PROJET AUTOBLOG


InternetActu.net

Site original : InternetActu.net

⇐ retour index

Mise à jour

Mise à jour de la base de données, veuillez patienter...

Les sites web sont-ils en voie de disparition ?

vendredi 24 mars 2017 à 12:00

Sur son blog, le consultant indépendant Fred Cavazza (@fredcavazza) revient sur la complexification du paysage numérique, en terme de terminaux, de canaux, de supports et de formats depuis 15 ans. Le site web, qui a longtemps été la pierre angulaire d’une présence en ligne n’est plus désormais qu’une des nombreuses pièces qui compose l’écosystème numérique et sa présence en ligne, rappelle-t-il. Et le centre de gravité de l’audience tend à se déplacer, du site web aux médias sociaux. Or, « maitriser l’ensemble de ces supports et formats est devenu un authentique casse-tête, car une présence étendue nécessite le recours à de nombreux outils et prestataires spécialisés qui ne fonctionnent pas forcément de la même façon, ne se conforment pas aux mêmes normes et contraintes… » La gestion de ces contenus est devenue… « ingérable » constate-t-il.

Alors certes, si des outils de gestion de contenu découplés commencent à apparaître, permettant de gérer « le contenu comme service » (Content-as-a-Service) tout en déléguant la publication à d’autres systèmes, reste que cette adaptation n’est pas si simple. Ils supposent de s’adapter dès à présent au passage du SEO (Search Engine Optimization) au AIO (Artificial Intelligence Optimization) et donc de repenser l’écosystème autour de ses contenus et services et non plus autour des supports.

Reste que de tels systèmes ne sont pas à la portée de chacun. Et les Content et Community Manager ne peuvent pas tout. Les systèmes de gestion de contenu, comme WordPress en leur temps, ont rendu la publication web accessible à tous. Mais où sont les outils permettant de démocratiser la publication de contenus sous forme de service ?

David Bowie illustré par les data

vendredi 24 mars 2017 à 11:00

Pour fêter le premier anniversaire du décès de David Bowie, deux « data designers », Valentina D’Efilippo et Miriam Quick, ont décidé d’appliquer leur talents en dataviz à son célèbre hit, « Space Oddity », raconte l’excellent blog Dangerous Minds. Chaque visualisation, expliquent les artistes, « déconstruit la piste d’une manière différente : les mélodies, les harmonies, les paroles, la structure, l’histoire et d’autres aspects de la musique se transforment en nouveaux systèmes visuels ».

Chacune de ces visualisations a été gravée sur un disque en acrylique de 30 cm, soit la taille de ce qu’on appelait dans le temps un maxi 45 tours. L’image ci-dessous est un exemple de leur production, illustrant le jeu de la basse et de la batterie dans la chanson et la vidéo qui suit propose une version animée de leur travail.

D’autres visualisations sont à voir sur le site de Dangerous Minds.

Supprimer la malaria en supprimant les moustiques

vendredi 24 mars 2017 à 07:00

Comment éradiquer la malaria, une des maladies les plus mortelles affectant l’humanité ? Une solution radicale serait d’en éliminer les porteurs, autrement dit les moustiques. Le programme Target Malaria, financé majoritairement par la fondation de Bill et Melinda Gates, serait en train d’étudier la technologie du « forçage génétique » pour éradiquer cette espèce d’insectes (ou du moins certaines des sous-espèces les plus dangereuses), nous raconte la Technology Review.

Le forçage génétique (gene drive en anglais), une technologie autorisée par CRISPR consiste à modifier génétiquement un certain nombre d’animaux en intégrant dans leur génome un gène qui sera susceptible de se répandre très rapidement dans la population. Bien entendu, le forçage génétique ne peut fonctionner qu’avec des espèces à la reproduction fréquente et rapide, comme les insectes. Pas la peine d’imaginer appliquer une telle technologie sur les mammifères et encore moins sur les humains. Chez les moustiques, la technologie du forçage génétique est actuellement testée au laboratoire de Californie.

Comment une telle opération pourrait-elle contribuer à l’extinction de la malaria ? Par exemple en s’arrangeant pour les animaux affectés par le nouveau gène soient en mesure d’engendrer très majoritairement des mâles. Non seulement ces derniers ne piquent pas, mais en plus, une population si peu fournie en femelles ne tarderait pas à s’éteindre.

