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Envisager le futur est-il ce qui nous distingue des autres espèces ?

mercredi 24 mai 2017 à 07:00

Qu’est-ce qui nous distingue des autres animaux ? Le langage ? Notre capacité à créer et utiliser des outils ? La coopération ? La culture ?… Si chacune de ces réponses a été apportée, aucune n’est spécifiquement propre à notre espèce.

Homo ProspectusPour certains scientifiques, ce qui nous distingue des autres espèces serait notre capacité à envisager le futur, expliquent le journaliste John Tierney et le psychologue Martin Seligman – coauteur de Homo Prospectus et fondateur du Centre de psychologie positive de l’université de Pennsylvanie (Wikipédia) – dans une tribune pour le New York Times.

Plus que des Homo Sapiens, nous serions donc plutôt des Homo Prospectus, car nous prospérons en considérant les perspectives qui sont les nôtres – et ce serait d’ailleurs cela qui nous rend « sage » et nous distingue des autres espèces. Regarder l’avenir est une fonction centrale de notre cerveau, avancent-ils. « Le comportement, la mémoire comme la perception ne peuvent être compris sans apprécier le rôle central de la prospection. Nous apprenons non en stockant des enregistrements statiques, mais en retouchant continuellement des souvenirs et en imaginant des possibilités futures. Notre cerveau ne voit pas le monde en traitant chaque pixel dans une scène, mais en se concentrant sur l’inattendu. Nos émotions elles-mêmes sont moins réactives au présent que des guides pour nos comportements futurs. » La dépression désormais n’est plus tant considérée comme liée aux traumatismes passés et aux tensions présentes, que comme une divergence de vision par rapport à ce qui nous attend… expliquent-ils.

Notre culture ne s’est développée que par anticipation… « Nous faisons des sacrifices aujourd’hui pour gagner des récompenses demain, que ce soit dans cette vie ou dans l’au-delà promis par tant de religions ». Une étude par exemple a demandé à 500 personnes d’enregistrer leurs pensées et humeurs, montrant que nombre d’entre celles que nous avons dans la journée sont plus tournées vers le futur que le passé… et que la prise en compte d’événement passé est souvent utilisée pour voir ses implications futures. Lorsqu’on planifie quelque chose, nous serions moins stressés, notamment parce que la planification transforme une masse chaotique de préoccupations en une séquence organisée, nous permettant d’introduire de la cohérence dirait Daniel Kahneman. Si nous avons tendance à envisager ce qui pourrait mal tourner, nous aurions deux fois plus de réflexions positives sur ce que nous espérons que de réflexions inquiètes. Plusieurs études ont montré que les personnes déprimées s’écartent de la norme par leur tendance à imaginer moins de scénarios positifs en surestimant les risques futurs.

La fluidité de la mémoire – qui, au lieu d’enregistrer fidèlement le passé, réécrit en continu les choses – peut sembler un défaut, mais en fait c’est une fonctionnalité dont le but est d’améliorer notre capacité à faire face au présent et plus encore à l’avenir, estime Martin Seligman. « Pour exploiter le passé, nous le métabolisons en extrayant et en recombinant les informations pertinentes pour nous adapter à de nouvelles situations ».

Le but principal des émotions est de guider les comportements futurs et les jugements moraux pointent certaines études (.pdf), selon les spécialistes de ce que l’on appelle désormais la « psychologie prospective« . Les émotions permettent par exemple de faire preuve d’empathie avec les autres pour mieux prédire leurs réactions et s’y adapter.

Reste que si le futur nous obsède, nous ne sommes pas pour autant obsédés par la mort, certainement parce que nous savons qu’il n’y a rien qu’on puisse faire contre elle. Regarder devant nous implique assurément de ne pas regarder trop loin ou de ne pas regarder le pire.

Mauvaises nouvelles pour l’amélioration morale

mardi 23 mai 2017 à 07:00

La technologie peut elle nous rendre moralement meilleurs ? C’est une question de plus en plus importante dans les milieux qui s’intéressent à l’augmentation humaine et au transhumanisme. Mais une telle entreprise pose deux questions : est-ce possible et est-ce souhaitable ?

