentissage du code informatique.

Sources :
https://news.microsoft.com/fr-fr/2015/11/30/numerique-a-l-ecole-microsoft-france-renforce-son-partenariat-avec-le-ministere-de-l-education-nationale/
https://www.nextinpact.com/news/97521-plan-numerique-l-education-nationale-s-associe-a-microsoft.htm

Aujourd’hui dans les bacs

Les yeux rivés sur le partenariat noué avec Microsoft en 2015, les élus du groupe LFI dénonçaient la « mainmise des entreprises privées, notamment des GAFAM », sur les outils numériques utilisés au sein de l’Éducation nationale.

« Les enfants apprennent très jeunes à se servir de ces logiciels et seulement ceux-là. En conséquence, dans leur vie d’adulte, ils ont tendance à acheter des matériels pourvus des logiciels qu’ils connaissent déjà et dont ils savent se servir. Les entreprises privées s’assurent ainsi une clientèle quasi captive », a de nouveau regretté Bastien Lachaud, vendredi, lors des débats en séance publique.

Tous les amendements sur le logiciel libre ont été rejetés par l’Assemblée nationale, sans plus de débats.

Sources :
https://www.nextinpact.com/news/107618-lassemblee-rejette-amendements-sur-logiciel-libre-a-ecole.htm
https://www.developpez.com/actu/246675/Le-ministre-de-l-Education-et-l-Assemblee-nationale-disent-non-a-la-priorite-au-logiciel-libre-pour-l-enseignement-scolaire/

Autres sources :
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/03/10/oui-des-multinationales-privees-financent-bien-des-partis-politiques-europeens_5434014_4355770.html

Faire tomber l’anonymat : une bonne idée ?

mercredi 13 février 2019 à 11:29

Anonymat : Se dit de quelqu’un dont on ignore le nom. Ex : Poète anonyme.

Cela fait de nombreuses années que le législateur s’interroge sur la légitimité de l’anonymat en ligne. Internet a pris de l’ampleur : tous les citoyens s’expriment en ligne, profitant de ce nouvel espace de liberté.

La liberté d’expression sur le net a été une révolution pour l’ensemble des sphères politiques, médiatiques, économiques et sociales.

Là, un blogueur parle avec passion de ses hobbies, mieux qu’un journal spécialisé. Là, un professionnel parle de son métier avec un angle différent et amène de nouvelles perspectives. Là, une personne révèle des faits cachés et prend involontairement la posture de lanceur d’alertes et aide les acteurs publiques à prendre conscience d’un problème. Là, une pétition par son ampleur fait émerger une question importante au sein de la société. Et là, un individu mal intentionné insulte des personnes ou un groupe de journalistes, de graphistes et de publicitaires parisiens organise un harcèlement  systématique envers des cibles identifiées.

Les plateformes de médias sociaux comme Twitter et Facebook sont un terrain de jeu mondial. Chacun s’inscrit et s’exprime en postant ce qu’il veut : sa vie, son avis, ses coups de coeur et ses coups de gueule, sans filtre, ni censure (ni réflexion ?) et à regrets quelques fois par la suite. Le pire étant atteint quand des utilisateurs se regroupent pour poster volontairement des mensonges, des fausses nouvelles, des contre-vérités et des insultes à caractère discriminatoire (sexiste, homophobe, raciste).

C’est à ce moment là que la plateforme doit agir : elle est responsable du contenu posté chez elle, dans le respect des lois du pays concerné.

Malgré les moyens technologiques et financiers disponibles, Twitter et Facebook semblent ne pas agir assez rapidement (certains diraient « semblent ne pas agir du tout ») pour suspendre les comptes coupables d’un propos tombant sous le coup de la loi.

Que faire ?

De mon point de vue, le législateur doit d’abord contraindre la plateforme à agir et à prendre ses responsabilités. La plateforme doit montrer les dispositions techniques prises pour suspendre les comptes en cause, retirer le contenu concerné et mettre les propos concernés à disposition de la justice. Si le législateur estime le dispositif trop faible, alors la plateforme doit retravailler.

Dans un second temps, les comptes coupables de propos discriminatoires doivent tous être poursuivis. Oui, tous. C’est par l’ouverture d’une plainte que tout commence :

Prenons le cas de Bilal Hassani : il a subi des injures publiques à caractère homophobe. Une fois la plainte déposée, c’est à la justice d’enquêter. L’adresse IP des comptes utilisés, les données Exif des photos montages et des vidéos postées et les informations données lors de la création du compte Twitter ou Facebook incriminé sont autant d’éléments pertinents qui permettront à la justice d’identifier les coupables qui encourent 1 an d’emprisonnement et 45 000 €.

1) Bilal Hassani aura justice rendu.

2) Nous pourrons juger de l’efficacité du travail de la police et la justice. Et si nous nous rendons compte que la justice n’a pas pu être rendu correctement, il faudra voir le ou les problèmes rencontrés et les corriger. N’est-ce pas le rôle des acteurs et décideurs publiques que d’améliorer les choses ?

Et l’anonymat dans tous ça ?

Et bien, il est difficile de mon point de vue d’incriminer l’anonymat en tant que tel. On peut incriminer la bêtise et la méchanceté des gens qui en insultent d’autres mais pas l’anonymat. Penser être anonyme sur le net, même via un VPN ou TOR, est à mon avis assez illusoire. Par les outils techniques et les voies empruntés (ordinateur, téléphone, modem, routeur, cable, borne wifi, serveurs de notre fournisseur…), par le contenu posté, par les réseaux sociaux et les « amis » virtuels que nous fréquentons, penser être anonyme derrière son clavier est illusoire.