Évidemment la mise en place de solutions aussi radicales pose un certain nombre de questions soulevées par la Technology Review. Tout d’abord expliquer aux populations locales les raisons de cette opération. En effet, explique la revue du MIT, bon nombre de personnes au Burkina Faso ignorent le lien entre la malaria et les moustiques, et restent convaincus que celle-ci est le produit d’une mauvaise alimentation. Ensuite, il y a la question inévitable des conséquences écologiques. Le projet, explique le magazine, se concentre surtout sur une espèce de moustique, Anopheles gambiae ; une seule espèce parmi 3500 autres ce qui ne devrait pas trop nuire à l’équilibre global de l’écosystème, mais tout de même, une telle éradication programmée n’a jamais été entreprise, jusqu’ici…

Les trolls de la droite alternative américaine n’ont pas de pouvoirs magiques

jeudi 23 mars 2017 à 15:33

Affirmer que les trolls de la droite alternative américaine sur le net ont été un facteur déterminant de la victoire de Trump minimise les tendances qui ont amplifié leur influence, soulignent Jessica Beyer (@jibeyer), Gabriella Coleman @biellacoleman) et Whitney Philipps (@wphillips49, auteure notamment d’un livre sur les rapports entre la culture mainstream et les trolls en ligne), spécialistes des trolls studies, dans MotherBoard. Si les trolls ont un héritage culturel homogène, ils demeurent un groupe totalement hétérogène, allant de blagueurs inoffensifs à des agresseurs impitoyables. La droite alternative américaine n’a pas métastasé le trolling, rappellent les chercheuses. Si les trolls de la droite alternative ont inondé les médias sociaux de mèmes et ont contribué à participer à l’élan global que rencontrait la campagne de Trump, affirmer qu’ils ont été un facteur décisif de sa victoire, c’est minimiser bien d’autres tendances culturelles, sociétales et médiatiques. La couverture médiatique a amplifié leurs messages et l’utilisation par Trump lui-même de ces messages a renforcé ces effets, rappellent-elles.

Dans une remarquable étude publiée par la Columbia Journalism Review analysant quel que 1,2 million d’histoires publiées par plus de 25 000 sources durant les élections, les chercheurs Yochai Benkler (@ybenkler), Robert Faris, Hal Roberts (@cyberhalroberts) et Ethan Zuckerman (@ethanz) expliquent que durant la campagne présidentielle américaine, un réseau médiatique de droite, autour de Breitbart, s’est développé comme un système médiatique distinct et isolé, utilisant les médias sociaux pour diffuser une perspective hyper-partisane du monde.

Cette sphère multimédia pro-Trump a réussi à modifier l’ordre du jour des médias conservateurs, mais a également fortement influencé l’agenda des médias traditionnels. Pour les chercheurs, la polarisation s’est avérée d’autant plus asymétrique, que les médias de la droite alternative ont attaqué les autres médias notamment en pratiquant la désinformation. Durant l’élection, le système médiatique de droite s’est transformé en une communauté cohérente et isolée, expliquent-ils, renforçant sa vision du monde et la protégeant de toute parole la contestant.

Pour les chercheurs, l’asymétrie de la polarisation montre que l’internet n’est pas ce qui fragmente et polarise les opinions, sinon on verrait poindre une symétrie des motifs. Les dynamiques internes à la droite et à la gauche ont conduit à des modèles de réception et d’utilisation différente d’internet : à droite, Facebook et Twitter ont permis de contourner la puissance des chiens de garde que représentent les médias traditionnels. « Le fait que ces schémas asymétriques d’attention soient similaires sur Twitter et Facebook suggère que les choix humains et les campagnes politiques – et non les algorithmes de ces entreprises – étaient responsables des modèles que nous observons. Ces modèles pourraient être le résultat d’une campagne coordonnée, mais ils pourraient aussi être une propriété émergente du comportement décentralisé ou une combinaison des deux. Nos données à ce point ne peuvent pas faire la distinction entre ces deux alternatives », confient avec modestie les chercheurs.


Image : les sources des articles partagés sur Twitter durant les élections américaines (la taille des noeuds est relative à la proportion des partages sur Facebook).