Dans un article publié récemment par la revue Bioethics et résumé par ScienceDaily, les auteurs répondent par la négative à cette double interrogation : ce ne serait ni faisable, ni souhaitable.

Les chercheurs passent d’abord en revue les différentes techniques d’amélioration morale aujourd’hui connues : au premier rang l’ocytocine, qui a été surnommée la molécule morale, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (dont le Prozac est l’exemple le plus connu), susceptibles dit-on, de réduire l’agressivité, mais aussi (plus surprenant) les amphétamines, qui augmenteraient la motivation, et les bêtabloquants, dont on a découvert qu’ils diminuaient les réflexes racistes.

En plus des produits chimiques, les auteurs mentionnent également la stimulation transcranienne directe, qui serait capable de rendre les gens plus « pragmatiques » (le terme anglais est utilitarian, qui est également la dénomination d’une philosophie particulière, celle défendue notamment par John Stuart Mill, qui affirme que le but de la morale est d’assurer le bonheur du plus grand nombre), la stimulation magnétique transcranienne, qui changerait la façon dont les personnes répondent aux dilemmes moraux, et enfin, la stimulation cérébrale profonde, c’est-à-dire impliquant l’usage d’électrodes dans le cerveau, en mesure d’augmenter la motivation.

Mais, selon les chercheurs, aucune de ces technologies ne se révèle finalement satisfaisante.

L’ocytocine est maintenant reconnue pour augmenter l’importance des liens sociaux au sein du groupe de pairs mais également de favoriser des rejets de l’étranger, et aurait même accentué des réflexes racistes. Les produits comme le Prozac ont de sérieux effets secondaires, y compris celui d’encourager les tentatives de suicide chez certains patients ; les bêtabloquants diminuent toutes les réponses émotionnelles et pas seulement les réactions racistes ; les amphétamines sont hautement addictives, dangereuses et augmentent tous les types de motivation, pas forcément les plus morales.

Et les méthodes électroniques ? Le compte-rendu de ScienceDaily est malheureusement plus flou sur le sujet. Les auteurs n’ont trouvé aucune évidence d’un effet de la stimulation cérébrale profonde sur le comportement moral. Quant aux autres techniques de stimulation, il n’existe aucune preuve que se montrer plus pragmatique (ou « utilitarien » au sens philosophique) dans ses prises de décisions serait lié à une amélioration morale.

Exercice physique et capacités cognitives

lundi 22 mai 2017 à 10:37

Quel est le meilleur moyen de stimuler son cerveau ? Selon deux recherches rapportées par The Independent cela reste l’exercice physique. Pour augmenter ses capacités cognitives, rien ne vaudrait un exercice aérobique, c’est-à-dire susceptible d’augmenter le rythme cardiaque pendant un temps assez long. Par exemple, une marche rapide, du vélo, du jogging…

Les premiers bénéfices se feraient sentir dès la première séance : l’humeur est améliorée. Mais pour obtenir des résultats plus profonds, comme une amélioration de la mémoire, il faudrait pratiquer pendant plusieurs semaines. Ainsi, des dépressifs sévères marchant 30 minutes sur un tapis roulant pendant 10 jours auraient vu leur syndrome se réduire considérablement.

Une autre étude (The Independent ne donne malheureusement aucun lien vers les papiers originaux) effectuée sur des seniors âgés de 60 à 88 ans a montré que 30 minutes de marche effectuées 4 jours par semaine pendant 12 semaines auraient été en mesure d’augmenter la connectivité du cerveau entre des zones associées à la perte de mémoire.

