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Directive Copyright, ma grille de lecture

mardi 18 septembre 2018 à 12:03

Depuis de nombreuses années, les organismes gestionnaires des ayant-droits (SACEM, SACD…) cherchent toutes les opportunités pour maximiser leurs revenus, pardon, faire respecter le droit d’auteur. Les gouvernants français successifs leur ont toujours ouvert la porte et ont aidé leurs collectes irréfrénées d’argent.

Ils sont dans leur droit quand ils réclament de l’argent à une école qui a chanté du Julien Clerc pendant la kermesse du quartier, ils sont dans leur droit quand ils réclament de l’argent à un salon de thé qui diffuse de la musique libre issue de Jamendo.

L’arrivée d’internet a bousculé les choses car la musique est devenu un fichier, que l’on peut copier et échanger à l’infini. Le mode de consommation de la musique a évidemment radicalement changé en quelques années.

Les organismes des ayant-droits et l’Etat ont réagi en créant HADOPI par exemple en France. Ou comment mettre un policier privé derrière chaque connexion internet.

De son côté, l’industrie de l’audiovisuel et des médias a également été ébranlée par l’arrivée d’internet. Un article de presse, un film, un épisode de série ou une photographie sont eux aussi devenus binaires, c’est-à-dire une simple suite de 0 et 1, copiables à l’infini, que nous pouvons échanger, distribuer à la vitesse de la lumière, sans limite de temps et de nombres de copie.

Les grands opérateurs de services internet comme Google, Yahoo ou Bing ont utilisé, mis en avant le travail des médias en agrégeant leurs contenus et leurs liens dans leurs moteurs de recherche et leurs propres services d’actualités. Ils leur ont donné de la visibilité et ont récolté au passage des revenus.

Aujourd’hui, de grandes sociétés s’affrontent, il est pour moi difficile de me ranger d’un côté ou de l’autre.

 

Article 11

Les liens et contenus d’articles de presse utilisés par une entreprise tierce devront être payés à l’éditeur. En clair, tout travail (de journalistes) mérite salaire. Certes, je résume un peu violemment mais c’est l’idée.

En clair, si vous voulez lire de l’information pertinente, allez sur le site du journal visé.

Si vous êtes un service de diffusion de news, agrégeant le contenu de multiples journaux sur votre site, il va falloir payer pour le travail d’autrui. Coucou Google !

Le but est honorable : sauver ce qui reste à sauver de la presse, bien qu’elle appartienne déjà en masse à des groupes industriels et financiers.

Ce qui se passera certainement, c’est que Google / Bing / Qwant vont désindexer les articles de la presse en ligne afin de ne pas avoir à payer les résultats de recherche. Puis les sites type lemonde.fr / lefigaro.fr verront leur audience baisser et donc leurs revenus publicitaires par ricochet… et que je ne sais pas quels seront les autres effets à court, moyen et long terme de cet article 11 !

La presse se réinventera-t-elle pour trouver un modèle économique renforcé par ses lecteurs ?

Verra-t-on la création d’un moteur de recherches d’un groupe financier possédant X titres de la presse ? A ce sujet, voir ici à qui appartient la presse et les médias

Article 13

Cet article va permettre d’instaurer un filtrage automatique des contenus mis en ligne. Filtrage visant à faire respecter le droit d’auteur, évidemment.

Pour démarrer, je dois dire que je suis contre le système du droit d’auteur tel qu’il existe aujourd’hui. Je conviens qu’il faut rétribuer les auteurs vivants à leur juste valeur et je me tournerais plutôt vers une licence globale, avec la création d’une plate-forme universelle permettant de rémunérer directement l’artiste et/ou son producteur et/ou ses musiciens. Au choix intégral. Utopique, certes, mais c’est ma vision.

Pour les auteurs morts, leur travail tombe dans le domaine publique. Point. Est-ce qu’un salarié dans une entreprise ayant inventé un service ou lancer une nouvelle façon de travailler en interne touche une rente après avoir quitté l’entreprise, ou sa veuve après sa mort ? Non ? Pourquoi la BD de Tintin sert de rentes aux cousins ou aux petits-enfants d’Hergé ?