En fait, peu de sites non partisans ont attiré l’attention. Contrairement à la droite, la gauche américaine n’a pas connu une augmentation de sites ou de niveaux d’attention partisans. « L’explication principale de cette polarisation asymétrique est plus vraisemblablement politique et culturelle que technologique », insistent-ils. Nombre des sites d’information de la droite radicale américaine sont nouveaux : Fox News est né en 1996, Breitbart en 2007 et la plupart des sites de droite qui composent ce nouveau paysage informationnel ont été créés plus tard encore. L’attaque hyper-partisane de ces sites a commencé dès la primaire américaine et les candidats de la primaire républicaine, comme Fox News, son principal média, ont été la cible régulière d’attaques en délégitimation. Après la primaire, les médias alternatifs de droite s’en sont pris à tous les médias traditionnels. L’étude souligne combien la campagne de Trump est entrée en résonnance avec ces médias notamment en se concentrant sur le thème de l’immigration, via un réseau de sites hyper-partisans se renforçant mutuellement.

Pour les chercheurs, plus que de propagande ou de désinformation, les fake-news, c’est-à-dire la publication d’information délibérément fausse, se sont autorenforcées par leur répétition et leur circulation, donnant aux récits communs qui en émergeait une incroyable crédibilité et familiarité. Leur puissance est venue d’un mélange de mensonges répétitifs, de logique paranoïaque et d’une orientation politique cohérente au sein d’un réseau de sites semblables se renforçant mutuellement. « L’utilisation de la désinformation par des médias partisans n’est ni nouvelle ni limitée à la droite, mais l’isolement des médias de droite partisans des médias journalistiques traditionnels et la véhémence de leurs attaques contre le journalisme traditionnel faisant cause commune avec le discours de Trump, a été un phénomène nouveau et distinctif. »

Pour les chercheurs, l’enjeu à venir est de reconstruire une base sur laquelle les Américains peuvent retrouver une croyance partagée sur l’actualité, concluent-ils. Les données montrent que la plupart des Américains, y compris ceux qui accèdent aux nouvelles via les réseaux sociaux, continuent d’accorder de l’attention aux médias traditionnels en les comparant avec ce qu’ils lisent sur les sites partisans. Pour les chercheurs, les médias ne doivent pas chercher à développer des contenus viraux pour rivaliser avec les médias partisans, mais comprendre qu’ils évoluent désormais dans un environnement de propagande et de désinformation.

Quelles priorités pour inverser le réchauffement climatique ?

mardi 21 mars 2017 à 07:00

Le projet Drawdown (@projectDrawdown) est un projet de recherche action lancé par l’entrepreneur et activiste écologique Paul Hawken (@paulhawken) qui vise à décrire comment inverser le réchauffement climatique et parvenir à ce point à partir duquel les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère commencent à diminuer. Adele Peters revient longuement pour Fast Company sur la méta-analyse que s’apprête à publier Paul Hawken et ses équipes.

L’entrepreneur a réuni une équipe de chercheurs pour analyser et chiffrer les solutions possibles pour réduire et emprisonner nos émissions de gaz à effet de serre, afin de prioriser les solutions ayant le plus d’impact à l’échelle des trois prochaines décennies. Si 80 des 100 meilleures solutions étaient déployées en combinaison et de façon agressive entre 2020 et 2050, elles pourraient permettre d’atteindre le point de retrait, ce Drawdown, ce point de bascule, de dissipation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère… Ce qu’on pourrait appeler la décarbonisation atmosphérique.

En 2013, Hawken ne trouvant pas de liste priorisant les solutions contre le changement climatique a décidé de réunir une équipe pour la rédiger et évaluer l’impact de chaque solution. Si l’on en croit Fast Company, le livre évoque 3 scénarios (de plausible à optimum) qui classent les solutions selon leurs impacts potentiels – hélas, pas moyen de trouver ces scénarios en ligne pour le moment, il faudra attendre visiblement la publication du livre, mi-avril pour en savoir plus. Ainsi le développement de fermes solaires pourrait être bien moins impactant que l’éducation des filles dans le monde en développement ou le développement du planning familial qui sont les solutions les plus efficaces pour diminuer la natalité qui a elle-même le plus d’impacts sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Or, comme le souligne Hawken, ces deux solutions, peu coûteuses et très rentables, n’ont pas obtenu autant d’attention que le développement de l’énergie solaire par exemple.