Une autre recherche, concernant cette fois des femmes âgées, aurait établi que l’exercice aérobique aurait augmenté la taille de leur hippocampe, une aire cérébrale liée à la mémoire et l’apprentissage.
Ce n’est pas la première fois qu’on remarque l’influence de l’exercice sur le cerveau, et cela a déjà été souvent mentionné dans nos colonnes. Si la plupart confirment l’importance du caractère aérobique de l’entraînement, certaines font plutôt la promotion de techniques plus dynamiques, comme soulever des poids. D’autres ont mis en évidence l’importance des exercices impliquant l’équilibre, comme grimper sur un arbre ou marcher sur une poutre.

Citons encore une nouvelle recherche, effectuée à l’université de Manchester et relayée par le site Sharpbrains. Il s’agit d’une méta-analyse concernant les « exergames », autrement dit les séances d’entraînement basées sur le numérique, comme ceux existant sur la Wii ou la Kinect. Ce travail repose sur l’analyse des données de 17 expériences impliquant 926 personnes. Ces jeux vidéos présenteraient, selon les auteurs de l’étude, une efficacité encore plus grande sur la cognition que l’exercice physique traditionnel. Suivre les instructions du programme impliquerait en effet une concentration accrue.

Qui construit le futur ? Google !

vendredi 19 mai 2017 à 12:44

Il ne faut pas se laisser abuser par Juicero (que nous évoquions hier), réplique Farhad Manjoo dans le New York Times. Les grandes entreprises de technologies, comme les Gafam, financent les projets les plus transformateurs et ce alors que les financements publics ne cessent de décliner. Ce sont d’ailleurs les géants des technologies qui construisent l’intelligence artificielle de demain. « Et combien même le gouvernement augmenterait ses dépenses en recherche dans ces technologies, ce sont les entreprises qui décident comment les déployer », appuie l’éditorialiste du New York Times.

Reste que si on regarde les innovations dévoilées lors de la dernière convention de Google, force est de constater qu’on n’y trouve pas grand-chose de révolutionnaire. Pour Manjoo, c’est dû au fait que nous sommes dans une phase un peu morne de l’évolution technique, marquée par l’innovation incrémentale et progressive. Lors de cette conférence, Sundar Pichai, directeur général de Google, a insisté sur le fait que l’enjeu pour Google est d’intégrer ces techniques d’IA dans ses produits de consommation, comme son application photo ou son traducteur. Les 5 Gafam sont les plus grands investisseurs en R&D de la planète rappelle Manjoo (60 milliards de dollars en 2016, en comparaison, le gouvernement fédéral américain en 2015 a dépensé 67 milliards en la R&D, hors Défense). Sans compter que les Gafam semblent chercher à être plus vertueux qu’ils ne l’étaient jusqu’à présent dans leur approche, souligne encore Manjoo, notamment en publiant des articles scientifiques, des données et des outils, avec une sorte d’éthique académique… En fait, plusieurs acteurs pointent plutôt le retrait de la recherche publique et de son financement, qui font peser le risque que ces technologies finissent par être déployées au profit de ces seules organisations plutôt qu’au bénéfice de toute la société.

Dans le New York Times, un article de Natasha Singer revient sur une autre transformation en profondeur que produisent les Gafam : l’ubérisation des services publics, non pas seulement via la recherche, mais via la mise à disposition massive de leurs plateformes, comme elle l’illustre en observant le rôle de Google dans l’éducation.

Depuis 5 ans, Google est devenu un acteur majeur de l’éducation aux Etats-Unis, en proposant des ordinateurs portables low-cost (les fameux ChromeBooks) et des applications gratuites aux écoles. Aujourd’hui, ce serait plus de la moitié des élèves américains du primaire et du secondaire qui utiliseraient Google et les Chromebooks compteraient pour la moitié des ordinateurs disponibles dans les classes américaines. Mais, remarque Natasha Singer, « les écoles offrent à Google bien plus qu’elles n’obtiennent : elles lui offrent des générations de futurs consommateurs ». Si Google ne gagne qu’une trentaine de dollars en vendant ses appareils aux écoles, en habituant les élèves à ses services, elle obtient quelque chose qui vaut beaucoup plus. Reste que le modèle économique de Google n’est pas celui d’Apple ou de Microsoft qui demeurent des acteurs majeurs de l’éducation : Google se finance par la publicité ciblée en ligne pas par la vente de logiciel ou de matériel. Bram Bout, directeur de l’unité éducation de Google, rappelle que les services éducatifs de Google sont limités comme l’indique la notice de confidentialité, et souligne que ses services éducatifs dédiés ne montrent pas de publicités. Reste que parents et services éducatifs souhaiteraient que Google soit plus disert sur les données qu’il collecte et la façon dont la firme les utilisent.

