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Le grand jeu

jeudi 30 août 2018 à 10:00

Collectivement nous allons jouer à un jeu dont voici les règles :

Quelques précisions :

Pourquoi ?

Il est temps que chacun prenne ses responsabilités dans ses actions en faveur du Libre et du net.
Ne pas atteindre 20 commentaires argumentés serait un constat d’échec, ça ne servirait à rien de continuer.
Mon premier article remonte au 22/09/2014, j’ai publié 391 articles. Est-ce que ça vaut le coup d’être sauvé ? Est-ce que ça valait le coup ?
Rien ne m’oblige à publier, à partager. En ce qui me concerne j’aurais toujours mes articles, à vous de voir si vous voulez les conserver.

Faites vos jeux.

Matériel, logiciel, logique

samedi 25 août 2018 à 18:45

La batterie de mon pc portable m’a lâché. Le gestionnaire d’alimentation affichait batterie en charge (0%) puis batterie totalement chargée (100%) quelques instants après. Le pc ne démarrait pas sans secteur et dès qu’on le débranchait, extinction. Le démontage du pc portable a été aisé, vis cruciforme, capot arrière simple à déclipser (aucune casse). J’ai déconnecté, reconnecté la batterie, pas mieux, reset idem. J’ai commandé une nouvelle batterie, je l’ai changée, good.

Le premier jour des vacances nous allions retrouver le fiston chez ses grands-parents avec notre C4 Picasso (moins de 50000 km mais vieux), panne sur l’autoroute à 1h15 du domicile. J’étais sur la voie de gauche à 130 km/h, d’un coup plus aucune puissance. Warnings, première sortie, je me suis retrouvé en quelques secondes de 130 à 70 km/h sans rien pouvoir faire. J’ai récupéré le véhicule hier, 130 euros de remorquage, 650 euros de main d’œuvre. Les injecteurs ont été pris en charge par Citroën sinon je dépassais les 2000 euros de facture…

La logique est absente de la route, j’ai compris ça il y a bien longtemps. “Logiquement” il ne devrait pas y avoir cet abruti qui double par la droite à 170, “logiquement” cet automobiliste n’aurait pas dû sécher le feu rouge, “logiquement” ce camping-car aurait dû voir le sens interdit, “logiquement” cette voiture sur la voie de gauche ne devrait pas décélérer brusquement pourtant ces exemples arrivent tous les jours. On se base sur un comportement prétendument logique/prévisible des véhicules et usagers de la route pour conduire.

J’aurais pu avoir un accident grave en voiture. Je n’ai quasiment pas pu utiliser mon pc portable pendant 4 jours, la nécessaire proximité d’une prise rendant son utilisation fastidieuse.

Voici l’étymologie du mot logiciel : Formé en 1969 à partir des mots logique et matériel comme traduction du terme anglais software.

Dans quelle mesure peut-on parler de logique quand on se base sur du matériel ? Dans quelle mesure puis-je parler de puissance quand un problème imprévisible me rend totalement impuissant ?

Financer le logiciel libre

lundi 20 août 2018 à 07:15

J’ai recroisé ce strip il y a quelques jours. Je crois qu’il illustre bien l’idée que certains peuvent avoir des logiciels libres et open source.

Je vous invite à visionner cette vidéo de Shaft à Pas Sage En Seine. Je voulais souligner deux points :

Je me souviens avoir pensé, candide, que autant de personnes brillantes à travers le monde allaient trouver une solution au problème du financement du logiciel libre. Collectivement nous n’en avons jamais trouvé. Les sources de revenu pour le logiciel libre sont en général le don (ridicule la majorité du temps, pour ne pas dire indécent), les contrats de maintenance, le développement et le conseil. Red Hat champion de l’open source a un CA de 2,4 milliards de dollars en 2017 quand Alphabet est à 110,9 milliards de dollars.

Firefox arrive grosso modo à tenir techniquement face à Chrome mais il faut payer des développeurs pour ça. Chez Mozilla 225 millions de dollars par an pour le développement des logiciels, je vais être sympa on va arrondir à 100 millions. Comment on fait pour trouver cette somme ?

On fait pas. On ne sait pas faire. Personnellement ça ne me gêne pas de reconnaître un fail, ce qui me gêne c’est de le cacher sous le tapis comme si il n’y avait pas de problème. À la place on va souligner les manquements de Mozilla à la vie privée, à ses promesses, ses erreurs techniques. Si Mozilla avait 300 millions de dons par an, son fonctionnement serait certainement différent.

La question centrale du financement du logiciel libre n’ayant jamais trouvé de réponse satisfaisante, les logiciels libres butent contre un plafond de verre indépassable. Pour aller plus loin, faire mieux ou plus vite, il faut des moyens. Ironiquement alors que Mozilla devait protéger notre vie privée, il doit pactiser avec Google afin de pouvoir survivre et financer sa mission. Le serpent qui se mord la queue.