Pour continuer, obliger une entreprise privée étasunienne ou australienne à faire la police pour dire ce qu’un internaute peut ou ne peut pas mettre en ligne revient à 1) faire de la justice préventive sans savoir le but de la démarche de l’internaute, ni recours 2) privatiser la justice et donner ce droit fondamental à une entité étrangère, extra-nationale, non élue. Ca me pose question.

De plus, quand on commence à censurer une intention, celle d’envoyer un contenu en ligne, et bien, cette censure pourra s’amplifier par la suite sur d’autres types de contenu. Stop au contenu blasphématoire pour tel pays ? Au contenu à thème politique ou économique pour tel autre pays ?

Qu’un contenu illégal soit retiré, la réponse est oui parce que ce sont les lois actuelles imposées par le droit d’auteur de notre époque. Que l’envoi de contenu soit stoppé préventivement par un algorithme américain ou chinois, sans enquête, ca rentre difficilement dans ma conception de la liberté d’expression.

Conclusion

Comme je le disais dans l’entame de ce billet, il s’agit ici d’une bataille entre grandes entreprises ayant des intérêts économiques divergents. Difficile de voir les choses d’un seul point de vue. Chacun avance ses pions. je me considère comme un spectateur.

J’aimerais une presse forte et indépendante mais elle l’est de moins en moins, non pas spécialement à cause de Google ou Facebook mais parce que les modes de lectures et de réflexion des citoyens ont changé (en bien ou en mal, à vous de voir) et parce que des groupes industriels et financiers ont racheté la quasi totalité des médias pour les détourner de leur mission première, informer et sous-jacent donner des clés de compréhension objectives de notre monde.

J’aimerais également voir les artistes vivre correctement de leur travail mais pas en imposant des schémas de censure préventifs à l’ensemble de l’Europe et via un droit d’auteur désuet.

Dans tous les cas, je suis impatient de voir les effets de cette directive copyright dans les mois à venir. Les choses vont bouger du côté des multinationales du numérique, j’attends leur réplique avec curiosité et ce serait intéressant de voir tous les articles de presse ne plus remonter dans aucun moteur de recherche.

Mince, maintenant que j’y pense… Ce seront nos billets qui ressortiront en tête de résultats ???  ;-)

Migration

mercredi 12 septembre 2018 à 16:30

Je migre de Xubuntu vers Mint XFCE.

Microsoft en tant qu’architecte donne – impose serait plus juste – sa vision du système d’exploitation. Sur Linux l’utilisateur choisit et construit son système d’exploitation. Souvent on part d’une base qui est la distribution puis on change pas mal de choses : Thème, raccourci clavier, application par défaut, dépôt…

L’utilisateur de Linux est au cœur du choix et de la construction de son système d’exploitation mais quand on a le choix, tout le problème est de prendre une décision : Découvrir, tester puis arrêter son choix. Je vous rappelle l’article la paralysie de la décision.

Je ne souhaitais pas m’écarter des distributions en .deb. Je bosse sur des serveurs exclusivement Debian, je connais bien Debian et Ubuntu maintenant, j’y suis à l’aise, j’y prends des habitudes et puis le confort est lié à la connaissance des outils qu’on utilise.

Ubuntu répond de moins en moins à mes questionnements éthiques et fonctionnels : snap, télémétrie, gouvernance, communication. Mint est mûr, j’apprécie sa communication, le projet, sa vision.

La vision de Ubuntu me paraît dépassée, en retard. Je n’y reviendrai plus, elle a fait son temps. Mint la surpasse, j’ai envie de dire que Ubuntu a popularisé le bureau Linux mais Mint le finalise (pour les distribs en .deb j’entends). Mint porte les environnements Cinnamon et Mate, l’Update Manager est vraiment une très bonne idée notamment pour les débutants, Timeshift propose une sauvegarde simple basée sur btrfs ou rsync.

Mint évolue, elle est source de propositions et de changements quand Ubuntu se contente à présent de suivre. Surtout la vision de Mint est en phase avec la mienne.

Architecte

samedi 8 septembre 2018 à 08:15

Linux et le Libre marchent extrêmement bien pour moi jusqu’à maintenant, aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. Tous les serveurs du boulot sont sur Debian, nous utilisons rsync, ssh, bash, python, rsyslog, dnsdist, chrony, haproxy, apache2, php, postgresql, mariadb, systemd…

Chaque projet a apporté sa pierre à l’édifice pour former un tout. Mais il manque la cohérence, le fil conducteur qui lie toutes les briques entre elles. Nous n’avons pas ça sur Linux et dans le Libre. Microsoft et Apple peuvent fournir une expérience utilisateur cohérente, continue parce que tout le système est pensé comme un tout.