L’article tente de retracer l’histoire du succès de Google dans les services éducatifs, qui semble plus lié à la réponse technique que Google a su offrir pour permettre à chaque élève d’avoir un e-mail que pour la simplicité collaborative liée à l’intrication entre ses services. C’est le coût de la gestion des services d’e-mail qui semble avoir fait basculer nombre de services éducatifs vers les solutions proposées par Google, renforcé par les possibilités de collaboration simplifiées des outils de Google qui ont, elles, séduit les professeurs. Quant aux Chromebooks, ils sont venus ensuite comme une réponse supplémentaire aux problèmes du numérique à l’école. La complémentarité des ordinateurs avec la suite logicielle de Google, leur prix, leur simplicité d’administration (la possibilité d’utiliser n’importe lequel par exemple) et la possibilité par exemple de les administrer en groupe et à distance (par exemple de bloquer à distance la possibilité de chercher en ligne quand les élèves doivent répondre à un QCM) a visiblement fait la différence. Le fait qu’ils soient inutilisables pour quelque 20 % des élèves ne disposant pas d’une connexion à domicile, semble plus avoir été une difficulté à résoudre, qu’un obstacle. Google a d’ailleurs amélioré les capacités hors connexion de ses applications éducatives. En 2012, les Chromebooks ne représentaient que 1 % des ordinateurs des écoles primaires et secondaires américaines. Aujourd’hui, ils représentent 58 % du parc.

Quant à Google Classroom, plus de 100 000 professeurs à travers le monde ont participé à l’amélioration du produit, oubliant un peu vite l’administration scolaire qui a pointé pourtant quelques limites au produit, notamment dans l’enregistrement et la gestion de commentaires problématiques ou intimidants que pouvaient se faire les élèves entre eux. Aujourd’hui, quelque 15 millions d’élèves du primaire et du secondaire aux Etats-Unis utilisent Google Classroom. « Google a utilisé d’une manière très créative les ressources publiques – notamment le temps et l’expertise des professeurs – pour construire un nouveau marché à moindre coût », constate rétroactivement Patricia Burch, spécialiste en éducation.

La force de Google semble surtout d’avoir été capable d’améliorer très rapidement ses produits en répondant aux demandes et au retour des professeurs et de l’administration scolaire.

Juicero : des limites de l’innovation spéculative

jeudi 18 mai 2017 à 07:00

L’innovation capitaliste se cannibalise elle-même, affirme le journaliste et essayiste Ben Tarnoff (@bentarnoff), l’un des confondateurs de Logic Mag, dans une tribune assez salée pour le Guardian.

L’accablement de Ben Tarnoff s’est cristallisé sur Juicero, une récente startup iconique de la Silicon Valley qui propose une machine à jus de fruit assez chère (400$) avec des recharges (un peu comme les capsules de café)… Or des journalistes de Bloomberg ont montré que la machine ne servait à rien, les recharges pouvant être dégustées sans avoir besoin de la machine !

Ce pourrait être drôle, si ce n’était pas si triste. L’entreprise de San Francisco… a quand même récolté quelque 120 millions de dollars en capital-risque pour automatiser quelque chose qu’on pouvait autrement et gratuitement. Le problème, estime Ben Tarnoff, c’est que l’arnaque de Juicero n’est pas une anomalie. « L’économie qui produit Juicero est la même que celle qui créée des toxicomanes opioïdes dans l’Ohio, qui ébranle les travailleurs de l’automobile en Alabama ou qui évince les familles du centre de Los Angeles ». Cette innovation stimule la croissance, ce qui augmente la productivité, permettant de créer plus de richesses avec moins de travail… Mais lorsque les économies n’innovent pas, elles produisent de la stagnation, de l’inégalité et du désespoir. Pour lui, Juicero n’est ni amusant, ni seulement stupide (comme le soutient Timothy B. Lee sur Vox) c’est la preuve d’une « innovation suicidaire ».