Selon les modélisations des chercheurs, agir sur le secteur alimentaire par exemple a plus d’impact que d’agir sur celui de l’énergie pour réduire nos émissions. Selon les scénarios évoqués, réduire le gaspillage alimentaire se trouve à la 3e ou 4e place dans la liste des solutions. Inciter la population à se nourrir uniquement de fruits et de légumes permettrait de réduire les émissions liées à l’alimentation de 70 % estime même une étude de l’université d’Oxford. Des pratiques agricoles comme le silvopastoralisme qui consiste à faire de l’élevage en milieu boisé ou de faire pousser des arbres là où les vaches paissent serait très efficaces. Les pâturages arborés seraient 5 à 6 fois plus efficaces que les champs pour limiter les gaz à effet de serre, estiment les spécialistes. La protection et la restauration de la forêt tropicale par exemple serait une autre des solutions à fort impact…

illustration de OLIVER MUNDAY pour Fast Company

L’énergie éolienne est très bien classée dans les différents scénarios établis par l’équipe de Hawken, mais d’une manière plus surprenante, c’est la gestion des systèmes de refroidissement qui semblerait pouvoir avoir le plus d’impact. Les procédés chimiques utilisés dans nos réfrigérateurs et dans nos systèmes d’air conditionné ont un potentiel de développement de gaz à effet de serre très élevé. En 2016, un accord mondial a décidé d’éliminer ces produits chimiques… S’il s’avère effectif, il pourrait éviter quasiment 100 gigatonnes d’émissions.

La liste des 100 solutions suit la règle des 80/20 : les 20 premières solutions permettraient d’avoir un impact de 80 %… estime Hawken. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut minimiser le rôle des autres solutions, c’est en les activant toutes que nous aurons un effet global, estime Hawken. Les modèles de scénarios modélisés tiennent également compte de la dynamique des systèmes et des solutions entre elles.

Intéressant de noter qu’ils mettent de côté les solutions techniques en développement… Par exemple, les bâtiments zéro émission sont répertoriés comme une solution à venir attractive, mais y avoir recours n’a pour l’instant pas d’impact mesurable du fait de leur faible volume. Ce qui signifie que les solutions innovantes pourraient améliorer encore à l’avenir la décarbonisation atmosphérique. Finalement, on ne trouve pas dans Drawdown de solution magique ou qui n’existe pas encore… Son avantage est de tenter une modélisation globale et d’en mesurer les effets, avec toutes les limites des choix et calculs faits. Reste que tenter de trouver des leviers qui pèsent demeure une question de fond. Dans le scénario «plausible», l’objectif de «réduction» n’est pas atteint. 1 051 gigatonnes d’émissions sont évitées ou séquestrées, mais la concentration de gaz à effets de serre dans l’atmosphère augmenterait encore. Dans le scénario de «retrait», avec un passage à 100 % d’énergie renouvelable (qui, dans ce scénario inclut la biomasse et le nucléaire), le modèle estime qu’en 2050, il y aurait une réduction nette du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Dans le scénario «optimum», avec 100 % d’énergie renouvelable propre (pas de biomasse ou nucléaire, etc.), la réduction pourrait s’amorcer dès 2045.

Bien sûr, la modélisation est certainement imparfaite ou discutable. Les modèles ne savent pas tenir compte du fait qu’un réchauffement rapide par exemple rende l’absorption de carbone par la terre ou l’océan plus difficile. Mais on voit bien que tenter de classer les solutions selon leurs impacts est un moyen d’éclairer les objectifs et les décisions à prendre.

Reste que si les solutions semblent pour l’essentiel à portée de main, elles ne sont pas si simples à mettre en oeuvre. Les actions individuelles (comme moins se déplacer ou diminuer sa consommation de viande) sont essentielles, mais ne suffisent pas à faire changer le système si elles n’ont pas d’impact à un niveau global. Les solutions émergentes et innovantes pourraient aider davantage, souligne l’entrepreneur avec optimisme. Reste que tout l’enjeu demeure encore de faire monter la question climatique dans la liste des priorités politiques. Et là, hélas, Hawken ne semble pas nous donner de leviers.