Je crois qu’une fois de plus, l’éducation est la clé de nos problèmes, celle prodiguée par les parents dans un premier temps. Je suis assez effaré de voir les enfants de mon entourage, de 9 ans à 13 ans, utilisés leurs téléphones et ordinateurs portables comme bon leur semble, sans accompagnement des parents, ni filtres techniques pour éviter de tomber sur des contenus inappropriés, seuls dans leurs chambres, voir tard la nuit en semaine. Par accompagnement, j’entends la possibilité d’expliquer les savoir-être sur internet. S’exprimer sur internet, c’est comme se promener Rue de la République à Lyon le samedi à 14h : on ne fait pas n’importe quoi.

Le second aspect éducatif serait celui de la connaissance technique : c’est bien de lancer le navigateur internet pour poster un commentaire sur Facebook ou téléverser une photo sur Snapshat mais qu’y a-t-il derrière ? Quels sont les ressorts techniques ? Où va la photo, par quel relais passe-t-elle, où est-elle stockée ?

Le problème majeur des outils numériques est la méconnaissance générale de l’utilisateur. Sans parler de prendre le temps de lire les conditions générales de l’utilisateur….

En tant qu’individu intelligent et raisonné, laisseriez-vous une totale autonomie de votre enfant de 10 ans dans votre maison, lui laissant accès au four, à votre voiture, à toutes les chaînes de télé, à la tondeuse, aux pots de peinture, au sécateur, à la piscine du jardin en accès libre ?

Mais je m’égare et je reviens à mon premier sujet.

A quoi sert donc l’anonymat de manière générale ?

  1. l’anonymat permet de protéger sa vie privée (ex : je n’ai pas envie que mon entourage connaisse tous les comptes que je suis sur Twitter).
  2. l’anonymat permet d’aller outre la censure sociale, politique ou d’entreprise (ex : le lanceur d’alerte dans le médico-social ou le monde financier…).
  3. l’anonymat permet d’entreprendre des actions illégales.
    3.1. pour de bonnes raisons éthiques, morales et légitimes (ex : lutter contre un gouvernement tyrannique).
    3.2. pour de mauvaises raisons éthiques et morales (ex : insulter les gens, les harceler ou les faire chanter).

Enlever l’anonymat n’est pas seulement lutter contre mon dernier point 3.2. qui est problématique (voir les cas Hassani, #LigueduLOL…) mais tout le reste ! Et là, c’est primordial parce que ce fameux dernier point peut être résolu par une justice dynamique et adaptée. Si elle ne l’est pas (adaptée) alors les décideurs publics ont le devoir d’agir et de renforcer les services de la justice, tout en préservant un droit fondamental, celui à la vie privée. Si les 300-400 personnes ayant insulté Bilal Hassani se retrouvent devant un tribunal, alors ce sera un succès pour les libertés numériques et un avertissement général : oui, la loi s’applique aussi au comportement délictueux sur les médias sociaux.

J’incarne à merveille l’utilisateur final

mercredi 30 janvier 2019 à 11:32

Je suis un observateur de Windows, du monde du logiciel libre et des communautés GNU / Linux depuis de nombreuses années maintenant. Cela fait un moment que je gravite autour de ces mondes. Je me considère comme un spectateur assidu. J’ai fait quelques remontées de bugs mais je n’ai jamais codé (sauf du Basic et de l’Assembleur dans les années 80). Mais je suis un utilisateur expérimenté, expert installeur Windows &  distributions GNU / Linux, forcené des logiciels et usages numériques innovants, dresseur de Wi-fi et formateur officieux spécialisé Excel, Word, WordPress, Evernote, Libreoffice, Outlook… (tous et toutes, ami.e.s, collèges, famille bénéficient de mon soutien psychologique presque 24h/24 :p ).

Je suis tombé dedans très tôt : 1981 d’abord, avec TI 99 et un magnétophone à cassettes pour sauvegarder mes programmes. Je me souviens aussi de la découverte de Windows 3.11 quelques années plus tard sur PC et de la révolution mentale procurée par la découverte d’un OS étranger pour PC autre que Windows alias Mandriva 2006.

Je suis passé par de nombreux matériels et systèmes d’exploitation PC, mobiles et tablettes. Des tests, des installations, des configurations, des crashs, des réinstallations, des déceptions et des joies. Après avoir passé beaucoup de temps à chercher un environnement numérique stable, efficace et le plus libre possible, j’ai depuis quelques temps « posé mes valises » et arrêté de sauter d’une distribution à l’autre, d’un écosystème à l’autre.

Je veux que cela marche, correctement et tout de suite. J’incarne à merveille l’utilisateur final qui veut un truc joli et fonctionnel. C’est devenu un jeu simple et minimaliste : « si ça marche, utilise le. Tant que ça marche, utilise le. »

A chacun de trouver l’outil qui lui convient et de l’user jusqu’à la corde.

Mon PC de boulot est sous Windows avec Office 365 et le client Evernote. Je l’utilise à fond pour travailler. C’est parfait.

A la maison, je suis en dual boot Windows / Xubuntu, le premier pour jouer de temps en temps et le second pour surfer et écrire.

Le but aujourd’hui est d’être dans un environnement productif et stable, ce qui est maintenant possible quand on a un usage classique de l’outil numérique, que ce soit sous Windows, Linux ou Mac. Le monde du logiciel libre ou celui du modèle privatif, nul n’est parfait et chacun trouve sa place dans mes usages numériques, selon le cadre imposé et les circonstances rencontrées.