Juicero

Pour Ben Tarnoff, le mythe de l’entrepreneur innovant relève d’une croyance qu’il faudrait enfin dissiper. L’innovation réelle est très coûteuse à produire, rappelle-t-il. « Le secteur privé est plus susceptible d’entraver le progrès que de le faire avancer ». En fait, souligne-t-il, les entreprises ont besoin de percées en terme de recherche pour construire des entreprises, mais elles refusent de prendre le risque de financer ces percées, souvent trop coûteuses. Comme l’a montré l’économiste Mariana Mazzucato, auteure de L’Etat entrepreneurial, les innovations majeures des années 50 et 60 sont le fruit du secteur public qui seul a su prendre des risques qui ont bénéficié ensuite aux entreprises privées (voir notre article « Construire l’Etat innovant »). En fait, ce ne sont pas les forces du marché qui favorisent l’innovation : c’est l’isolement de la R&D publique du marché qui historiquement a permis de bâtir de l’innovation réussie !

Pour Tarnoff, nous n’en sommes, hélas, plus là. Comme on l’a vu lors de la crise financière : « le contribuable absorbe le risque et l’investisseur récolte la récompense ». De l’énergie à la pharmacie, la recherche publique a partout jeté les bases du profit privé. Et l’industrie qui a produit Juicero a été un grand bénéficiaire de la générosité du gouvernement. Le développement des technologies de l’information, de l’internet, de la Silicon Valley… ont été le résultat d’investissements gouvernementaux soutenus et substantiels.

Or, rappelle Ben Tarnoff, l’austérité a profondément ébréché la capacité du gouvernement à innover. La R&D est a son plus bas niveau en pourcentage du PIB en 40 ans. Pour Tarnoff, les capitaux-risqueurs sont anti-innovation par conception. Ils ne cherchent qu’à revendre les entreprises qu’ils financent que ce soit par une introduction en bourse ou via une acquisition par une plus grande entreprise. Un mode de financement qui ne permet pas de réelles percées technologiques… Et qui produit juste des absurdités comme Juicero : « des entreprises surévaluées qui servent de véhicules lucratifs pour la spéculation financière ». Or ni les sociétés de capital-risque ni les grandes entreprises ne remplissent le vide créé par l’effondrement de la recherche publique. Pourtant, ce n’est pas comme si elles n’avaient pas d’argent ! Les bénéfices monopolistiques d’Apple et l’évasion fiscale de la firme lui ont permis d’accumuler une trésorerie d’un quart de trillions de dollars ! La Silicon Valley comme Wall Street s’intéressent plus à l’extraction de richesse qu’à la création. Tant et si bien qu’il serait préférable que les entreprises se cannibalisent elles-mêmes en rachetant leurs actions à leurs actionnaires plutôt que de leur permettre d’investir dans des capacités de croissance.

Alors qu’on a un secteur public de plus en plus famélique et affamé, le secteur privé est lui « boursouflé et prédateur ». L’économie devient un mécanisme pour rendre les riches plus riches et l’argent qui pourrait servir à construire l’avenir sert à être dépensé dans des produits de luxe.

Le problème, souligne encore Tarnoff, est que le résultat ne produit pas seulement moins d’innovation, mais également une croissance plus faible, et une répartition de moins en moins distribuée. « Il est difficile d’imaginer une manière plus irrationnelle d’organiser la société » (…) Un système plus sain reconnaîtrait que l’innovation est trop précieuse pour être laissée au secteur privé et que le capitalisme, comme tout projet utopique, fonctionne mieux en théorie qu’en pratique. »