Payer un audit de sécurité, des serveurs, le réseau, l’électricité, des gens coûtent de l’argent. Les communautés du Libre se voilent la face sur le manque de moyens, nous sommes capables de proposer des solutions techniques mais pas de réelles alternatives, nous n’en avons pas les moyens. Pire nous avons abandonné la recherche de solutions, intégré comme normal ce manque de moyens.

Pour information la campagne de dons de Wikipédia pour l’année fiscale 2016-2017 a rapporté 91 millions de dollars. Alors que l’encyclopédie libre est probablement la plus grande réussite de partage du savoir, ce qu’on entend le plus dans les communautés du Libre est la gêne énorme suscitée par le bandeau pour réclamer des dons.

Ce que nous faisons très bien, c’est raconter ce qu’on voudrait entendre

Humiliation, libération, volonté, puissance

samedi 18 août 2018 à 08:00

Windows est une humiliation pour l’utilisateur. Microsoft pense à sa place, évite qu’il fasse certaines actions, lui interdit de modifier des comportements/paramètres. Linux devient alors une libération, on est dans l’opulence, le no limit, on peut tout casser ou construire de zéro.

Le processus de libération, qui se réfère à une contrainte préalable, est caractérisé par un processus libératoire

La liberté s’apprend, se gagne et finalement se mérite. Il faut apprendre à se servir de Linux, comprendre l’écosystème, choisir ses logiciels, casser ses habitudes… on vient de perdre 99% de gens pour qui l’informatique est un “bête” outil. Ils veulent juste que ça marche sans s’en préoccuper. Linux ne libère absolument pas les gens, ce sont les gens qui se libèrent eux-mêmes.

Firefox est sous les 10% de parts de marché, c’est une humiliation pour le Libre. Est-ce la faute de Mozilla, de choix techniques, de Google avec Chrome ? Ce qui est sûr, c’est que rien n’empêche les utilisateurs de Chrome de passer à Firefox. Ils ont cette liberté, ils ne l’ont pas utilisé.

Toi sympathisant du Libre, tu ne libéreras pas davantage les gens parce qu’il faut que ça vienne d’eux, ils doivent le vouloir, s’en donner les moyens, s’en donner la peine. Nous maîtrisons l’outil informatique pas “grâce à Linux” mais parce que nous avons appris à le dompter, à l’asservir.

Je n’ai jamais été aussi puissant qu’aujourd’hui, je suis maître de mon ordinateur, je ne suis plus esclave de mon système d’exploitation. Je réfléchis à mes besoins, l’écosystème Linux me permet d’y répondre quand Windows me limitait.

Je ne suis pas libre, j’ai enlevé mes chaînes. Je ne me traîne plus avec un boulet au pied, je cours. J’apprends à être libre et responsable.

Évident

vendredi 17 août 2018 à 06:00

Qu’est-ce qui est évident et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Est-ce que savoir lire, écrire, compter, raisonner est acquis par tous ?

On part du principe que la personne en face possède un minimum de connaissances et de capacités, c’est nécessaire notamment pour communiquer, pour ne pas passer des heures à expliquer les choses. Lorsque je tente de vulgariser, d’être accessible sur ce blog je me demande : Combien de personnes savent se servir de l’outil informatique, faire une recherche sur le net, exprimer correctement (lisible et compréhensible) leurs questions, leurs besoins et leurs problèmes ? Bien peu.

S’il souhaite vulgariser, être accessible, le sachant doit fournir un effort raisonnable pour expliquer, accompagner et aider l’apprenant. Ce dernier a une part de responsabilité importante dans le processus d’apprentissage, c’est lui qui souhaite apprendre, il doit fournir des efforts, faire preuve de volonté. Il veut et parfois même il exige des solutions, apprendre est un concept trop long. Il faut tout, tout de suite. Dans cette position je pense que le sachant doit savoir dire non, stop. Le savoir se mérite, parcourir n’est pas connaître.

Je déplore le fait de voir des sachants s’exprimer comme s’ils disaient des choses évidentes, que tout le monde sait. uname -r, tout le monde sait ce que ça fait, à quoi ça sert ? C’est évident… pour qui ?

Je vois des professionnels parler de choses qu’ils ne comprennent pas, ils savent juste les utiliser. Ils ne s’interrogent pas sur les usages, les inconvénients/qualités d’une solution, la logique, le fonctionnement et la compréhension de celle-ci, leur responsabilité, l’impact de leurs choix.

On apprend des choses mais la majorité du temps, on ne les comprends pas. Trop long, trop complexe, trop. Le partage du savoir se fait en surface, les sachants résument plus qu’ils n’expliquent.

Ce qui est évident pour soi n’a rien d’évident pour les autres. Rien.