Ce “détail” condamne Linux et le Libre à ne jamais rivaliser avec des systèmes d’exploitation “grand public”. Mettre une brique à côté d’une autre n’a jamais permis de construire une maison, c’est la vision de l’architecte qui permet de la construire. Il faudrait une gouvernance qui donne une direction à tous les projets de logiciels libres. Impossible même s’il existe des fils conducteurs : Le principe KISS, les licences, le noyau, les distributions, des communautés…

Linux et le Libre possèdent en eux-mêmes leurs propres limites, comment concilier liberté et unité pour former un tout cohérent ?

L’utilisateur est le liant, l’architecte qui forme un tout cohérent avec les briques à sa disposition. Cette construction est peut-être le travail d’une vie et ce n’est certainement pas une bonne chose mais celui qui construit de ses mains pourra connaître l’immense félicité de bâtir son propre foyer.

Avec la publicité en ligne, elle est poubelle la vie

vendredi 7 septembre 2018 à 09:26

La vie est faite d’expériences. J’installe Firefox 62 sur une machine et je veux tester la vitesse de la ligne fibre de la VM utilisée.

Innocemment, je me rends sur Speedtest comme un réflexe pavlovien utilisé depuis des lustres pour vérifier la vitesse d’une connexion internet, réflexe entamée du temps d’une ligne Numeris 128K que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Bref, vous connaissez la chanson.

Et soudain, horreur, malheur, oui, oui, je suis assailli par de publicités (tu l’as ?). Utilisant uBlock Origin à la maison depuis…. des années, j’avais oublié ce monde là. J’avais oublié à quoi ressemblait internet pour le commun des mortels, cet internet pour les non-connaisseurs du monde numérique…

 

J’installe rapidement l’extension uBlock Origin pour Firefox et là : quel calme, quelle beauté, je respire, c’est apaisant… Bye bye la publicité.

 

 

Bref, arrêtons là les moqueries : la publicité comme d’habitude défigure tout. Que ce soit les paysages des routes nationales, en ville avec des panneaux maintenant LCD qui attirent l’oeil par leur luminosité ou sur des centaines de pages sur internet, c’est un cauchemar visuel, une pollution écologique obligeant à consommer plus d’énergie et de bande passante et surtout une source supplémentaire de fatigue mentale pour lutter contre l’agression visuelle.

Vive les bloqueurs de pubs sur internet à défaut de les avoir IRL (nda : dans la vraie vie).

uBlock Origin pour les navigateurs :

 

L’ennemi du travailleur

jeudi 6 septembre 2018 à 21:03

Dans notre quotidien professionnel, nous employons de nombreux outils technologiques.

Ordinateur, logiciel, téléphone, tablette, machine à café, machines diverses et variées… La liste est longue. Certains outils seront plus faciles que d’autres à utiliser, plus ergonomiques, plus pratiques, plus sympas Nous avons tous notre bête noire.

Moi, mon ennemi, c’est lui : le téléphone de bureau.

 

 

Je viens de changer de travail depuis quelques semaines. Les outils sont assez classiques : un PC portable sous Windows 7 (hum, hum les mises à jour en retard…), un téléphone portable Samsung S5 sous Android 6.0, la suite bureautique Microsoft Office 2010. Du oldies mais correct pour un travail de type tertiaire dans le milieu associatif.

Le problème, c’est ce genre de téléphone. Partout où je suis passé, il s’est toujours posé comme l’ennemi.

Bref, en 2018, le téléphone de bureau reste très souvent médiocre et est un véritable frein à la productivité. Et cette situation est assez drôle puisqu’elle se multiplie dans quasiment dans toutes les structures dans lesquelles j’ai mis les pieds (privés, publiques, peu importe).

A peu de chose près, il est d’une aussi mauvaise qualité que les claviers accompagnant les ordinateurs achetés en masse dans les entreprises ou les associations.

A quand un concours du plus mauvais équipement ?  ;-)

 

– Damien